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23 octobre 2010 6 23 /10 /octobre /2010 17:40

       C'est dans une salle magnifique du centre scolaire Notre dame de Bellegarde que Jean-François LAURENT était invité par l'association des parents d'élèves et des deux chefs d'établissement du centre scolaire à traiter de la précocité intellectuelle. Environ une centaine de personnes s'étaient déplacée malgré les contraintes inhérentes aux grêves et risques de pénuries d'essence.

 

    Après une conférence auprès de tous les professeurs il y a quelques semaines, puis une formation qui a débuté avec une trentaine de professeurs volontaires, M Maitre et Mme Redon, directeur et directrice ont souhaité que les parents soient invités eux aussi à une réflexion autour de cette complexe question de la précocité et notamment leurs émotions si particulières à gérer pour une personne non avertie.

 

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   Voici le plan que notre conférencier a suivi repris d'un power point, support de sa conférence :

PPourquoi ce terme APIE ? (Atypique Personne dans l’Intelligence et l’Emotion)
Comment les reconnaître ?
La théorie du « cœur tailladé »
Attention fragiles
Un moteur de Ferrari
Attention danger !
Les couples qui fonctionnent
L’aimantation
Lamentation
Conclusions
    Jean-François a beaucoup insisté sur le lien étroit qui doit se lier entre l'Ecole et la famille afin de réussir avec le jeune et cette intelligence collective qui aidera le jeune dans sa vie future. Il a également souligné l'importance du cadre à tenir pour ces enfants qui, sans cela peuvent développer un mal être important, voire des pathologies.
   Il y aurait beaucoup de choses à relever. Son exposé, émaillé d'exemples, a permis à de nombreux parents confrontés à la précocité de leur enfant, mais également souvent de la leur de prendre un peu de recul pour mieux comprendre ces jeunes.
    A 22 heures, l'exposé était terminé et un échange dense s'instaura entre la salle et notre conférencier avec de nombreuses questions. En final, quelques personnes qui avaient acheté ses ouvrages : Be APIE et Be APIE junior eurent droit à une dédicace.
    Voici la liste des ouvrages qu'il a conseillés pour approfondir le sujet :
Isabelle Filliozat : L’intelligence du cœur, au coeur des émotions de l'enfant
Boris Cyrulnic : Autobiographie d’un épouvantail
Olivier Revol : Même pas grave
Jean Charles Terrassier : Les enfants surdoués

Jeanne Siaud Faccin : Trop intelligent pour être heureux
      •Jean-François Laurent : Be APIE et Be APIE junior
        Jean-François Laurent nous rappelle qu'il se déplace volontiers dans les associations, écoles, collèges pour animer des soirées, débats, matinées...
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23 octobre 2010 6 23 /10 /octobre /2010 17:37
  •      Ce commentaire est arrivé sur le blog. Il m'a semblé qu'il méritait une place plus grande...

  •                          Jean-François
  •  

  •       Situation que je connais bien... Les petits apies qui sortent de l'école semblent de plus en plus nombreux et c'est souvent un choix par défaut... Parfois une seule année suffit, parfois un peu plus. La rencontre avec une équipe ouverte, à l'écoute fait souvent la différence.

          Cependant,vous parlez beaucoup du petit apie qui réagit en laissant son corps, ses mots exploser. Il y a aussi les autres, ceux qui implosent... Bien sûr, vous les évoquez. Mais ces enfants qui souffrent et s'autodétruisent sont dans une telle souffrance qu'il est important de développer pour eux aussi. Etre l'enseignant d'un petit apie n'est pas toujours facile, vivre avec un petit apie est parfois source de fatigue, d'inquiétudes. Mais être apie et ne pas se sentir à sa place peut être terrible... Les mots sont tellement importants pour eux et la confiance à retrouver si longue parfois...La demi mesure est si peu évidente.

  •        Ainsi je connais une petite jeune fille déscolarisée qui adorait une activité et pense l'arrêter car elle développe des crises d'angoisse, simplement parce que l'animateur pensait qu'elle devait s'améliorer et venir avec un groupe de plus jeunes pour qu'il ait plus de temps. Pour elle, elle est donc nulle et ne parvient plus à se concentrer sur cette activité. Pire, d'autres apprentissages s'en ressentent. Oui, ce n'est pas toujours simple et plus encore pour le petit apie...

             Une équipe autour de cet enfant, un soutien du corps enseignant pour les parents qui se sentent parfois perdus est une formidable idée. Merci de continuer ainsi à chercher des solutions, à informer pour eux.

  •                            Lysalis
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20 octobre 2010 3 20 /10 /octobre /2010 15:38

       En fonction des lieux, des modes, mais aussi des avancées de la recherche ou de l'angle pour aborder ces personnes, nous utiliserons putôt tel mot de vocabulaire ou tel autre. Mais cette terminologie n'est pas neutre.

 

      Il me semble que le terme "surdoué" a été plus ou prou abandonné par une partie des spécialistes du sujet. Le reprennent encore facilement les médias qui exploitent le filon du "spectaculaire et du sensationnel".  le surdoué laisse à penser qu'il a quelque chose de plus contrairement à la personne handicapée qui a quelque chose de moins. Derrière ce terme se cache l'enfant premier de classe qui maîtrise des concepts théoriques qui font rêver le commun des mortels. On imagine ce petit savant à lunettes qui a réponse à tout et toujours plongé dans les livres, un Géo  Trouvetou ou professeur Tournesol. C'est un aspect plus ou moins développé de ce type de personnes.

 

 

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      Le terme HPI : Haut Potentiel Intellectuel a un avantage non négligeable, c'est qu'il relève le côté "potentiel" de la personne qui ne demande qu'à être développé... ou pas en fonction de l'environnement proposé. Dans de mauvaises conditions, la personne HPI ne restera qu'un possible, qu'un espoir qui ne se démarquera pas par son intelligence cognitive au dessus de la moyenne.

      Par contre, HPI ne parle que d'intellectualité et ne relève pas l'émotionnel si important et qui conditionne l'avenir et le bonheur de la personne de ce profil. Les suisses notamment utilisent ce terme.


 

     Dans le terme "Enfant Intellectuellement précoce ou directement  Précoce" est mis en avant l'avance de la personne. Il fait des choses, il sait des choses avant les autres. On imagine plutôt une personne jeune ou en devenir. Or, quand vous avez 40 ans, peut-on encore parler de précocité ?  il ne sera pas précoce toute sa vie.

       Il me semble que c'est le terme le plus communément utilisé en France. "Mon enfant est précoce". tout le monde comprend et sous entend qu'il va plus vite que les autres, qu'il est en avance. est-ce toujours vrai sur tous les aspects de la personne ? ce terme est-i satisfaisant ? Pour moi, non !

