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26 janvier 2011 3 26 /01 /janvier /2011 10:52

 

Madame, Mademoiselle, Monsieur

Les membres de l’Association Nationale Pour les Enfants Intellectuellement Précoces des Pyrénées Orientales et Aude (ANPEIP PO-A) sont heureux de vous convier à la conférence – débat organisée en collaboration avec le lycée Rosa Luxemburg de Canet en Roussillon dans le cadre de ses conférences du mois, permettant, ainsi, une réflexion partagée au sujet de la prise en charge des élèves à besoins particuliers.


«Etre parent ou enseignant

 

d’un enfant dit précoce»


Animée par Jean-François LAURENT

Enseignant, formateur, écrivain, conférencier

Le vendredi 18 février 2011 à 18 h

Lycée Rosa Luxembourg

2 avenue Jean Moulin - Canet en Roussillon


« C'est un enfant dont le développem300320101167ent intellectuel est en avance par rapport au développement normal d'un enfant de son âge, et qui présente certaines particularités dans son processus de compréhension et d’apprentissage. On considère qu’entre 2 et 5% des élèves sont concernés dont environ 30% peuvent être, paradoxalement, en échec scolaire ou personnel susceptible d’hypothéquer toute une vie.

Une précocité non identifiée conduit le plus souvent l'enfant à être incompris de sa famille, de ses enseignants et des autres enfants. Sans information ni formation il est difficile pour les parents et enseignants de repérer les particularités de ces enfants en souffrance.

Plus tôt l’enfant sera repéré, plus grandes seront ses chances de s’épanouir. L’objectif étant de leur apporter les réponses adaptées à leurs besoins éducatifs particuliers »

 

A l’issue du débat, Jean-François LAURENT dédicacera les ouvrages dont il est l’auteur : « Be APIE », « Be APIE Junior », « Médiations sous le préau » et « Classes tourbillons, 1 possible » éditions Hommes In Idées. beapiej

  

 

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16 janvier 2011 7 16 /01 /janvier /2011 21:18

  

    Plus je rencontre de personnes adultes, jeunes ou moins jeunes, enfants précoces, souvent ils rencontrent dans leur entourage des pervers. Ces couples : Parents / enfants ou beaux enfants, homme / femme, enseignant / élève, sont trop fréquents pour ne pas être un des risques majeurs des personnes dont le potentiel intellectuel et émotionnel est défini comme étant atypique.


   Pourquoi ce risque ? Que se passe-t-il pour que des APIES attirent des pervers ou vice versa ?

 

    - Souvent une des caractéristiques de l'APIE est son immense gentillesse. Il est repéré par le pervers comme étant une proie potentielle. Il s'en rapproche et le piège dans sa nasse. Le pervers va en profiter à outrance et piéger ainsi la personne.

 

    - Au delà de sa gentillesse proche de la naïveté, l'APIE manque souvent de confiance en lui. Une nouvelle fois, un défaut dans la cuirasse de l'APIE dans laquelle rentre le pervers. il est si facile de voler cette confiance pour faire croire à la victime qu'il ne pense pas correctement et que c'est l'autre qui pense juste... et surtout pour son intérêt personnel au détriment de l'autre qui n'existe que comme proie.

 

      - Un autre élément sur lequel joue le pervers : la culpabilité. Souvent  l'APIE se reproche qu'il n'y ait pas d'eau dans le désert et pense que c'est de sa faute. Le pervers en profite une nouvelle fois et va culpabiliser sa proie jusqu'à plus soif. Il va entretenir cette faille, la creuser et ainsi manipuler la personne visée. Le pervers ne prend jamais sa part de responsabilité, ce n'est jamais de sa faute, c'est toujours la faute d'un autre. Avec un APIE, il est comblé puisque l'APIE prend toutes les responsabilités. Il croit que c'est toujours de sa faute.

 

" J'écoutais une mère parler de sa fille : "Elle était intelligente quand même..." Ce "quand même" est de trop et laisse entendre que sa fille avait bien d'autres défauts et qu'il était bien normal qu'elle soit au moins intelligente"...

 

    ...Une belle-mère dont le gendre fait ses courses : "vous n'avez pas acheté de chocolat  ?... Ce n'est pas grave..." et elle laisse en suspens en relevant ce qui ne va pas...

 

    Pas grave, vous me direz, mais ces mots répétés chaque jour, chaque semaine, chaque année minent progressivement la personne qui ne pourra plus s'en sortir si ce n'est en favorisant une rupture forte, soit par les mots, soit par la distance quand cela est possible.

 

   Mais alors, l'APIE est une victime ?  Il a tendance à régulièrement se placer en victime dès tout petit. Le pervers vient combler un besoin inconscient de l'autre quand celui-ci grandit.


     Une des failles de l'APIE est le manque de défenses. Il ne sait pas se défendre, se respecter et se faire respecter. Il ne s'impose pas parce qu'il pense que l'avis de l'autre est meilleur que le sien, que le sien n'a pas de valeur. Le pervers l'a bien compris et rentre une nouvelle fois dans la forteresse.


 

     Comment peut-il s'en sortir ?


           - Il peut s'en sortir en prenant conscience du risque qu'il court par sa trop grande gentillesse "mal ajustée".

           - Il doit apprendre à mieux se connaître pour mieux se défendre et s'imposer sur ce qui est juste pour lui.

