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26 août 2009 3 26 /08 /août /2009 22:16
                                                                                                
                                                                                                                  De retour après un long séjour en Corse. Je souhaite à tous une bonne rentrée. Je suis sur l'école ce jjeudi et vendredi
       A bientôt, le blog se réveille
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29 juin 2009 1 29 /06 /juin /2009 17:06

A L'assomption, ça bouge !


Une classe de 19 enfants  Moitié enfants précoces, Moitié enfants en difficultés scolaires

Pour travailler le tutorat,
Pour travailler à 2 profs et 36 enfants,
deux profs ensemble pour des enfants de 5 ans à 11 ans
Travail essentiellement par projets

       Retrouvez toutes ces informations sur le blog de la classe :



       J'étais rééducateur (maître G) depuis 4 ans. Une des écoles ouvre une classe de cycle trois après une classe de cycle deux. C'est une opportunité que je ne laisse pas passer pour découvrir un nouvel espace d'expérimentations et de découvertes. Je postule auprès de mon amie Brigitte, directrice de l'école qui me suit, voire me précède. En tout cas, j'ai son soutien pour créer une classe ordinaire à projet spécifique pour enfants à besoins particuliers. Nous confrontons nos idées et nait cette classe.

       Le projet que vous retrouvez également sur le blog de la classe. Les parents sont volontaires et suivent...



 C'est parti pour de nouvelles aventures, un nouveau livre...



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22 juin 2009 1 22 /06 /juin /2009 19:42
Ouverture d’une classe pour des
enfants « hors-normes »

 

 

A la rentrée de septembre, je dirigerai une classe ordinaire à projet spécifique unissant des enfants intellectuellement précoces et des enfants en difficulté d’apprentissages. Il s’agit d’une classe de cycle trois avec 7 CE2, 7 CM1 et 4 CM2, ce qui fait un total de 18 enfants. Dans cette école du 8ème arrondissement de Lyon, la rentrée scolaire 2008/2009 a vu l’ouverture d’une classe de cycle deux (GSE, CP, CE1). Nous augmentons les propositions avec cette nouvelle classe de cycle 3.

En lien étroit avec la cheffe d’établissement, Brigitte CARILLO, nous projetons de mettre en avant différents aspects de ce mixage qu’on pourrait croire à première vue contre nature. Or, il n’en n’est rien.

 

 

Les axes forts du projet sont les suivants :

 

                 - L’hétérogénéité vue comme une force, un atout que ce soit entre les enfants ou les adultes (Aurélie, la maîtresse du cycle 2 a 23 ans, 2ème année d’enseignement, J’ai 47 ans, 25 ans d’ancienneté, + homme / femme)

 

                  - Tutorat entre enfants ( entre enfants Intellectuellement précoces et enfants en difficulté d’apprentissages, entre niveaux (du CM2 à la GSE)

 

                   - Pas de morcellement de la classe par niveau officiel. Tous les enfants travaillent sur le même projet à des degrés de complexité différents.

 

                   - Travail par projets

 

                   - Evaluations différenciées

 

                   - Travail à 36 enfants et deux professeurs en même temps (co-animation)

 

                   - Création de blogs par les enfants (1 blog pour 4 enfants)

 

                   - Classe de découverte dès le début de l’année.

 

 

 

Je vous laisse découvrir ci-après le contenu du projet. Je ne manquerai pas de vous informer de l’avancée du projet, de ses ressources, ses limites. D’ailleurs, j’ouvre un espace sur ce blog pour vous le communiquer.

 

J’ai en projet d’écrire un livre sur cette expérience.

 

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16 juin 2009 2 16 /06 /juin /2009 14:53
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16 juin 2009 2 16 /06 /juin /2009 14:48
 

 

 

- Des formations ou des conférences qui s’adressent à différents publics : chefs d’établissement, professeurs des écoles, collèges, lycées, formateurs, C.P.E., surveillants, écoliers, collégiens, lycéens, étudiants, éducateurs, parents, personnel éducatif…

 

- Des formations de 1 à 3 jours, consécutifs ou non, sur site ou dans nos locaux, alternant apports théoriques, confrontation des expériences, écoute, mise en situations, élaboration d'outils.