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     Zèbre, petit zèbre, concept de zébritude. Ce terme met en avant, me semble-t-il, le côté original, pas comme les autres, je reprendrai pour cela un passage de l'excellent blog :

               http://www.poule-pondeuse.fr/2010/05/10/un-zebre-a-la-maison-1/

 

"... Ce n’est pas un petit mot doux, c’est juste le nom donné par Jeanne Siaud-Facchin, psychologue, aux enfants surdoués. Ça y est le grand mot est lâché... Un zèbre est un animal difficile à domestiquer. Un zèbre ressemble beaucoup à son cousin le cheval, mais au milieu d’un troupeau équin, il se remarque pas mal avec son pyjama à rayures. Les clichés et les tabous sont légion en ce qui concerne les petits surdoués et l’ignorance et les remarques font souffrir parents et enfants. Chaque enfant est différent de son voisin et c’est pareil pour les zèbres dont aucun n’a exactement les mêmes rayures que son congénère. Pourtant, ils ont beaucoup de points communs ..."

 

    Ce terme me plait plus. mais cela ne me suffisait pas, il a fallu que j'invente mon propre terme pour parler de ces personnes. "A.P.I.E." Je m'invite modestement dans la communauté des "spécialistes" de la précocité, devrais-je dire de l'apitude ? Non, il ne faut pas abuser !

      APIE comme Atypique Personne dans l'Intelligence et l'Emotion. terme qui recouvre ces deux aspects de la personne, qu'elle soit jeune ou plus agée, les émotions et l'intelligence. En corrolaire, le premier terme est "atypique". Oui, ces personnes sont atypiques, différentes. Je les oppose en reprenant les termes d'Olivier Revol : Les enfants "standards". Ils ne sont pas plus, pas moins, mais différents sur certains points et conformes sur d'autres. Pour moi, ce terme d'APIE cache également la recherche du bonheur (Happy), seule quête valable et si complexe pour ce type de personnes.

 

 

 

 

 

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      Il manquerait toutefois dans le terme créé l'aspect "loupe". J'entends par là que tout se qui est nommé pour ces jeunes, tout ce qui est bon pour eux l'est aussi pour les jeunes "standards", mais encore plus. Quand ces jeunes ont besoin de cadre, tous en ont besoin, mais les APIE encore plus. Ils n'aiment pas des règles qui n'ont pas de sens, mais cela leur est encore plus insupportable qu'aux autres jeunes de leur age. Ils sont sensibles comme tout le monde, mais eux sont hypersensibles. Voici pour moi l'effet loupe.

 

   Bataille de mots, précisions de concepts, vision du monde pour ces enfants si atypiques et en quête perpétuelle d'un bonheur inaccessible

 

                                         Jean-François LAURENT

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En bonus un reportage sur le sujet de la précocité intellectuelle et émotionnelle :

     Un reportage visionné sur TF1 dans l'émission reportages :

linkhttp://videos.tf1.fr/reportages/les-enfants-du-bac-5857490.html


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14 octobre 2010 4 14 /10 /octobre /2010 18:02

Nouvelle confrontation à la difficulté, nouvel intérêt, nouveau challenge : l'enfant en crise avec l'institution école.

 

         Pourquoi je développe ce cas ? parce que je suis souvent interpellé en conférence ou par mail sur le sujet de l'enfant qui ne veut plus remettre les pieds dans un établissement scolaire; trop blessé, angoissé, envahi par des émotions qu'il ne peut gérer et qui l'oblige à se replier sur la sphère familiale le plus souvent afin de poursuivre sa scolarité à domicile.

 

     - En premier lieu, prendre des décisions en équipe pluridisciplinaire, que ce soit pour un enseignant ou pour les parents. Ne nous isolons pas. Ne traitons pas de la problématique d'un enfant en binome. Avec un binome, nous courrons le risque du binaire, de l'opposition de deux camps... Je suis partisan d'une intelligence collective. Un des membres peut être en crise, ne plus en pouvoir, ne plus voir de solutions, de gestion au quotidien, que ce soient les parents, l'enseignant de l'enfant, le psy ou autre "professionnel". Le choix du suivi de la scolarité de l'enfant ne peut pas être pris sur un élan émotionnel...

        Quand, en classe, vous avez un enfant qui bouscule les limites de l'Ecole (coups, insultes, cris, crises d'angoisse, pleurs, isolement...), qui bouscule vos propres limites, votre compréhension de la situation, le premier acte à poser est la création d'une équipe pluridisciplinaire autour de l'enfant et sa famille. Nous devons croiser nos idées, nos hypothèses, notre aide à l'enfant. Bien sûr, il y aura toujours les personnes en première ligne et devant la première ligne, n'oublions pas que se trouvent des parents ou parfois seulement l'un des deux parents. Et c'est difficile, usant, écrasant. L'enseignant (et je parle pour moi) ne doit jamais oublier qu'il n'a l'enfant que 6 heures, même si c'est difficile, il ne l'a que 6 heures... reste 18 h pour aller jusqu'à 24 7 jours sur 7, et là, ce sont les parents qui en ont la charge. Une maman me témoignait qu'à chaque fois qu'elle arrivait à l'école pour rechercher son enfant, elle avait la boule au ventre. Qu'allait-on lui dire ? Que s'était-il passé ? L'enseignant doit être d'une grande vigilence dans ce qu'il témoigne, d'où l'importance de personnes ressources qui ne sont pas en première ligne : collègue, psychomotricien, rééducateur...Pour se ressourcer, les personnes en première ligne doivent se replier sur des deuxième, voire  des troisième ligne et non entre lutteurs du quotidien.

 

     Si l'enfant doit être descolarisé, cela doit être une option parmi d'autres et non un choix par défaut. La décision n'est en plus jamais définitive. Une maman lors d'une conférence m'expliquait qu'elle avait trois de ses enfants en scolarisation à domicile et qu'elle avit pu tisser de magnifiques liens avec eux. Son ainé souhaitait retourner au collège. il se sentait plus fort, plus sûr de lui. Il venait de passer trois ans sans structure collective d'enseignement et i, émettait le souhait de retourner au collège.

 

     Quand, en classe, un enseignant est confronté à ces situations de crises quotidiennes, il doit réguler son groupe classe. Non, il n'est pas tout seul à vivre la situation. Ses autres élèves voient les chaises qui volent, entendent, les cris, ce déchirement qui vient du ventre, perçoivent la tension interne et externe. Ils ne comprennent pas toujours : "Pourquoi dit-il cela ? mais il ne voit pas ? Si vous avez des enfants APIE dans la classe, ils perçoivent encore mieux les enjeux, les émotions. Quand l'enfant en difficulté n'est pas présent, il est bon de leur parler, de leur expliquer, leur faire exprimer leurs ressentis, leur perception de la situation, leurs idées. (Je sais, je pousse le bouchon loin). Ils pourront être aidants pour l'enfant en crise, compatissant, et surtout ils comprendront mieux les enjeux.