           - Il doit repérer dans son entourge qu'elles sont les personnes qui le blessent souvent, qui l'humilient, le dévalorisent, le dénigrent souvent alors que la personne devrait l'aimer et en prendre soin.

           - Il doit prendre des décisions radicales. On ne compose pas avec les pervers. Ceux-ci n'ont pas d'empathie et n'aiment pas les gens (curieusement, ils aiment les bêtes). On ne peut rien attendre de lui. Il est important de couper tout rapport avec la personne et de ne plus lui permettre de rentrer dans le jardin secret de l'APIE.

          

           Tout dépendra de l'entourage de l'APIE. Va-t-il rencontrer des personnes qui l'aiment pour qui il est et non pour comment je peux l'exploiter ?  L'APIE doit trouver des "frotteurs de lampe" qui l'aideront à ce reconstruire, prendre confiance en lui, en ses qualités...

 

    Le pervers et l'APIE, c'est comme un puzzle où chaque pièce s'ajuste parfaitement. L'APIE ne le sait pas encore, le pervers si !

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                     Jean-François LAURENT

 

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12 janvier 2011 3 12 /01 /janvier /2011 12:12

 

Bonjour,

Je profite de cette nouvelle année pour vous adresser mes meilleurs vœux et réussite dans vos nombreux projets.

J'ai trouvé vos derniers livres sous le sapin de Noël chez mes parents, merci beaucoup pour la dédicace. Je dévore "Médiations sous le préau", il m'apporte de nombreuses pistes de réflexion sur le respect des enfants à l'école. Depuis la rentrée, les méthodes employées par la maîtresse de ma fille me gênaient mais sans que je ne sache quoi lui proposer à la place (ex : elle met un bâton lorsque l'élève ne se tient pas correctement sur sa chaise, au bout de 3 bâtons la même journée, il doit passer la récréation assis sur les marches, à regarder les autres s'amuser). Je poursuis ma lecture attentivement.

Je m'étais complètement faite surprendre en lisant "Be APIE", puisque mon objectif était de le lire pour mieux comprendre ma fille, et en réalité, ce livre a totalement fait écho à ma propre histoire, mon propre fonctionnement... Après plusieurs mois de réflexions, j'ai choisi de sauter le pas pour en savoir plus, et j'ai passé des tests de QI avec une psychologue (conseillée par l'ANPEIP).22082010334

      Il s'avère que j'ai un fonctionnement atypique (c'est pour cela que je me suis reconnue dans tous les côtés "émotionnels"), mais à la limite inférieure de la sur-efficience (comme elle l'appelle). Pour elle, je suis à mon seuil minimum, j'ai un profil atypique "gâché" ou atrophié. A ma demande, elle m'a justifié pourquoi elle disait cela : très peu de créativité / imagination, pas intuitive, moyen au niveau verbal (banal) alors que j'ai les connaissances. Elle pense que je me construite comme cela, en n'allant jamais au maximum de mes possibilités, en me gardant toujours une marge, et finalement, même si j'avais le potentiel, je me suis construite d'une telle façon que je ne suis pas en mesure de l'utiliser...

Donc logiquement, je lui ai demandé ce que je pouvais faire pour améliorer cela. Pour elle il n'y a pas lieu de vouloir changer quelque chose, que je suis bien comme je suis, épanouie, avec un profil homogène, qu'est-ce que ça m'apporterait d'augmenter ce chiffre ? Elle n'a probablement pas tort, mais sur le moment, ça a été un peu dur de m'entendre dire que j'avais un profil gâché... De votre côté, avez-vous des témoignages d'adultes ayant découvert trop tard leur côté APIE, et qui ont du coup gâché le côté "intelligence" ?

Cela me conforte à être attentive au fonctionnement de mes enfants (l'aînée APIE - bientôt 6 ans - a passé sa GS et est donc en CP... la seconde a 3 ans et ressemble beaucoup à sa sœur..). J'espère surtout ne pas les "gâcher".

Mon ami vous avait contacté pour voir comment organiser une conférence avec vous. En attendant que nous ayons des sous pour cela et si vous souhaitez en savoir plus sur l'activité de notre association…


A bientôt j'espère.


       Cordialement,

                    Ghislaine

 

 

 

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Meilleurs voeux à vous, à tous ceux que vous aimez !
Une nouvelle qui vous surprendra peut-être : grâce à vous (eh oui!) et à votre livre Be Apie, ma vie s'est modifée, d'abord insensiblement, puis plus en profondeur. Deux année de "décantation", d'abord sur mon petit bonhomme Alan, qui est maintenant très heureux en primaire St D…, puis sur le sens de la vie en général et de la mienne en particulier, et me voici en formation depuis septembre dernier (2 ans de "cours du soir" les week-ends, en plus du boulot) ...de Sophrologie! Je sais, cela parait sans rapport, et pourtant....! Je découvre enfin ce que je peux faire de tout un tas de "trucs" jusque là inutiles, voire encombrants, dans ma personnalité. L'empathie me sert enfin à autre chose qu'à souffrir avec les autres. L'intuition est écoutée, voire stimulée. La bienveillance et la spiritualité sont des valeurs et non plus des faiblesses. Le monde à l'envers, quoi ! Enfin un monde qui me parle.
Auriez-vous imaginé le chemin que pouvaient faire vos simples et justes mots, dans la vie d'une personne ?

Merci.

 

 

 

 

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·         Bonjour et merci d'avoir ajouté le E de l'émotion pour décrire nos enfants.