 

- Des conférences le soir, le samedi, en semaine avec des publics variés : Power point, témoignages, exemples, questions / réponses. En fonction des besoins, sur mesure ou sur des thèmes comme :

 

Des sujets possibles de formation

 

- EIP ( Enfant Intellectuellement Précoce),  Et alors ?

 

- Etre parent ou enseignant d'un enfant dit précoce !

 

- L'enfant intellectuellement précoce et ses émotions !

 

- Mettre en place un projet d’accueil pour enfants intellectuellement précoces

 

- Un projet spécifique pour des EIP : Pourquoi ? Comment ? Quoi ?

 

- L’intérêt pour tous d’un projet d’accueil spécifique pour EIP

 

- Détecter un EIP à l’école, à la maison, que faire ?

 

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16 juin 2009 2 16 /06 /juin /2009 14:16
Formations, Conférences
 Violence, Autorité, Règles,
Sanctions / Punitions, Conflits…

 

 

- Des formations ou des conférences qui s’adressent à différents publics : chefs d’établissement, professeurs des écoles, collèges, lycées, formateurs, C.P.E., surveillants, écoliers, collégiens, lycéens, étudiants, éducateurs, personnel éducatif…

 

- Des formations de 1 à 5 jours, consécutifs ou non, sur site ou dans nos locaux, alternant apports théoriques, confrontation des expériences, écoute, mise en situations, élaboration d'outils.

- Des conférences le soir, le samedi, en semaine avec des publics variés : parents, équipes de professionnels, jeunes… avec Power point, témoignages, exemples, questions / réponses. En fonction des besoins, sur mesure ou sur des thèmes comme :

 

Des sujets possibles de formation

- Violence en éducation. Comment éduquer à la confiance ?

- La hiérarchie et l'autorité. Quelle autorité pour quelle efficacité ?

- Un enseignant face à une classe difficile : des outils pour réussir

- Comment gagner en autorité auprès d’un groupe ?

- Gagner en confiance pour mieux être et mieux apprendre.

- Punir, sanctionner : au-delà des mots, que faire ?

- Autorité et répression, l’un va-t-il sans l’autre ?

- Mais alors, si je ne peux plus punir, que faire ?

- Conflit dans une équipe, un levier pour avancer

- Sanctionner sans punir, Un choix éducatif pertinent

- Ecole en crise, comment juguler la violence ?

- Mettre en place un règlement intérieur efficace

- Mettre en place des médiateurs scolaires

- Mieux intervenir devant un conflit, une transgression de règles

- Se former aux techniques de médiation

- Sortir d’un conflit dans une logique gagnant/gagnant

- La médiation scolaire, une clé pour pacifier un établissement scolaire

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8 juin 2009 1 08 /06 /juin /2009 20:54

Des pratiques éducatives ancestrales


            Je passe dans le couloir ce matin et comme dans toutes les écoles de France, les vitres sont à hauteur d'adulte. Alors, comme je suis curieux je regarde et passe, repasse...

            Une fille de la classe de CM1, une bonne élève bien sage se trouve au tableau alors que la maîtresse s'est absentée. Elle a déjà noté au tableau le prénom de trois turbulents qui vont se faire gronder par la maîtresse à son retour. Et oui, une enfant est chargée de dénoncer ses copains et copines de classe. Moi, j'appelle cela de la délation, pratique d'un autre temps qui a eu son heure de gloire au cours de la 2ème guerre mondiale.

    Que faire ? Réfléchir ensemble aux besoins de chacun
 

         Comme je m'entends bien avec la collègue, je lui demande l'autorisation de prendre sa classe une quinzaine de minutes et rebondir sur la situation. Je ne lui en veux pas. Ce sont des situations qu'on n'étudie pas à l'IUFM. Amlors, ma collègue faisait comme quand elle était peztite et que la directrice allait répondre au téléphone. Elle n'avait pas d'autres outils pour répondre.

               - Nous avons réfléchi à ce que ressentait la petite fille qui était au tableau : mal à l'aise, pas envie de faire punir ses pairs, peur des représailles des enfants dénoncés, ne sachant pas où placer la barre... Bref, elle aurait bien voulu laisser sa place.