 

    Pour illustrer ce propos, j'ai vécu une situation très surprenante. Je vous la décris :

 

       Mon "p'tiot" rentre en crise et m'envoie : "Dégage, je ne veux plus te voir avec ton école de chiot..., t'es co.."

     Je regarde l'enfant devant moi et il me voit hésiter, le regard interrogatif. il me dit alors : - Tu ne trouves pas qu'il a progressé, tu vois, il dit moins d'insultes et elles ne sont pas terribles. on sait en plus que ce n'est pas vrai et que même lui il ne les pense pas."

 Je lui réponds :   -  "Tu crois que je dois laisser tomber ?"

                              - Je crois bien que oui !

                              - Je suis d'accord avec toi, je lache l'affaire, mais c'est bien parce que tu m'as dit qu'il progresse et qu'il va vite se calmer... autrement non."

 

    Bref, discussion géniale qui a permis à l'enfant de redescendre et à l'enseignant de travailler sur une mise à distance de la situation. L'autre enfant a joué le rôle du tiers et a permis de sortir de la situation sans dommages. Et effectivement, cet enfant, quand on porte un regard pointu sur lui, il a progressé :

            - Il peut jouer sur la cour de récréation avec ses camarades alors qu'il ne pouvait pas au début,

            - Il commence à rester l'après-midi à l'école.

            - Il revient plus vite quand il est en crise.

            - Il revient à l'école chaque jour avec le sourire.

            - Il accepte certaines contraintes de la classe.

 

Alors, soyons patients, inscrivons nous dans la durée sans fléchir au moindre obstacle, à l'échec d'une situation, une régression passagère. Comme disait à juste titre ma collègue directrice, cela ne fait que 16 jours de classe depuis le début de l'année !

 

   Le chemin est encore long. Actuellement, cet enfant qui était descolarisé l'année dernière visite l'école. il a passé du temps avec la secrétaire à travailler avec elle et l'aider. il a suivi un groupe de jeunes enfants avec la rééducatrice. Je pense qu'il va suivre la directrice quand elle sera en décharge pendant une petite heure et qu'il ira en cuisine avec les collègues qui font le service...

    Que nous réserve l'avenir ? Moi, j'y crois ! Et je vous écris pour m'aider à la prise de distance.

     Merci

                   Jean-François LAURENT

 

   

    

 

 

 

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18 septembre 2010 6 18 /09 /septembre /2010 11:55

Bonjour à tous,

 

      Jeudi en en fin d'après midi, c'est dans une salle magnifique du centre scolaire Bellegarde que Jean-François LAURENT a réalisé une conférence sur la précocité intellectuelle : ses" APIE" comme il les qualifie.

 

                       P1010435.jpg

    Tous les professeurs de l'école, du collège et du lycée étaient invités par leur direction respective à suivre la conférence. Se sont joints au groupe Bellegarde les enseignants d'une école de collonges ainsi que de Lyon.

 

       En une heure et demi,  ce qui semblait un peu bref pour développer certains aspects de la précocité, Jean-François LAURENT a d'abord présenté ce qu'était un APIE (Atypique Personne dans l'Intelligence et l'Emotion) et sa théorie du "coeur tailladé", ses émotions qui destabilisent tant ses jeunes et qui rendent plus difficile que pour d'autres enfants "standards" leur gestion. En découle un manque de confiance en soi, une image dévalorisée et une cascade de comportements souffrants... 

 

      Après avoir défini comment pouvaient être ses jeunes, comment nous pouvions (ou pas) les reconnaître,  il a parlé d'Ecole : Quel est l'intérêt d'un établissement scolaire de travailler sur la précocité ? Quelle démarche, quels enjeux... et surtout comment peut-on faire concrètement. Il a développé également le lien si particulier école - famille.01082010065.JPG

 

       Une conférence alerte, dynamique, accompagnée d'exemples où certains se sont reconnus, ont reconnu  de leurs élèves. Une suite est prévue avec deux demi journées de formation où les objectifs seront de bâtir un projet cohérent pour ces enfants à profil particulier, mais si attachant qui ont tant de difficultés à trouver des établissements scolaires qui les accueillent dans de bonnes conditions afin de répondre à leurs besoins éducatifs particuliers.

 

     Jean-François LAURENT a réaffirmé que ces enfants n'apprennent pas differemment des autres enfants "standards", Ils développent l'effet "loupe" ou puissance dix : "Comme les autres, mais puissance dix" avec tout ce que cela entraîne : injustice, h yper sensibilité, nécessité d'apprentissages qui ont du sens, coopération plutôt que compétition, médiation plutôt qu'autoritarisme, sanctions plutôt que punitions...22082010334.JPG

 

      Il a également longuement parlé du cadre éducatif : " Sans cadre ou avec un cadre flou ou fluctuant, ces enfants peuvent développer des pathologies : "un enfant APIE non cadré, laissé à lui-même est un jeune qui va très vite devenir malade et ne développera pas son potentiel intellectuel, ni son immense générosité.

 

       Dans quinze jours, l'établissement Bellegarde autour des parents se retrou080420101205vera de nouveau avec une conférence débat de J-F Laurent, cette fois avec une orientation plus personnelle.

 

                                      Belle journée à tous

 

    

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12 septembre 2010 7 12 /09 /septembre /2010 16:38

Bonjour à tous,                          04082010108.JPG

 

      Une nouvelle année scolaire reprend. Qu'est-ce qui a changé depuis l'année dernière sur mon lieu d'expérimentation, cette classe qui réunit des enfants de 7 à 11 ans ?

 

 

   - Son profil : la classe réunit au moins 19 enfants précoces que j'appelle APIE. Plus que l'année dernière et le nombre total d'enfants accueillis monte à 22 enfants au lieu de 20.

 

    - Mon expérience d'une année en classe : Ce que j'ai appris, c'est la patience. Laissons aux enfants le temps d'apprendre, de progresser, de s'épanouir. Fixons des objectifs pour chacun d'entre eux différents.

 

   - L'autre constat (qui devient une hypothèse forte) et il faut que j'approfondisse ce sujet, c'est que le climat de l'apprentissage est plus important que les techniques, démarches ou stratégies d'apprentissage. J'ai durant 15 ans comme formateur travaillé avec les professeurs sur les démarches d'apprentissage de l'enfant et du professeur : défi cognitif, conflit socio cognitif, métacognition, confrontation à la tache complexe... Il manquait plusieurs points qui me semblent maintenant incontournables : Placer les enfants en coopération et non en compétition, leur laisser fondamentalement le droit à l'erreur en ne relevant que les réussites, développer a u maximum la confiance en soi et permettre à chaque enfant de développer une belle image de lui.