Mon fils de 11 ans vient de faire le grand saut du CM2 en 5°, suite à un dépistage. Les résultats sont moyens, son comportement est alarmant (perturbe les cours, insolent, bruyant, ...). Les enseignants n'ont aucune "EMPRISE" sur lui et sont très frustrés. Ils ont du mal à revenir à un contact plus "humain", pour apaiser la situation.

J'ai apprécié vos précisions sur l'idée d'une sanction réparatrice, arme peu utilisée au collège. Pour notre part nous avons été noyés de mots sur le cahier et autres courriers, qui nous déstabilisaient, mais passaient bien haut au dessus de la tête de notre enfant. Nous avons rapidement pris le parti de LE soutenir, afin qu'il garde encore un peu de confiance en l'adulte.

La route risque d'être longue jusqu'à la fin de 3°.

Bonne continuation, vos recherches m'intéressent en tant que parent et enseignant de primaire qui cherche encore comment faire.

 

  Merci à vous pour ces beaux témoignages

                                         Jean-François LAURENT

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5 janvier 2011 3 05 /01 /janvier /2011 12:05

            7 à 8 conférences s'annoncent au cours de ce premier semestre dans toute la France et curieusement peu à Lyon. Le dicton comme quoi "nul n'est prophète en son pays" se révèle juste. Sauf l'APEL de l'établissement où je travaille 3 jours par semaine qui m'a demandé d'intervenir sur l'autorité avec les jeunes en 2011 alors que le monde change très vite.

 

 

 

CONFERENCE

MARDI 8 FEVRIER 2010

20 heures

ECOLE Notre dame de l’ASSOMPTION

12, rue Hugues Guérin

69008 LYON

 

 

Avoir de l'autorité en 2011 avec

nos enfants, nos élèves !

 

Comment faire avec nos jeunes aujourd'hui ?

 

 

Cette conférence sera animée par

Jean-François LAURENT

Professeur en classe à projet spécifique, formateur, écrivain et conférencier

 

Pour les PARENTS, GRANDS-PARENTS, ENSEIGNANTS, PERSONNEL SCOLAIRE...

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2 janvier 2011 7 02 /01 /janvier /2011 13:10

       Un lien pour la nouvelle année link

 

Que nous souhaiter ?09102010587.JPG

 

        - Plus de créativité dans nos recherches et notre vie,

 

        - Prendre encore plus soin les uns des autres,

 

       - Prendre soin encore plus de notre santé, notre planète,

 

        - S'aimer, s'aimer et encore s'aimer,

 

        - Poursuivre son oeuvre personnelle et collective.

 

        - Que chaque APIE ait pu rencontrer ses


  " frotteurs de lampe "

 

 

   Je vous embrasse fort,

 

                            Jean-François LAURENT

 

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21 décembre 2010 2 21 /12 /décembre /2010 18:42

Bonsoir,

 

     Mon ami Michel m'a communiqué ce lien qui, comme son nom l'indique sert à créer des liens !

                                     http://www.monet2010.com/fr#/voyage/

 

                      Joyeux Noël à tous

 

                                                         Jean-François Laurent

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17 décembre 2010 5 17 /12 /décembre /2010 18:04

          - Jean-François LAURENT, vous avez créé une classe pilote qui réunit des enfants précoces et non précoces, mais que des enfants à profil particulier. Quel bilan faites-vous au terme du premier trimestre de la deuxième année d'exercice ?

 

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    - Je me demande toujours quand les instances officielles de l'éducation Nationale vont me tomber dessus pour me demander de rentrer dans le rang...

    - Je me demande chaque jour si ce que je propose est bien. par moment, je me fais peur, l'impression de travailler sans filets. Puis, il me suffit de proposer une dictée, de les faire lire à voix haute, d'étudier un DVD de l'émission de " C'est pas sorcier" et de les observer, de rencontrer une maman qui me dit que sa vie a changé...tout rentre dans l'ordre et je continue mon chemin de "Débroussailleur".

 

     Je ne suis pas à l'heure du bilan. Je fais plutôt des constats qui reviennent chaque jour de façon très récurrente.

 

       Le cadre

         Je l'ai déjà dit, mais cela se confirme au quotidien. Il est indispensable que des enfants hors norme puissent s’appuyer sur un cadre d’autorité. Je vous donne l'exemple de mon petit Ursule. Il n'est pas venu de trois jours et la première chose qu'il fait en arrivant est de me provoquer pour se rassurer.

 

    - Qu'est-ce qui vous fait dire cela ?

 

         - Il me provoque de manière tellement outrancière qu'il n'est pas possible que ce soit gratuit. Il s'agit d'un message que veut faire passer l'enfant (en tout cas, c'est comme cela que je le traduis). Je le gronde en bienveillance, le contient en lui nommant ma colère ou mon mécontentement, mon désaccord fort:, toujours avec des phrases "je", puis je le vois repartir et revenir l'après-midi avec un "salut J-F". Je le reprends encore : "On ne dit pas "salut" mais : « Bon après-midi Jean-François »... Et lui comme moi passons un très bon après-midi. L'enfant se sait aimé et contenu. Il ne peut pas déborder et est donc rassuré. Il se retrouve dans de meilleures conditions pour apprendre.

