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14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 18:14

     Que de polémiques au sujet de l'évaluation des professeurs du secondaire. j'écoute des débats où les profs vont être "fliqués", à la botte, .... des chefs d'établissements.

    Une nouvelle fois, il me semble que le processus prend le pas sur le produit fini. Effectivement, il s'agit encore d'une circulaire tombée d'en haut (DRH de l'Education Nationale). Dans le privé, je ne sais pas si c'est un modèle, en tout cas, c'est une pratique courante, chaque année, les cadres ont un entretien avec leur responsable et font état des objectifs fixés l'année antérieure et vérifient où on en est de l'atteinte ou non des objectifs. Souvent, c'est quantifiable : augmentation des profits ? de la production, de l'augmentation des parts de marché, de la baisse des coûts...

   Effectivement, pour les profs, il s'agit de pouvoir quantifier la qualité de leur travail. Quand j'étais directeur (15 ans), je m'étais amusé à élaborer quelques critères observables sur mon équipe alors que je n'avais aucun moyen moyen de gratifier mes profs toujours prêts, de bon humeur, bosseurs, empathiques avec leurs élèves, disponibles pour écouter les parents, effectuer des remplacements... En voici quelques-uns :

     - Le professeur arrive-t-il à l'heure ? 

      - A t-il une tenue adaptée à l'exercice de sa fonction ?

     - Participe-t-il volontiers à des formations ?

     - Rend-il ses copies comme prévu ?

     - Prend-il du temps pour travailler avec ses collègues ? 

     - Remplace-t-il des collègues absents quand il le peut ?

     - Participe-t-il concrètement aux projets de l'établissement ?

     - Est-il lui-même souvent absent pour de très courtes durées ?


          Puis nous arriverions à des critères plus subjectifs, mais qui malgré tout, sont observables : 

      - Est-il apprécié de ses élèves ?

      - Est-il disponible pour recevoir des parents ?

      - Est-il en empathie avec les élèves, leurs parents ?

      - Comment parle-t-il de ses élèves ?

      - Comment parle-t-il à ses élèves ?

      - Organise-t-il des activités de soutien ?

      - Est-il écouté en cours ou est-ce "l'indiscipline "?

      

         Nous pourrions aller plus loin encore, mais j'aime la remarque d'un IEN (du primaire) qui me disait qu'il avait environ 300 professeurs sous son autorité, mais que simplement 8 étaient dangereux pour les élèves. Quant aux autres, sa venue n'avait comme objectifs que de leur donner de l'énergie, de la confiance pour qu'ils continuent leur métier avec joie, amour et convictions. Il me semble que cet inspecteur avait compris sa mission et fixé des objectifs sains et efficaces à ses professeurs.

 

     Pour moi, la maîtrise de la matière a été validée à l'université par l'obtention d'un diplôme et nous ne devrions pas revenir sur ce point, sauf pour les matières évolutives où des formations obligatoires devraient être organisées. Donc, l'évaluation devrait porter sur "l'environnement" de la matière : la pédagogie, la relation, l'organisation, l'engagement. Alors, qui est le mieux placé pour mesurer ces paramètres ?

    Le chef d'établissement pour certains,

    Un spécialiste de la pédagogie pour d'autres,

    Une collecte d'informations auprès des parents pour d'autres,

  Ou le croisement de ces différents acteurs du système ?

 

   Et pourquoi pas demander également aux élèves d'avoir à s'exprimer sur leurs professeurs ?

 

   Jean-François, tu es fou de proposer cela ! 

   Nous arriverions à une évaluation d'acteurs par d'autres acteurs. cela mériterait  d'être approfondi, mais que des élèves puissent aussi donner leur avis sur un professeur, le débat me semble intéressant à ouvrir.

  La définition de l'évaluation qui me convient le mieux est : "Evaluer, c'est prélever de l'information pour décider !"

     Et si nous décidions que repenser l'évaluation des professeurs, c'est leur donner des informations et des moyens pour améliorer leurs pratiques auprès des élèves, de manière douce et constructive, le débat serait moins "virulent" sauf pour la frange des professeurs dangereux avec leurs élèves, mais là, c'est un autre débat.

 

Des pistes à explorer : 

  Quand je reprends les propos du ministre "Chatel", celui-ci estime que l'évaluation des profs ne reprend pas la totalité des aspects du métier et que le chef d'établissement est le mieux à même pour évaluer.

  Nous commetrions la même erreur. Si l'inspecteur ne voit pas la totalité des facettes du professeur, le chef d'établissement non plus. Voilà pourquoi je prone une évaluation "multiprismes" qui pourrait aller d'un questionnaire aux élèves, aux parents, entretien avec le Chef d'établissement, visite en classe avec un spécialiste de la pédagogie, co-évaluation avec un pair et remise d'une analyse de pratique....

 

    A nous d'imaginer une évaluation plus juste, multidimensionnelle, formative et non à vocation exclusivement certificative, tout en acceptant l'idée qu'il y a des bons profs et des mauvais profs... et qu'ils gagnent peu ou prou le même salaire, ce qui est injuste. 

 

    Débat à approfondir, enrichir, questionner... afin que le processus prenne le pas sur le produit et que je ne reproduise pas le système que je dénonce :  Que vive l'intelligence collective !

 

                              Jean-François LAURENT

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