 

    - Un incontournable : j'ai remarqué que deux enfants sur 20 l'année dernière n'ont pas atteint les objectifs qu'on s'était fixé. A chaque fois, nous n'étions pas en confiance avec les parents. Pour que l'enfant progresse au maximum de ses possibilités, le "team" autour de l'enfant doit travailler main dans la main. J'ai été encore plus exigent avec les familles sur "le contrat de confiance".

 

      - On n'apprend rien aux enfants, on les met dans les conditions pour qu'ils s'apprennnent. Quelle ne fut pas ma surprise quand cette semaine de reprise, je leur donne une dictée (à ma manière) et que je mesure les progrès très significatifs des 13 enfants qui étaient dans cette cla sse l'année dernière. Il s'était passé quelque chose pendant les vacances. Certains avaient travaillé et d'autres pas... Et tous avaient augmenté leur niveau de performance de façon spectaculaire, comme si la confiance était un engrais, un terreau, de l'eau et que l'apprentissage était une plante qui continuait de pousser, même quand le jardinier n'est pas là. Il suffisait du soleil.

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     Quelques bribes de pensée... pour une belle année 2010/2011 à tous

                                     Jean-François LAURENT

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5 juin 2010 6 05 /06 /juin /2010 07:30

Bonjour à tous,


    Comme vous le savez déjà, je suis très intéressé par les émotions dans la vie de tous les jours, mais également dans l'acte d'apprentissage. un courant de pensée a voulu nous faire croire qu'on pouvait laisser ses émotions à l'entrée de la classe et que l'enfant pouvait ainsi mieux apprendre.


     On sait bien maintenant que ce n'est pas possible et lorsque vous lisez  cet ouvrage intitullé : "L'erreur de Descartes" de Damasio, vous comprenez bien que sans émotions adaptées, une personne ne peut plus vivre avec les autres, que tous les choix et décisions prises au quotidien sont orientées, voire décidées par nos émotions afin d'être édaptées à soi et le milieu dans lequel on évolue. damasion cite l'exemple de Phinéa Gage dont le cerveau émotionnel avait été lésé suite à un accident de travail et qui ne put jamais s'insérer dans la société à la suite de cet accident alors que son intelligence cognitive était intacte. Ses choix au quotidien n'étaient plus bons parce que non décidés, guidés, orientés par les émotions.090420101223

 

      Alors, je viens à une observation qui revient de manière forte et lancinante. Je constate que certains enfants ont tendance à présenter des émotions qui ne sont pas justes ni adaptées à la situation. J'illustre mon propos :

      " Pierre vient de mettre un coup de pied à Sébastien... 

         Alexandre ne travaille pas et l'enseignant le reprend...

        Anaïs joue en cachette avec son téléphone portable alors qu'elle n'a pas le droit et se "fait prendre" ...

 

     Et là, je constate que l'enfant, au lieu d'être penaud, triste, gêné ou avec des regrets... propose une attitude de colère, voire d'exaspération. Je me retrouve régulièrement à nommer à l'enfant ma surprise, ma colère et mon incompréhension de l'expression de son ressenti proposé en externe. Je m'entends leur dire : " Non, tu te trompes, ce n'est pas toi qui est en colère, c'est moi ! Toi, tu devrais être triste, ennuyé, gêné... Je devrais presque déjà lire une demande d'excuses sur tes lèvres !  Du regret ! ou au moins un "profil bas".

 

    Régulièrement, nous nous retrouvons confrontés à ce type de situations et lorsque j'en parle dans mon entourage; cette attitude inadaptée à la situation, qui ne convient pas, est courante. Plusieurs éducateurs professionnels ou parents me l'ont confirmé.

 

   La question est de savoir quel sens nous donnons à cette nouvelle attitude. D'où vient-elle ? Quelle part de responsabilité en avons-nous ? Et que pouvons-nous faire ?

 

    Je vois deux raisons majeures à ces attitudes inapropriées. Si vous en voyez d'autres, je suis preneur que vous m'aidiez à approfondir le sujet (Ajoutez un commentaire) :

 

      - La première est certainement que l'attitude de l'enfant est adaptée au milieu de la maison où il vit et est efficace. Il exerce un chantage émotionnel afin d'obtenir ce qu'il souhaite. Ses parents répondent favorablement et tombent dans lle piège affectif tendu qui donne plus de résultats pour l'enfant qu'une émotion juste. Le parent piégé se sent coupable de l'état de l'enfant qui obtient ce qu'il souhaitait. Alors, pourquoi se gêner. On peut appeler cela du terrorisme émotionnel. Il y a peu, j'ai pu observer un enfant sur la cour qui dit à sa mère alors qu'elle lui dit au revoir : "De toute manière, tu préfères XX à moi, tu ne m'aimes pas... Et il s'en va. Sa maman lui court après et lui réaffirme tout son amour en se sentant coupable. Le piège s'était refermé... Un autre que je gronde pour une bétise sur la cour et qui me regarde avec un air outré qu'on ose le reprendre....

 

         La deuxième est la difficulté à prendre sa part de responsabilité dans une société où le modèle ambiant n'est pas celui-ci. L'enfant a de plus en plus tendance à rejeter la faute sur l'autre. "Ce n'est pas moi ! Je n'ai rien fait ! Ce n'est pas de ma faute ! Il est vrai que le système mis en place en cas de transgression de règles ne favorise pas la prise de responsabilité, mais plutôt la course à celui qui va le plus vite se plaindre et l'accusé (éventuellement à tort s'il court moins vite). L'éducateur doit proposer une autre attitude à l'enfant et expliciter les enjeux de l'expression d'émotions authentiques. En cela, il met en place un travail sur la base de la médiation scolaire et l'apprentissage à la gestion non violente des conflits et des transgressions de règles.090320101026

 

   Attention, nous devons être tous vigilents à permettre à chaque jeune d'exprimer ses émotions légitimes en fonction des événements de la vie. derrière, nous avons le risque qu'une émotion non justifiée favorise une décision non juste pour la personne ou son entourage. Nous rentrerions à ce moment là dans des jeux psychologiques déjà fréquents (en référence à Eric Berne dans le champ de l'analyse transactionnelle).

 

   Prendre en compte les émotions de l'apprenant, le guider dans ses ressentis, l'aider à mettre des mots, comprendre me paraît prioeitaire pour permettre aux jeunes de mieux être...

 

                 Jean-François LAURENT

 

 

 

     

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3 juin 2010 4 03 /06 /juin /2010 19:19

J'ai longtemps hésité sur le titre de cet article. j'aurais pu écrire :

        - Un grand corps malade !

        - Constante macabre chez les enseignants aussi

        - L'évaluation des enseignants en question

        - Innovation : pas dans l'Education Nationale !