               - Nous avons demandé aux trois enfants fichés ce qu'ils ressentaient : un de l'injustice, l'autre s'en moquait, il était habitué, le troisième l'envie de se venger à la récréation.


           - Je leur ai demandé les besoins de la maîtresse quand elle s'absentait quelques instants et en quoi il était important qu'ils soient sages et en quoi cela les protégeait : Disponible pour apprendre (ça, c'est moi qui leur a soufflé), ne pas déranger la classe voisine, ne pas se lever au risque de courir et de se faire mal, rester tranquille pour respecter ses voisins s'ils voulaient faire autrement...

             - Nous avons réfléchi également à ce qu'on pouvait faire de ce temps "libre" : lire un livre, dessiner, revoir ses leçons, chuchoter, finir ses devoirs, faire le travail proposé par la maîtresse...


Confiance et Intelligence


          Je leur proposais de mettre en avant le processus de confiance et d'intelligence plutôt que la peur, la vengeance, la dellation. bien sûr, ce ne sera pas parfait dès la première fois, mais a-t-on maîtrisé l'orthographe à la première séance d'écriture ?  Non ! Alors pas de panique, il s'agit d'un apprentissage qui se place dans la durée et non dans l'immédiateté. Au départ, ce ne sera pas parfait, mais rapidement, les enfants vont comprendre tout l'intérêt de respecter ce nouveau cadre. La maîtresse n'oubliera pas de leur renvoyer une image positive régulièrement. Tout le monde grandira en harmonie, confiance et intelligence. On s'est promis qu'on se reverrait, je les ai chargé de parler de ce savoir faire à la maîtresse.

Gagner en autorité


          Comment ma collègue aurait-elle pu le savoir si jamais personne ne lui avait dit, montré, permis de réfléchir ? Et pourtant, d'un côté, on les monte les uns contre les autres et d'un autre on joue la coopération, l'humanité et je vous garantis que ça marche bien mieux.

     Les équipes qui veulent réfléchir et trouver d'autres solutions sur ce type de pratiques : punitions, lignes, colles, cris... écrivez-moi !
                          
                                       Jean-François
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23 mai 2009 6 23 /05 /mai /2009 11:09

                  Je n'ai pas attendu longtemps pour avoir un exemple suite à mon article d'hier sur les violences de l'école et l'ignorance éducative dans laquelle les professeurs dont je faisais partie il y a peu se situent devant une transgression de règles.

 

             Comme d'habitude, ce matin, je prends mon petit déjeuner en écoutant les informations radiophoniques. Et comme d'habitude, les médias nous informent d'un nouveau cas de violence envers un professeur.
               Je relate ce que j'ai compris de la situation : Une CPE (Conseillère Principale d'Education) croise dans un couloir d'un établissement scolaire alors qu'il ne devrait pas y être un élève de 15 ans. Celle-ci le menace d'exclusion temporaire. L'élève se sentant menacé se rue sur la CPE et la roue de coups. Conclusions : CPE traumatisée à l'hopital, élève traumatisé exclus définitivement, mis en examen.
_
             Bien sûr loin de mon propos de tolérer un quelconque acte de violence et de l'accepter. par contre, tenter de retrouver les rouages du paroxysme de la scène m'intéresse. L'élève a certainement tenté le "pas vu pas pris", réaction légitime suite à une éducation où si tu n'es pas pris, tu n'es pas puni. Puis, il s'est senti pris en "flagrant délit". Il est démasqué. La CPE l'attrape et réactive l'émotion de peur en le menaçant d'exclusion. Peur panique, il se débat, bat... et tombe dans le piège de la violence.

Qu'aurai pu faire la CPE ?