 

 

       Il me semble que globalement un APIE (précoce, zèbre, surdoué, HPI...) a besoin d'être contenu quel que soit son âge. Il (ou elle) part dans des chemins, des délires, des montages affectivo-psycho-délirio- moraux qui nécessitent d'être recentré, remis sur terre. Envahi par ses émotions, l'APIE a besoin d'être secoué, réveillé pour revenir sur Terre, dans le concret, les choses à leur juste place, les émotions apaisées et non dans ce moulin à idées noires qu'il sait si bien mettre en place, voire rechercher parce que chemin connu.DSC00688

 

    - Avez-vous d'autres exemples à nous citer ?


    - Oui, j'ai un enfant en classe qui a du mal à se contrôler, qui prenait régulièrement des crises. Il m'a fallu du temps pour "tricoter" avec lui, c'est-à-dire ce créer une histoire, une tranche de vie pour qu'il me connaisse et vice versa, qu'il sache ce que j'avais dans le ventre, mes ressources, mes limites... Maintenant qu'il les a, qu'il peut, au delà des apparences, me faire confiance totalement, je me permets de le contenir de manière forte et bienveillante en ne lui laissant pas trop le choix : "je ne te permets pas de te mettre en crise, tu te contrôles et tu choisis. Hier, nous allions rentrer dans une salle commune qui regroupait tous les enfants. Bien entendu; c'est à ce moment là qu'il lui prend l'idée de se mettre à hurler, crier et commencer à m'insulter en partant de la salle. Mais j'ai d'autres élèves, je ne pouvais pas les laisser pour ce petit. Je l'ai attrapé, lui ai dit de choisir, mais que, en janvier, j'aurais une réunion pour lui et que je ne pourrai pas défendre son dossier devant la directrice et les autres membres, étant donné qu'il touchait les limites de l'école. Il a réfléchi une dizaine de secondes et est reparti dans la salle, pas content et bougonnant, mais il avait lâché et était revenu dans un cadre acceptable. je le félicitai ensuite de son attitude.

    Une nouvelle fois, il était contenu et acceptait cette contenance parce qu'il en avait éprouvé les rebords, la solidité, la douceur et le confort de rester "in" le cadre, comme l’eau dans une bouteille.

 

   - Jean-François LAURENT,  et pour ceux qui n'ont pas ce cadre ?

 

     - A l'inverse, je les vois dépérir et j'en suis navré. J'ai pour exemple sous les yeux un petit APIE dont les parents, je précise, plutôt la mère, dénigre au quotidien le papa en proposant tout et son contraire. Je précise que les parents sont en instance de divorce depuis trois ans. Si le papa fait du quad avec son fils, cela ne va pas. S'il n'en fait pas, cela ne va pas non plus. En réunion devant nous, la maman souhaite une bonne entente, mais dès que le père a le dos tourné elle le démolit. Le papa a baissé les bras. Il ne se bat plus contre la mère...; Et l'enfant dans tout cela ? Quel cadre lui propose-t-on ? Pas le même et le cadre de l'autre est systématiquement dénigré.

 

    - Quelles sont les réactions de l'enfant ?

           - A l'école, quand c'est moi, il se tient à peu près à sa table assis sur sa chaise. Avec ma collègue femme, il est sous la table ou derrière le tableau, met des objets dans sa bouche et suce son pouce sans obéir à la maîtresse. Avec moi, il a le pouce dans la bouche 90 % du temps, ne travaille pas. J'ai rarement vu un enfant autant en souffrance. Nous sommes très inquiets pour lui. Les cadres qui lui sont proposés s'opposent ou se combattent. la seule réponse pour l'enfant serait la folie.


-Je vous repose la même question que tout à l'heure Jean-François LAURENT : Avez-vous un autre exemple pour nous aider à mettre en perspective cette notion de cadre ?080420101205

 

     Oh oui, j'en ai un tout chaud qui date d'hier. Les symptômes de l’enfant sont totalement différents que précédemment. Cet enfant a le don de poser la question ou la remarque qui tue au mauvais moment, à la mauvaise personne, de mauvaise manière. Bref, par moments, on a envie de le « pendre au plafond ». Il travaille plutôt bien, est suiveur et « fait son intéressant »… Et pour cause. Son père arrive comme une furie alors que nous étions en train de chanter dans la salle voisine, les enfants de l'école tous réunis, de nombreux parents spectateurs autour. Son fils était tout devant. Le père arrive, met une gifle devant tout le monde à son enfant, le tire par la manche et le fait quitter la pièce manu militari. Je me lève le plus vite possible t cours après l’individu dans la rue jusqu’à le rattraper et lui demander qui il est. Ce papa que je n’avais jamais vu était surexcité parce que son fils venait de se casser le doigt et avait une piqure par l’infirmier au moment du chant. Le père continua à insulter l’enfant puis partit chez lui. Quel cadre posé dans une »pédagogie noire et une malveillance extrême, même si ce papa ne le fait pas exprès. En tout cas, c’est le quotidien de l’enfant. Je revois le père deux heures après…. Toujours pas calme. Comment se construire quand on vit ce type d’événements au quotidien ? Comment être disponible pour l’apprentissage. Nous sommes bien en présence de cadres de références qui s’affrontent et cherchent à prendre le pas sur l’autre. L’enfant a beaucoup de mal à s’en sortir correctement. Ils ont aussi besoin d’un cadre cohérent ou de cadres au pluriel qui peuvent être différents, mais qui ne s’opposent pas. Dans des différences de mise en place, l’enfant peut naviguer, évoluer et s’épanouir. Dans des affrontements de cadre, que ce soit entre parents ou entre l’école et la famille, l’enfant aura beaucoup de mal à grandir en harmonie.