         - Mascarade à inspection Coral !

         - Inspection, vous avez dit inspection ?

 

      Et je m'arrête là. Une nouvelle fois, je vais écrire ma grande colère qui touche cette fois une collègue, mais qui est symptomatique du malaise profond qui touche notre système scolaire.

 

     Comme vous le savez peut-être notre école comprend deux classes de cycle 2 et 3 et ce matin, ma collègue Aurélie se faisait inspecter. Tension, peur, appréhension, multiples questions, remise en cause (une de plus)... Et notre inspectrice qui arrive après avoir remis 4 fois sa visite (sans jamais s'excuser). Bref, elle arrive ce matin à 9 h 15 au lieu de 8 h 30 annoncé, reste une demi-heure dans la classe à observer la maîtresse, les enfants, quelques cahiers et à 9 h 45 part sans même dire au revoir aux enfants ou à la maîtresse. Elle se rend chez la directrice pour lui expliquer que rien ne va chez cette enseignante, qu'elle ne pourra même pas faire un rapport ou la noter.... C'est apparemment la catastrophe. Mal lui en a pris. Notre directrice voit  au quotidien cette enseignante travailler, suivre les enfants, s'inquiéter, se questionner, progresser... Elle est très satisfaite de cette jeune collègue qui se donne corps et âme pour son métier et la défend farouchement.


    Deuxième temps de l'inspection : rencontre entre l'enseignante et l'inspectrice. Et là, rien ne va non plus : aucune remontée positive. A l'entendre, les cahiers sont mal tenus, les élèves de grande section n'ont pas à apprendre à lire il n'y a pas de projets d'apprentissage (alors que la classe en fourmille : projet sur les contes, l'écriture d'un livre ...).

   Au cours de l'entretien, Aurélie a les larmes qui lui montent aux yeux. A ce moment là, elle s'entend dire : "Et bien voilà, moi aussi, je vais me mettre à pleurer !"... belle preuve de correction pour quelqu'un qui se veut au-dessus de tout ... et de tous !

   Plus tard, l'inspectrice lui affirme que puisque cet enfant est précoce, il devrait avoir une meilleure écriture que d'autres  (question : a-t-elle jamais travaillé avec ce type d'enfant ? Sait-elle qu'ils ont de sérieuses difficultés dans le domaine du passage à l'écrit ? Il semble que non ... mais elle est intouchable !

 

      Bref, notre collègue est "cassée" et l'équipe éducative est très en colère.

   

     Pour vous parler d'Aurélie : 25 ans deuxième année d'enseignement avec trois niveaux de classe (grande section, CP, CE1), demande conseil, sans arrêt en recherches et questionnements, travaille beaucoup, sensible, proche de ses élèves et à leur écoute, belle posture cadrante, des idées à revendre. Elle ose "innover" en ouvrant la cloison mobile entre nos classes et ainsi, on travaille à deux professeurs et 38 enfants.O drame !

 

    En y repensant, je me demande s'il n'y a pas eu une pointe de jalousie inconsciente chez cette inspectrice qui a vu quelqu'un mettre en place une classe qu'elle n'a peut-être jamais tenue ou qu'elle n'aurait jamais su gérer alors qu'une jeune collègue y arrive.

 

 

      Je trouve que cet incident, qui n'est pas isolé, illustre ce malaise profond qui touche l'Education Nationale et me viennent un certain nombre de questions :

           - Comment demander aux professeurs de respecter leurs élèves si l'institution ne respecte pas ses professeurs ?

             - Comment juguler la violence des jeunes quand l'institution est violente avec ses propres jeunes ?

            - Pourquoi, dès qu'un enseignant innove ou sort quelque peu des sentiers battus, se heurte-t-il au traditionnalisme éducatif dont on connaît les limites ?

              - N' y a - t - il pas un phénomène de cascade négative : ministère (moins de postes, directives qui reculent...) Inspection Académique, Inspection départementale, enseignants ? Attention, nous allons bientôt maltraiter les enfants si ce n'est pas déjà fait ! (Cela me rappelle l'histoire du papa qui s'est fait disputer par son parton qui rentre à la maison et qui dispute sa femme. Sa femme voit son enfant et le gronde. Celui-ci en bout de chaîne donne un coup de pied au chien)

 

    Plus un enseignant est conforme aux attentes prioritaires du système : cahiers bien tenus sans réflexion de fond (ce qui ne signifie pas qu'il faille les négliger mais de grâce, cessons de privilégier la forme au détriment du fond !), respect strict des emplois du temps (sans respect des rythmes des élèves), élèves en silence qui (n') écoutent (peut-être pas) leur enseignant, évaluations certificatives strictes, cahier du jour où l'erreur est stigmatisée grâce aux corrections de l'enseignant au stylo rouge, punitions... et je m'arrête.

 

     Quand je dis que le cas n'est pas isolé, j'en veux pour preuve ma collègue directrice, la cinquantaine dynamique, toujours en quête d'innovation, d'adaptation, de nouvelles lectures, toujours à nous soutenir dans des projets... Je l'ai vu travailler longtemps avec des enfants cette directrice et je l'ai trouvée vraiment performante, à l'écoute et avec des propositions originales. Elle se fait inspecter et s'entend dire : "Je comprends que vous en soyez là, vous n'avez pas été inspecté depuis 20 ans !". " Là ? Où exactement ? A l'endroit où elle met son expérience au service de ses enseignants ? Et bien tant mieux  si elle en est là ! Cette remarque revient à dire que sans les inspecteurs ou sans cette inspectrice, point de salut. Ils ne sont malheureusement pas toute la journée avec nous et ... nous survivons !

 

        Autre école, autre inspecteur et même problème avec une enseignante ayant le même profil qui, une nouvelle fois, a été défendue par la directrice qui était ravie de voir à long terme son travail auprès des jeunes dont elle a la charge. Ce n'est donc pas un cas isolé.

 

      Nous ressentons, par ces difficultés, le changement politique fort en matière d'éducation en France. On ne souhaite pas que les élèves réfléchissent mais surtout obéissent aveuglément, qu'ils appliquent des procédures, qu'on morcelle l'enseignement avec retour aux niveaux de classe, au saucissonage grammaire, conjugaison, orthographe, vocabulaire...dont on connaît bien les méfaits (le premier étant qu'il n'y a pas de transfert possible : on peut avoir juste à l'exercice de conjugaison et être incapable d'orthographier les verbes dans une lettre à son grand-père)


      On confond rigueur et rigorisme, apprentissage et dressage, respect et obéissance, excellence et traditionnalisme.

 

       Cette inspectrice a oublié un certain nombre de points fondamentaux en matière d'apprentissage et qu'elle est pourtant censée véhiculer :


                        - On apprend uniquement sur ce qu'on sait déjà faire.