           - Interpeller le jeune en douceur et fermeté,
           - Lui demander quelle règle il a transgressé
         - Lui demander le sens de cette règle : En quoi elle le protège ? Pourquoi cette règle existe ?
          - Lui demander ce que peut ressentir la CPE quand elle voit un jeune ne pas respecter cet interdit
           - Lui demander comment il aurait pu faire autrement pour respecter cette règle.
            Lui demander s'il a d'autres choses à exprimer ou des questions à poser. La CPE peut profiter de la situation pour faire un petit point avec le jeune, surtout s'il s'agit d'un récidiviste.
            - Lui proposer une réparation en fonction des besoins de l'institution représentée par la CPE.
 
    Oui, cela prend du temps, mais cela vaut le temps passé. J'ai décrit là un processus de posture de médiation et de gestion non violente des conflits. Il s'agit principalement de faire appel à l'intelligence des personnes plutôt que la peur et la crainte, voire la soummission.

              Nous sortons des couples infernaux :
                   - Domination - soummission
                   -
Menace - Peur
                   - Autoritarisme - Défi,
                   - Transgression - Punition
                   - Hopital - Prison

Pour aller vers les duo :
                  -  Intelligence - Intelligence
                  - Rigueur - Bienveillance
                  - Règle - Protection, sens
                  - Parole - Compréhension
                  - Responsabilisation - Réparation

                                  


Victime, persécuteur, sauveur

         Une tendance actuelle de la société, certainement afin de redonner une place au corps professoral ou à l'école au sens large,  les acteurs adultes de l'Ecole devaient toujours se situer en victimes et les élèves en boureaux et ainsi de placer le législateur en sauveur. Nous connaissons très bien le risque de ces jeux psychologiques, c'est de changer les personnages de rôles : Les profs deviendront boureau du gouvernement ou des élèves. nous retrouverons les jeunes dans la rue contre le gouvernement....


       Il est temps de sortir de ces schémas trop dichotomiques
du type transgression / répression ou transgression / laxisme pour aller vers la prévention et l'apprentissage des interventions des cadres de l'Ecole lorsqu'il y a une transgression de règles.

    Si on avait appris à la CPE d'intervenir autrement devant la situation rencointrée, on n'aurait certainement pas eu les mêmes réactions de la part du jeune transgresseur. J'espère qu'il s'en sortira...    J'espère qu'elle s'en sortira....
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22 mai 2009 5 22 /05 /mai /2009 10:07
      

              Ce n'est pas innéluctable, mais la violence scolaire ne se soignera pas avec comme réponse la violence institutionnelle ! On répond à la violence par l'intelligence, pas par la peur, sinon on risque l'escalade : geste de violence, répression, geste plus fort, répression plus forte, geste impardonnable, exclusion, emprisonnement... L'escalade de l'intelligence est beaucoup plus riche. Je réponds à ce geste de violence par un travail de réflexion, d'intelligence à la fois cognitive et émotionnelle. Je répare à la fois l'agressé, mais également moi-même. J'apprends quelque chose de cette transgression de règles.   

            Je suis en colère ce matin, mais triste également. Un professeur s'est encore fait poignardé... et la seule réponse entendue par les médias, peut-être attendue par la population est le renforcement de la sécurité, volonté de mettre en place de portiques électroniques (ce qui ne fonctionne pas. Aux USA, seulement 1% des établissements ont mis en place ce système qui sonne très régulièrement à tort en raison de la sensibilité aux métaux, donc inopérants). Environ 1 personne sur quelques millions porte une arme dans un établissement scolaire en France. Nous attendons les effets d'annonce de M Estrosi (maire de Nice) qui va annoncer des mesures sécuritaires ++. Xavier Darcos propose la mise en place de brigades d'interventions dans les établissements avec possibilité de fouiller les jeunes à l'entrée...
             
Nous sommes arrivés à la surenchère sécuritaire. Mais elle ne fonctionne pas ou sur du très court terme, d'où le toujours plus, plus fort, plus dure. Le hic, c'est que cela fonctionne dans les deux sens :
                    - Chez les jeunes qui vont toujours provoquer plus de manière à être entendu. Et l'institution qui frappera toujours plus de manière à faire taire...  A quand un massacre comme en Allemagne ou aux USA ?
                    

      Nous sommes rentrés dans une course poursuite où beaucoup de jeunes, mais également de professeurs sont victimes.