         - Je reviens une nouvelle fois sur l'essentiel : la confiance en soi en lien étroit avec l'autorité. Les enfants ont besoin de tester le cadre, les limites proposées. Si la réponse apportée à ces transgression n'est pas ferme, mais également très bienveillante, le jeune ne pourra pas s’harmoniser. Le plus difficile pour nous éducateurs et parents, c’est l’opposition entre cadre et bienveillance. Or il n’y en a pas. Posez un cadre « je » qui a du sens avec des règles qui protègent, des temps d’expression des émotions, des temps de réflexion par rapport aux règles transgressées, des temps de réparation, des temps de chaudoudoux.


Une dernière histoire Jean-François ?

090420101223

     Toujours hier, je rends les « carnets de notes ». En réalité, il n’y a aucune note et pas de carnet, mais un recueil synthèse d’informations sur le travail des enfants. Là, c’est une de mes grandes qui n’est pas APIE, mais en échec scolaire fort, mais qui remonte très vite et progresse de manière remarquable. Je la vois lire ses évaluations et mes commentaires : « Il n’est jamais écrit excellent, cela ne vaut rien ce que je fais… » Je me dirige vers elle et lui dit de me montrer une seule remarque négative. Elle n’en n’a pas trouvé et dans la fiche suivante, il était écrit : « excellent ». – « Oui, mais j’ai quand même des difficultés. Quand je vois les autres comme ils retiennent et moi, il n’y a rien qui veut rentrer… » Je lui ai rappelé tous les progrès, l’immense évolution en un an et demie, les points forts de cette enfant…. Mais cela ne suffisait toujours pas. J’en ai voulu aux enseignants qui l’ont mis en échec scolaire et l’ont marquée au fer rouge.

 

-         Avant de le faire gagner confiance en eux, que l’école n’entame pas ce capital confiance.


    - Je vous remercie Jean-François LAURENT et vous souhaite de belles fêtes de fin d'année

                                             

 

P.S. Si je résume, l'enseignant doit donner deux choses indispensables à l'équilibre de l'enfant précoce : - De la confiance en soi et un cadre bienveillant : C'est cela ?

    - Oui, vous avez gagné

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27 novembre 2010 6 27 /11 /novembre /2010 19:53

   29102010683 Vous n'êtes pas  sans connaître mes deux champs d'expertise que sont d ’un côté ce qui touche à l'autorité, le conflit, la trans gression de règles et de l’autre les enfants "précoces" que j'appelle APIE. Une nouvelle fois, je me retrouve au carrefour de ces deux problématiques avec la rencontre d’un adolescent en dérive.


L’histoire

    Je rencontre il y a peu un jeune de 14 ans accompagné de sa maman, scolarisé  en classe de quatrième dans un collège huppé, renvoyé de son établissement  pour usage de cannabis à l'intérieur de l'enceinte. Il s’est fait dénoncer et a avoué la vérité au cadre éducatif qui l’interrogeait. Il n'a pas dénoncé ses camarades de fumerie, ni le fournisseur de drogue. Ses parents sont convoqués par le chef d’établissement qui notifie un renvoi immédiat de 8 jours avant de passer officiellement en conseil de discipline.

 

Prendre sa part de responsabilité dans la transgression d’une règle.

         Le jeune APIE a souvent, encore plus que les autres un problème sur la part de responsabilité. Etant généralement dichotomique, soit c’est de sa responsabilité qu’il n’y ait pas d’eau dans le désert, soit il n’y est pour rien, mais vraiment pour rien. Ce n’est pas lui… Il ne fume jamais de cigarettes et un joint, c’est exceptionnel…

        Le jeune précoce a rarement le juste milieu, la juste place, ce qui provoque des problèmes de relations aux autres et au monde. Ici, en l’occurrence, on lui avait donné le cannabis… Il s’était laissé influencer par d’autres… Ce qui implique que si c’est la faute des autres, lui n’y est pour rien et que cela peut se reproduire en fonction du milieu environnant. Or, c’est un mouvement de l’intérieur vers l’extérieur et seul le jeune peut, ou non, décider de stopper ce type de transgression.

       Le premier travail est de lui faire prendre conscience que l’entourage n’est pas dupe. Quand vous êtes maman ou papa, c’est difficile. Soit vous le croyez, soit vous le rejetez. Nous étions dans ce cas de figure. Il peut amorcer un travail de responsabilité sur ses actes à la juste mesure. « Je suis responsable de mes actes ! » Après quelques échanges où il essaya de faire de moi son allié contre sa famille, son établissement, nous reprîmes un échange plus serein et juste sur les vraies questions :

     - Que veut dire ce geste ?

     - Comment réparer ?

     - Comment sortir de cette épreuve tout en l’assumant et sans écorcher encore une image de soi abimée ?

    - Où trouver un autre collège sans revivre le même scénario ?

    - Comment regagner la confiance des adultes autour du jeune ?

 

En colère !123-072-copie-1.JPG

      Pour moi, il est évident que le collège devait réagir et sanctionner fortement cette transgression de règle. Quand je vois ce jeune, propre sur lui, que veut-il nous dire de lui avec ce message de transgression ? Qui va l'entendre, l'aider à décoder son mal être qui s'exprime si maladroitement ou plutôt si "codé"? Ce ne sera pas l'institution scolaire qui l'accueillait alors qu'elle est spécialiste de l'enfance. Comme elle ne comprend pas, elle rejette et coupe, tranche.