                       - On part des réussites, on ne dévalorise pas de manière systématique, ni le travail, ni la personne.

                        - Si on veut que l'apprenant progresse, on lui donne confiance en lui.

                        - Une évaluation ponctuelle d'une demi-heure pour statuer sur les qualités professionnelles d'une personne paraît vraiment succinte.


                        - Pour apprendre, on ne peut pas faire l'économie de la prise en compte des émotions de l'apprenant et de l'évaluateur.

 

   Pour conclure avec un note optimiste sur les inspecteurs, la personne qui exerçait cette fonction quand j'étais directeur à saint Bruno dans le premier arrondissement de Lyon me tenait à juste titre les propos suivants : "Vous savez, monsieur Laurent, j'ai quelques centaines d'enseignants à suivre, seulement 6 ou 7 me posent réellement problèmes et me semblent ne pas répondre aux minimas du métier. Les autres, je dois venir et leur donner toute l'énergie possible pour qu'ils avancent, continuent. Bien sûr, je leur donne quelques petits conseils, quelques changements, mais surtout je les reconnais dans leur profession. Le lendemain de mon inspection, ils doivent revenir à l'école avec encore plus l'envie de bien faire." Cet inspecteur avait tout compris et certainement, les professeurs qu'il a inspectés communiquaient à leurs élèves cette envie d'apprendre.

 

    Dernière anecdote, mes grands ayant vu Aurélie triste et malheureuse ont voulu à tout prix lui envoyer des chaudoudoux. Et pendant une heure de 13 h 30 à 14 h 30, les voilà en train de lui faire des textes, des dessins, des coloriages. Souvent revenaient dans leurs commentaires : "Tu es la plus gentille, tu es une super maîtresse"...


     Et eux, ces élèves, en difficulté ou pas, APIE ou pas, ils l'ont cotoyée plus qu'une demi-heure, Aurélie, et ils savent ce qu'elle leur apporte au delà de l'enseignement : une grande humanité... Et l'essentiel est là, invisible pour les yeux, présent dans le coeur des enfants.

                                                    Jean-François LAURENT

                                                 

 


 


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23 mai 2010 7 23 /05 /mai /2010 19:16

 Le lien Apprentissage et confiance en soi 

      On ne parle jamais aussi bien d’un sujet que lorsqu’on l’a expérimenté soi-même. Sans aller jusqu’à affirmer que le chirurgien soignera mieux un opéré s’il a été opéré lui-même… mais peut-être qu’il aura une attitude quelque peu différente en pouvant mieux se placer en empathie avec son patient.

      Je viens moi-même de vivre une situation très significative sur ce lien si étroit entre la confiance en soi et l’apprentissage :

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     J’ai vécu 25 ans avec une compagne qui me dévalorisait sur de nombreux points. Notamment sur un point précis : le bricolage. De manière très factuelle, je ne savais pas planter un clou sans le tordre, traverser la planche à clouer, planter le clou 2 cm à côté de l’emplacement prévu ou mieux me broyer le doigt de la main gauche qui tenait ledit objet. Mieux ! Puisque mon père me disait toujours : « Pour ne pas se taper un doigt, tiens ton marteau à deux mains » Même comme cela, j’arrivais à me faire mal. Je ne vous parle pas de tapisserie, peinture ou autre, rien n’allait… Bref, le bide total. Mon épouse de cette époque se moquait volontiers de moi, me traitait de bon à rien ou faisait à ma place. Je l’admirais pour cela et me désengageait totalement de cette compétence. Très rapidement, je ne touchai plus un outil et riai de moi lorsqu’on abordait le sujet du bricolage en famille ou en société plus large. Ma réputation était faite, j’y répondais à la perfection et jouais ce rôle d’handicapé de l’adresse manuelle. Il ne fallait surtout pas me parler de bricolage à la maison et je riais de moi-même (certainement pour devancer les moqueries d’autrui qui faisaient moins mal). Je pense que cela venait activer une ancienne blessure avec mon père très doué en bricolage qui ne m’a jamais encouragé, et m’a même dénigré quand j’étais jeune. Tout était en place pour ne pas acquérir cette compétence de bricoleur.

    Changement de vie, changement de compagne et donc d’environnement. Je venais avec mes idées sur moi-même avec cette réplique : « Tu sais ma chérie, pourvu que le lave-vaisselle ne tombe pas en panne, si tel était le cas je te prendrai dans mes bras et je te dirai : viens dans mes bras qu’on se console ensemble ». Ma compagne y croyait puisque je lui avais affirmé être un handicapé du bricolage. Peu de temps après, elle décide de refaire la chambre de sa fille (tapisserie et peinture). Elle démarre le travail et comme d’habitude dans ma vie, je fais autre chose et vient l’encourager régulièrement , mais je ne touche à aucun outil et agis comme j’ai agi depuis longtemps. J’apporte du thé, des petits gateaux… mais je ne trouve pas leur travail correct même si je ne dis rien. J’avais déjà vu des « experts » tapisser une pièce. Je savais comment faire, mais je n’osais pas faire, de manière à répondre au plus juste à mon identité propre.

    Cela n’allait pas, la tapisserie plissait, les lés se chevauchaient ou pas. Bref, malgré toute la bonne volonté du monde, cela ne convenait pas.

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    Je décide (je ne sais pas pourquoi) à me mettre à la tache, et très rapidement la pièce prend forme sous les yeux admiratifs de ma compagne qui se met à m’aider. Je deviens chef de chantier. Ma compagne me félicite, sa fille également. Je suis fier de moi.

    Trois mois passent et de petit bricolage en petit bricolage, même en mettant beaucoup plus de temps qu’une personne habituée, je prends progressivement confiance. J’ose  réparer une chasse d’eau, changer un robinet, une prise électrique, une vitre cassée… et je me révèle, que ce soit à moi-même ou vis à vis de mes proches doué pour le bricolage. J’utilise une perceuse pour la première fois. Je demande à d’autres de m’xpliquer, j’apprends et m’entraîne, m’améliore et aime de plus en plus bricoler, moi qui m’étais identifié comme un handicapé et en riais… pour ne pas en pleurer.

    Six mois passent et je sais maintenant installer des appliques, des radiateurs, repeindre un studio complet pour un résultat  très correct. Même si cela paraît facile pour d’autres, pour moi, ce sont des victoires à chaque fois. Je grimpe mon escalier de bricoleur marche après marche, toujours dans la réussite. Ma compagne toujours m’encourage, me renvoie une belle image de moi, le dit à d’autres. Je suis fier de ce que je fais, j’ai envie de recommencer, de continuer, d’apprendre. Dès que j’ai réalisé un bricolage, je vais chercher ma compagne dans les yeux de laquelle je vois briller cette fierté d’être avec moi, cette fierté de ce que j’ai fait. Elle me félicite, le dit, le vit et je me sens bien. Les chaudoudoux sont présents. J’existe dans ses yeux, dans son cœur, donc dans le mien. 150520101358.jpg

    Dans un mois, je dois refaire une salle de bains et suis pressé d’apprendre. J'ai envie de savoir si je sais faire et je crois en mes possibilités.Je vais regarder sur internet et j’ai demandé à un ami qui refait sa salle de bains de m’inviter à l’aider pour acquérir de nouveaux savoir-faire. je suis pressé de me confronté à cette nouvelle tache complexe.

 

    Qu’est-ce qui a changé pour devenir un autre homme sur ce sujet ? Je me surprends moi-même. Je ne me reconnais plus. Je fais des liens avec ma classe, avec mes petits dont certains sont en difficultés d’apprentissage. Je les encourageais déjà beaucoup, mais j’ai touché du doigt l’importance des encouragements sur l’apprentissage. Comment aider un enfant à apprendre, à oser s’engager dans les apprentissages si ce n’est l’encourager à la moindre réussite. La responsabilité de l’enseignant est engagée sur au moins trois domaines :  

    - D’abord proposer de situations dans la zone proximale de développement des apprenants. Juste ce qu’il ne sait pas encore faire, mais qu’il est capable de réussir. Cet espace entre les deux situations, c’est l’apprentissage des connaissances. Imaginons un enfant en cours d’apprentissage en orthographe à qui on propose une dictée trop difficile dans laquelle il se noie, où il n’arrive pas. Il se retrouve avec « du rouge » de partout, un constat de non réussite, un 0/10, des parents ou enseignants qui le dénigrent… D’où l’importance pour l’enseignant de proposer une difficulté accessible avec des réussites.

    - Donner des idées pour trouver, travailler sur des conseils pour apprendre. La responsabilité de l’enseignant est de mettre en place les conditions de l’apprentissage, la méthodologie. Comme je vais chercher de l’information chez des tiers, sur des notices, chez des amis qui me conseillent, me font voir, m’expliquent, me monterent les gestes à faire, l’enseignant guide l’élève, l’aide à trouver comment apprendre et réussir. La réussite se voit, elle est palpable. L’enfant la mesure. Il en a conscience.

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    - Le troisième point, et c’est celui sur lequel j’insiste, ce sont les signes de reconnaissance positifs, les encouragements inconditionnels, la reconnaissance de la réussite sans lesquels aucun apprentissage ne pourra s’installer, se construire. Or, l’école ne favorise pas cette attitude indispensable à l’apprentissage. Souvent, on place les enfants en compétition au lieu de favoriser la coopération. On les note, les classe. Seuls les meilleurs sont favorisés et se sentent bien. En réalité, tout est fait pour accentuer l’écart entre ceux qui ne savent pas faire et ceux qui réussissent.

     Sans encouragements, pas de réussites, pas de progrès. Ce qui se joue ici, c’est la confiance en soi et l’Ecole doit tout faire pour développer cette confiance. Sans une belle image de lui-même, l’enfant ne progressera pas ou difficilement. Et cette belle image : « croire soi-même en son propre potentiel et exister dans les yeux de ceux qui comptent pour soi ! » Dans le regard de l’enseignant, chaque enfant doit voir briller de la fierté, la croyance en la réussite… et lui dire, que ses parents lui disent, que tout le monde autour de l’enfant, même en grande difficulté, surtout s’il est en grande difficulté, l’encourage sans cesse. On n’apprend que dans le positif, dans la reconnaissance, dans le regard de ceux qui comptent.

      L’apprentissage du bricolage a mis en lumière de manière encore plus forte pour moi, enseignant, l’importance majeure de l’encouragement pour « l’appreneur ou l’apprenti ». J’avais déjà décidé de ne jamais plu mettre une note à un enfant, de travailler énormément sur la confiance en soi. Je savais que c’était important, mais à ce point, je ne pensais pas.

… Sans confiance, pas d’apprentissage…21022010909

        Bien amicalement à tous

                    Jean-François LAURENT

 

 

 

 

 


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29 avril 2010 4 29 /04 /avril /2010 19:00

Chaque jour apporte son lot d’agressions spectaculaires contre des professeurs. Ici, un professeur roué de coups, là, un surveillant poignardé, encore ailleurs, une bagarre entre élèves où s’interposent des adultes qui reçoivent leur moisson de coups, encore un parent, voire un grand parent qui vient frapper un principal de collège. « Derrière le plus violent se cache souvent le plus souffrant » Petitclerc J-M., Et si on parlait de violence, Presses de la renaissance, 2002.

      Le « tonneau » fuit de partout ! La politique de la contenance si bien décrite par Philippe Meirieu ne peut colmater toutes les brèches. Même dans des endroits réputés comme étant sans problème, des actes de violence caractérisés ont lieu. Personne n’est à l’abri, aucun lieu n’arrive à être sanctuarisé selon la volonté politique du pouvoir actuel en place. Le gouvernement surfe sur la vague répression.

 Placer des détecteurs de métaux à l’entrée des établissements scolaires ne changera strictement rien. Mettre des policiers ou gendarmes en faction devant ces établissements permet un calme relatif tant que les policiers sont présents. Mais ils ne peuvent pas être de partout à la fois. Menacer les agresseurs, les sanctionner de manière toujours plus dure ne porte pas d’effets positifs.

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Une pensée répandue mais par trop dichotomique ne propose que deux voies : La répression et toujours plus de mesures disciplinaires qu’on opposerait au laxisme ambiant qui a abouti à ce climat délétère. Je comparerai ce problème au débat qui agite la société française sur la fessée. Faut-il ou non supprimer la fessée ?

Quand vous discutez avec des parents,  ils mettent en avant que s’il n’y avait plus la menace de la fessée, les enfants font alors ce qu’ils veulent. Dans ma classe, sur 20 enfants, 14 prennent des fessées régulièrement et tous ceux qui subissent ces châtiments corporels trouvent cela normal. Comme s’il n’y avait pas d’autres solutions…. Comme à l’école où, s’il n’y a pas de punitions, d’exclusions, il n’y a pas de résultats.

« Le haineux qui punit l’autre dans l’espoir de se faire respecter à l’avenir est bien naïf. C’est comme s’il croyait qu’il suffit de casser la branche qui vient de l’assommer pour être définitivement protégé des bosses. »  Petitcollin C., Emotions, mode d’emploi, Jouvence, 2003

 

Alors, que proposer ?

Entre laxisme et répression, ces deux voies menant à une impasse éducative, vous pouvez travailler sur cette troisième voie e la médiation, de l’apprentissage des relations, de la confiance en soi… Oui, mais comment ?