          - Une nouvelle fois, je suis en colère qu'on ne puisse pas travailler sur une sanction réparatrice.

           - Je suis en colère qu’il n’y ait pas de formation à la gestion réparatrice d’une transgression de règles.

           - Je suis choqué qu’il n’y ait aucun professeur qui ait le courage de poser cette simple question : Comment réagir sans exclure définitivement ? Cette famille doit se débrouiller seule pour retrouver un établissement. Pourquoi est-elle doublement pénalisée alors que la cellule familiale est mise à mal par l’acte transgressif de leur enfant ?


          Comment ce jeune va-t-il se construire alors que le système le rejette ? Il doit passeren conseil de discipline la semaine prochaine, mais le principal l'a prévenu qu'il ne sera pas repris en cours. Aucune proposition ne lui est faite si ce n'est le rejet et le "débrouille-toi !" avec sa famille.

 

Plus j'avance dans mes recherches et dans mon expérience avec ces jeunes et plus je me rends compte que, encore plus que d'autres, ces jeunes ont besoin de cadre. Sans ce cadre qui les contient, qui les sécurise, ils peuvent développer des déviances, des angoisses, des "dyscomportements", des pathologies qui nuiront à leur épanouissement, à leur équilibre.


Que faire ?06082010144

      Je dénonce, je critique, mais qu'est-ce que je propose ? Comment aurait pu faire l'institution pour à la fois garantir le respect des règles et l'intégrité du jeune ?

     - D'abord relever l'interdit par une sanction réparatrice du type préparation d'un dossier sur les addictions à consulter au BDI durant  les intercours, voire les mercredis après-midi, exposé à d'autres classes... à l’école primaire, dans un autre collège…-

      - Ensuite la mise en place d'un contrat avec le jeune sur l'attitude et le travail.

      - Mise en place d'un tuteur, professeur volontaire et coopté par le jeune. Ils se rencontreront périodiquement pour faire le point et se projeter, débattre, échanger. Rencontre régulière avec la famille du jeune.

      - Exigence d'un suivi psychologique.

 

     Il ne me semble pas qu'on puisse dans ce cas là faire l'économie d'un  travail sur soi. Je conseille à tous les APIE ce beau voyage intérieur pour comprendre ce que dit l'inconscient, pour mieux se comprendre et « faire avec ».

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     Une nouvelle fois, l’APIE fait loupe, c’est-à-dire que ce qui n’est pas acceptable pour lui ne l’est pas plus pour les autres jeunes standards, sauf que pour un « précoce », cela peut être vécu encore plus durement. Que la sanction réparatrice fonctionne pour tous et est indispensable pour un enfant précoce. Tout établissement qui veut travailler sur un projet d’accueil d’enfant précoce doit explorer le versant de l’autorité, le rapport aux règles et les conséquences d’une transgression en même temps que d’autres volets : la relation bienveillante, la gestion de l’hétérogénéité, la place de la parole du jeune (citoyenneté), les projets spécifiques, le tutorat…

 

    Si vous avez d'autres idées, des remarques, une expérience, écrivez un commentaire que je publierais éventuellement si vous me le permettez.

        Bien amicalement

                              22022010936.jpg Jean-François LAURENT

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14 novembre 2010 7 14 /11 /novembre /2010 12:27

       Hier, nous discutons avec une cousine. Elle nous parle de son fils de 17 ans, APIE, précoce. Je suis une nouvelle fois scandalisé de ce que s'est permis l'institution vis à vis de ce jeune. Je vais tenter de vous décrire les  faits :

 

       Jérome est un jeune, QI bien sûr de 140 et plus... sensible comme jamais, rebelle à l'injustice comme un APIE peut l'être, ado très ado (cheveux, attitude, excès...), gentil et généreux, suit une thérapie, travaille peu, des difficultés avec l'autorité ou plutôt avec l'autoritarisme. Jérôme vit chez sa mère, a des copains, bref, le lycéen en seconde comme beaucoup.

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    Le Hic !

 

           Etudiant un poème en classe de français, Jérome apostrophe le professeur parce qu'il ne comprend pas le message du poète. Le professeur commence à remettre en cause les compétences du jeune :

          - "Pour qui te prends-tu ? Tu te crois plus doué que le poète, mais tu n'es rien !"

             Et la réponse fuse : "Et vous, qui êtes-vous pour me parler ainsi ? Vous n'avez même pas les bons diplômes de prof, vous n'êtes qu'un théâtreux, pas un prof de français, mais de théâtre !".

       Jérome doit certainement s'exprimer avec la maladresse d'un jeune de 16 ans... Et le professeur le colle 6 heures et le renvoie du cours.

 

 

2 ème acte

  

 123-074.JPG            Conseil de classe en décembre 2009. Jérome, comme tous ses camarades de classe, passe devant le conseil des professeurs, seul, eux en arc de cercle assis, lui debout attendant la sentence. Et quelle sentence :

             - "Arrête d'avoir des espoirs à l'école, tu n'arriveras à rien"

                    - "Tu es nul et tu n'as pas le niveau du lycée, tu n'as rien à faire ici, tu devrais t'orienter en lycée pro, tu ne peux faire que cela. Arrête d'imaginer que tu puisses faire des études, tu n'as pas les moyens de tes ambitions !"  Dixit le prof de français

 

         C'est trop violent pour Jérome, trop injuste, il tourne le dos au tribunal des profs et claque la porte.

Dès le lendemain, sa mère est convoquée au lycée par le proviseur qui lui indique que son fils est renvoyé immédiatement du lycée. Ils ne lui trouvent aucun autre lycée, aucune autre solution malgré les demandes insistantes de la maman.

       L'association des parents d'élèves prend le dossier en main et propose à Jérome de faire une lettre d'excuse et de la porter au proviseur pour montrer sa bonne volonté. Jérome ravale sa fierté et réalise une belle lettre d'excuse qu'il porte au lycée. Le proviseur refuse de le recevoir et c'est le CPE qui le rencontre pour lui expliquer que ça ne sert à rien et qu'il doit trouver une autre solution.

 

        Depuis ce jour, Jérome est inscrit au CNED par défaut et non par choix. Il est inscrit en première, mange avec ses copains de classe de l'année dernière tous les midis... Quel gâchis !

 

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    Si nous nous métions à la place de Jérome


            - Qu'a-t-il pu ressentir quand il est agressé par son professeur de français ?

             - Qu''a-t-il pu ressentir quand iul passe en conseil de classe et se retrouve seul devant tous ses professeurs ?

              - Qu'a-t-il pu ressentir quand il ne reçoit aucun signe suite à sa lettre d'excuse ?

 

              - .......

      Et revoici ma théorie du coeur tailladé ! Humiliation, culpabilité, injustice, perte de confiance en soi, perte de confiance en l'institution Ecole, perte de confiance en l'adulte... Et comment va se construire Jérome ? Apprendre alors que les professionnels t'ont affirmé que tu étais nul ! Comment ne pas se rebeller ? Quelle violence doit ressentir Jérome ? Quel avenir pense-t-il ?

 

   Comment un établissement scolaire dont la vocation est d'accueillir des jeunes, de les connaître, de reconnaître leur mode fonctionnement, de communication peuvent-ils agir ainsi ? Curieusement, cette violence là n'a pas été médiatisée et pourtant...

        Une nouvelle fois, nous sommes confrontés à la violence de l'institution vis à vis de ses utilisateurs. Une institution violente génère de la violence en retour. Notre système scolaire véhicule une nouvelle fois : soumission, obéissance aveugle, répétition, moulage et conformisme, compétition, alors que ça pourrait être :

        - apprentissage, réflexion, coopération, sens des apprentissages, connaissance de soi, émotions...

 

    Plus j'avance dans ma réflexion, dans la vie et ses vagues, plus je me dépouille en matière d'enseignement et d'apprentissage. On n'apprend rien aux élèves, on tente de les placer dans les meilleures conditions pour qu'ils s'apprennent. L'éducateur, le professeur doit se concentrer sur sa mission prioritaire pour moi :  


     Il est vecteur de confiance en soi, d'image positive, de cadre, d'exemple pour grandir, d'amour...

 


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        De plus en plus, je me concentre sur cette mission et je mesure chaque jour les progrès des jeunes dont j'ai la charge. Je suis toujours surpris qu'ils progressent alors que je doute de la manière dont je leur présente le programme, les apprentissages, les contenus. je ne fais pas comme les autres : nous visionnons des vidéos, chantons, complétons un fichier, réalisons des opérations, de l'escrime, des débats... Il n'y a pas de cahiers de leçons, pas de leçons à apprendre par coeur le soir, pas de notes, de punitions...

       Et je tente tous les jours de les cadrer, les aimer, leur donner confiance, leur renvoyer une belle image, leur donner le goût de l'effort. Je les vois progresser, montrer leurs apprentissages y compris sociaux. les parents viennent me voir pour me dire que la vie a changé à la maison, que leur enfant a repris goût de vivre, d'apprendre, de jouer et rêver. Oui, les techniques pédagogiques sont importantes, mais le plus important, l'indispensable, c'est la confiance en soi... et ça ne se décrête pas.

 

       Ce n'est pas compliqué pourtant, alors pourquoi l'Ecole ne le véhicule pas ? Pourquoi le professeur n'a -t-il pas demandé à Jérome de rester à la fin du cours en lui nommant ce qu'il avait ressenti, comment il aurait pu s'exprimer, comment in peut réparer... Bref, ils se seraient expliqués.

       Puis, comment le conseil de classe ne cherche-t-il pas avec le jeune  des hypothèses de recherche, des solutions, des engagements de chacun pour progresser. Ce n'est pas compliqué, gratifiant pour les acteurs, bénéfique pour le jeune. Jouer une logique gagnant / gagnant.

 

      Je suis désolé, révolté, choqué par ce que mon institution a fait vivre à Jérome, comme certainement à des milliers de jeunes. Or, ce sont les plus fragiles, ces jeunes qui auraient le plus besoin de soins, d'attention, d'intelligence des éducateurs et c'est le contraire qui se passe.

 

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    Et moi, et toi, que fais-tu pour changer cela, pour aider Jérome ? Pour faire évoluer le système ? J'écris, je dénonce, je cherche ... et je travaille avec de nombreux "Jérome".

 

 

          Bonne semaine à tous !

                                   Jean-François Laurent

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3 novembre 2010 3 03 /11 /novembre /2010 15:41

Bonjour,

 

     Ce matin en me rasant, j'ai failli me couper en écoutant les commentaires d'auditeurs sur la petite phrase lourde de sens de Jean-François Coppé sur le désir de remettre en place un examen d'entrée en sixième.