 

Le concept d’éducation restaurative : Apprendre à vivre ensemble

Apprendre à reconnaître ses émotions

 Il s’agit dès le plus jeune âge de privilégier des temps d’écoute de l’enfant, de ses ressentis, être au plus près de ses besoins. Le jeune apprend à dire et ne pas garder en lui des incompréhensions, des frustrations, des blessures. Il apprend à reconnaître ses émotions et les exprimer de manière recevable par autrui. Il découvre le vocabulaire des émotions. Il distingue émotions et sentiments. Il apprend ainsi à mieux se connaître, à mieux s’aimer. Chaque évènement devra contribuer à l’aider à grandir hors des humiliations, loin de la peur. Il gagne progressivement confiance en lui ou plutôt il n’écorne pas son capital confiance. L’éducation restaurative favorise chez chacun un ego développé, fort, juste.

 

 L’éducation restaurative favorise un mode participatif de tous les acteurs du système à l’élaboration des  règles qui régissent le groupe : enseignants, chef d’établissement, éducateurs, enfants, parents, personnel administratif, de service...

 

Une transgression de règles est un espace d’apprentissage

Dans le cadre de l’éducation restaurative, une transgression de règles est une occasion d’appendre à vivre ensemble et respecter ces règles qui protègent la vie de l’individu  et du groupe. Pour qu’un enfant intègre une règle, il la tutoie, franchit la ligne interdite. Ce ne sera jamais une occasion de punir pour que l’enfant obéisse par peur. Il n’y a pas d’âge pour commencer cette forme d’éducation, c’est dès le début de la vie : Tenir les règles, mais avec bienveillance. Dans le cadre de l’école, nous avons à faire aussi à des apprenants relationnels qui ont donc le droit à l’erreur. « La médiation constitue une alternative au modèle disciplinaire qui repose sur la stigmatisation et l’exclusion de l’élève par le prononcé d’une sanction » Bonafé-Schmitt J-P, Vous avez dit médiation ?, n° 35, Les cahiers de l’ISP, p 73

 

Privilégier dès le plus jeune âge le sens de la règleDSC00688.jpg

L’éducation restaurative s’appuie sur le levier de l’intelligence et non sur le levier de la peur ou de la menace qui très tôt est inculquée à nos enfants. Les enfants respectent une règle parce qu’elle les protège, leur est utile et non parce que « c’est comme cela » ou « qu’il ne faut pas » 

« - Attention, tu vas voir, le loup va venir ! 

- Attention, tu vas voir ton père ce qu’il va dire !

- Au prochain avertissement, tu iras chez le directeur»

La compréhension du sens de la règle est mise systématiquement en avant.

 

Favoriser la sanction réparatrice plutôt que la punition « vengeresse »

L’éducation restaurative favorise la sanction réparatrice et exclut totalement le système punitif, répressif. Les objectifs de la sanction réparatrice sont :

- Favoriser la responsabilité de chacun des protagonistes dans un conflit ou une transgression de règles.

- Préparer l’avenir avec d’autres alternatives.

- Permettre à chacun de mieux se connaître avec nos limites et nos forces.

- Permettre à la personne de comprendre la règle transgressée.

- Permettre à chacun des protagonistes de sortir grandi suite à  la transgression ou le conflit en ayant réparé, en s’étant réparé, en ayant appris sur lui, sur la situation, sur l’autre.

 

Développer la confiance en soi

L’éducation restaurative met en avant les signes de reconnaissance positifs. Il s’agit de tout faire pour que l’enfant ait une belle image de lui. L’enfant apprend lui-même à communiquer et exprimer des signes de reconnaissance positifs à autrui. Il sait complimenter de manière sincère. Il sait recevoir les compliments et les apprécier.

 

Privilégier un mode participatif par la médiation

L’éducation restaurative met en place des structures d’apprentissage à la gestion des conflits. Les enfants apprennent des techniques de médiation par les pairs, d’écoute active, des techniques de résolution pacifique des conflits. Tous les adultes apprennent également les mêmes techniques et postures de médiation.

L’éducation restaurative s’appuie sur une pédagogie participative qui privilégie la confrontation à des situations problème, à des activités qui ont du sens, qui placent l’enfant en projet d’apprendre. Elle privilégie des temps de confrontation entre pairs, de métacognition. Elle s’appuie sur une évaluation formative qui construit le jeune. Elle met en avant ses réussites plutôt que les écarts à la norme attendue. 

         Apprendre la relation


L’éducation restaurative favorise des relations horizontales et non un autoritarisme hiérarchisé imposé d’en haut. Nul besoin de cris, de coups pour imposer ses idées. Il s’agit pour les adultes de témoigner par leur vécu en responsabilité qui pourra ainsi se transférer aux enfants. Les adultes servent d’exemple pour les enfants. Le mimétisme est une source d’apprentissage. La cohérence d’ensemble du système est favorisée. 090420101223.jpg

Vivre ensemble, écouter l’autre, s’écouter, c'est-à-dire reconnaître ses propres émotions, comprendre le conflit, savoir le gérer de manière respectueuse de soi et de l’autre, comprendre les règles, savoir réparer, pouvoir réparer… tout cela s’apprend. Les enfants doivent apprendre, mais également les parents et les enseignants.

 

Quand, quand, quand…

Quand notre école aura terminé de vouloir développer le culte du meilleur, une culture de la compétition au détriment d’une culture coopérative qui respecte, protège, fait grandir…

Quand nos éducateurs : professeurs, surveillants, parents, sauront gérer des transgressions de règles chez les jeunes dont ils ont la charge sans les vexer, leur faire peur, les punir, les humilier…

Quand les éducateurs apprendront aux jeunes à gérer leurs conflits de manière respectueuse, entre eux, dans des logiques qui rejettent la délation, la réclamation, en posture de médiation…

Quand nos établissements favoriseront la mise en place de règlements co élaborés, qui excluent totalement la punition pour favoriser la sanction réparatrice, des règles qui ont du sens, qui permettent à chacun de grandir en humanité… 19112009509.jpg

Quand, quand, quand… J’espère bientôt parce que le tonneau fuit de toute part et je crains, à force de vouloir contenir sans prendre les justes mesures de restauration, que le tonneau se désagrège… Et à ce moment là, il sera beaucoup plus difficile de réparer, reconstruire, recréer sans beaucoup de pertes. Evitons la révolution qui détruit pour une autre culture, celle de la médiation, de la compréhension des règles, de l’apprentissage de la gestion des conflits, des émotions dans une logique coopérative gagnant/gagnant.

Et c’est possible, nous l’expérimentons à petite échelle, dans une école, un collège, une classe. A quand la mise en place d’une éducation restaurative au niveau macro-sociétal ? Vite, le temps presse…

      Jean-François LAURENT

 

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