 

   Quelle est ma position ? Pour ceux qui me connaissent, je suis totalement contre, mais je souhaite donner des arguments à cette prise de position très ferme.

 

     Depuis 2007, les textes qui régissent l'école se sont orientés pour une plus grande sélection, un plus grand conformisme. Les savoirs d'abord, les enfants ensuite... bref, je ne veux pas développer ici, mais un vent de nostalgie souffle pour revenir aux bonnes vieilles méthodes qui ont fait leurs preuves (et oui, exclusion des mauvais élèves ou plutôt de ceux qui n'étaient pas dans le moule, création d'une élite...).

 

      Mais il faut une élite, le problème n'est pas là, mais que fait-on des élèves qui ne rentrent pas dans le moule ? j'en ai un certain nombre dans ma classe qui seraient bien embêtés de trouver une place dans un système qui ne laisse que peu de place à l'humain, à la créativité, la réflexion, l'intelligence.

 

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  Aussi, que fait-on des enfants qui échoueraient à cet examen ? Fin du collège unique créé en 1975 ? Collège à deux vitesses, filières ? Avant d'apporter des petites solutions du café du commerce, prenons le temps de penser l'école, le collège. Proposons une plus grande autonomie des établissements où le projet serait au coeur des débats et des actions mises en place, où l'es innovations pédagogiques ne seraient pas considérées comme étrangères et risquées !

 

      L'idée de cet examen est bien de sélectionner. Or évaluer, c'est prélever des informations pour décider. Alors, que décide-t-on ?

 

    Quelques idées en vrac pour le collège :

                - Quatre professeurs maximum en sixième cinquième, ce qui engage la polyvalence des professeurs.

                - Des séances plus longues afin de favoriser les projets de classe.

                - Mise en place de responsables de niveau, de tuteurs afin que le jeune puisse avoir des lieux de parole.

                - Mise en place de formations à la gestions des émotions, à une plus grande connaissance de soi, à la gestion des conflits,

                 - Suppression des notes et de ce système compétitif pour aller vers plus de coopération.

                 - Mise en place de conseils d'élèves (vie citoyenne)

                 - Mise en place d'ateliers de soutien, décloisonnés en petits groupes...

                 - Stages de langues étrangères

                 - Vrai projet en quatrième, troisième d'éducation aux choix (d'un avenir professionnel...)

 

                - Plus grande liaison parents professeurs en partenariat.


        Je vous communique ci-dessous un passage d'un article de Philippe Meirieu lu sur le site "le café pédagogique" que je vous recommande vivement :

 

 

    ... "Certains, comme J.-F. Copé, président du groupe UMP à l'Assemblée, peut-être bientôt premier ministre ou ministre de l’Éducation nationale, rêvent de rétablir l'examen d'entrée en sixième pour garantir aux élèves la maîtrise des fondamentaux. Qu'en pensez-vous ?

 

 

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/PublishingImages/2010/0411/meirieu01.jpg

         Un examen ne garantit jamais un niveau, il distingue ceux qui l’ont atteint et écarte les autres. Ce qui garantit le niveau, c’est la rigueur des pratiques pédagogiques au long cours. La proposition de Jean-François Copé est un nouvel avatar – et ce ne sera pas le dernier – de ce qui constitue le noyau dur de la pensée réactionnaire en éducation : la confusion entre la sélection et la formation. C’est cette confusion qui constitue l’implicite de bien des propositions de « réformes » aujourd’hui et de la frénésie évaluative qui s’est emparé de notre système : on multiplie les évaluations comme des obstacles dans un parcours du combattant pour activer le « darwinisme éducatif ». On imagine que ces évaluations formelles vont « faire travailler les élèves », quand l’expérience montre que la mobilisation sur des épreuves scolaires et la capacité à en comprendre les règles du jeu est loin d’être équitablement répartie dans le champ social. On prétend que la multiplication des évaluations permet la mise en place de remédiations quand, dans l’immense majorité des cas, elle autorise à répéter à l’infini ce qui a précisément produit l’échec. On proclame qu’on veut de la rigueur quand on choisit simplement la facilité.

 

       La question est, pour moi, de renforcer les apprentissages, en particulier dans le domaine de la maîtrise de la langue. Elle est de définir clairement des priorités, tant dans les objectifs que dans les méthodes. Elle est d’organiser les apprentissages de manière personnalisée comme aurait pu le permettre la formule des cycles à l’école primaire, torpillée et abandonnée par la droite depuis belle lurette. Elle est dans une formation renforcée des enseignants et un meilleur travail d’équipe. Elle est, enfin, dans notre capacité collective de faire des savoirs scolaires des « objets de désir » et non des « objets de dérision » dans un monde dominé par les seules valeurs marchandes."...

 


      Pour que le niveau monte, nos jeunes doivent gagner en confiance en eux, croire qu'ils peuvent réussir. Tout doit être fait pour les engager dans cette voie exigente de l'effort, de la réflexion, de la remise en cause de leurs propres fonctionnements d'élève, de professeur.

 

    Tiens, je me suis éloigné de mon sujet de départ sur un examen d'entrée qui serait une régression sociale et éducative. C'est peut-être que le sujet est si pauvre qu'il ne méritait pas d'être relevé.

 

             Bien à vous,

                                        Jean-François LAURENT

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Qui Suis- Je ?

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