            

         Avancer sur le chemin de la prévention :

                   - Apprendre aux jeunes dès la maternelle à gérer leurs conflits, à se réguler le plus possible sans avoir recours systématiquement à l'adulte qui tranche. Développer la médiation scolaire par les pairs.

                   - Donner aux jeunes enfants une belle image d'eux-mêmes, leur donner confiance en eux en modifiant toutes les pratiques compétitives à l'école (les notes, classements...), donner un autre statut à l'erreur, mieux différencier les apprentissages pour placer le plus possible d'enfants en réussite scolaire.

                   - Apprendre aux jeunes, donner des lieux, apprendre aux professeurs à donner une place aux émotions et leur expression. Souvent un jeune a raison d'être en colère pour X ou Y raison, sauf qu'il ne sait pas exprimer cette colère de manière recevable par l'entourage. Cela s'apprend. (cf Médiations sous le préau)

                   - Apprendre aux professeurs à gérer des conflits par des postures de médiation. les former à l'apprentissage des relations entre les personnes.

                   - Supprimer totalement de l'école les punitions pour les remplacer par des sanctions réparatrices.

                    - Réformer profondément le système d'évaluation trop compétitif (cf la constante macabre de Antibi chez Mat Ador)

                      - Donner la parole aux jeunes (pas la prêter en faisant semblant de les écouter comme lors des mascarades des conseils de classe) par des conseils d'élèves où il se fait un réel travail en commun.

                      - Des lieux d'écoute des souffrances, des questions des jeunes avec des  assistantes sociales, infirmières, CPE, médiateurs...


       Bref ! Travaillons d'abord en amont sur la prévention de la violence, sur un changement de culture à l'Ecole. Souvent, je m'aperçois que les violences perpétuées de manière isolée par un jeune sur un enseignant provient souvent d'une réponse inadaptée à la situation de transgression de la part du jeune. L'action de l'enseignant a mis de l'huile sur le feu alors qu'elle souhaitait un effet totalement différent. Nous ne pouvons pas en vouloir au professeur en question. On ne lui a jamais appris. On ne lui a jamais expliqué, raconté. pour ma part, alors que j'étais déjà formateur depuis une dizaine d'années, je ne m'étais jamais dit qu'on pouvait gérer des conflits sur la cour différemment, qu'on pouvait faire autre chose que donner des lignes ou punir quand un enfant transgressait une règle...

      Je ne m'étais jamais imaginé....

              Imaginons ensemble se former à la gestion non violente des conflits, à la médiation, à l'apprentissage de l'intelligence des règles...

     Espoir, quand tu nous tiens !
                                 Jean-François LAURENT
 
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14 mai 2009 4 14 /05 /mai /2009 10:44
             Be APIE junior vient d'être terminé. Il reste les relectures nombreuses pour améliorer le style, l'orthographe. D'ici la fin du mois de juin, vous le trouverez sur le site : www.hommes-in-idees.fr à la vente.Le livre qui vise un public de jeunes et non exclusivement les parents s'articule autour d'une correspondance secrète entre deux enfants par mail qui se racontent. Pour écrire, je me suis appuyé sur le témoignage de deux enfants.
   


                            Je vous livre ci-dessous un passage ....


                                   Lyon, le 23 janvier 2009

 

Coucou Elise

 

         Quatre jours sans nouvelles de toi. Que t'arrive-t-il ? J'espère rien de grave. Notre correspondance a pris beaucoup d'importance dans ma  vie et je ne voudrais pas te perdre. Tu es fâchée, malade, fatiguée, tu en as marre de m'écrire ?... Je flippe comme un dingue et je me fais des films. Sur les films, je suis un expert. Je n'arrête pas du matin au soir. Je suis toujours en train de réfléchir sur tout. Et ça prend une ampleur, c'est inimaginable. C'est pareil pour toi qui es une fille ? Raconte-moi comment ça se passe dans ton cerveau.

         On se connaît depuis un mois maintenant et je veux te livrer un secret rien qu'à toi. Promets- moi de ne jamais le répéter à quelqu'un. C'est entre toi et moi.

         L'autre fois, je te racontais mes déboires à l'école avec la maîtresse du CE1. Il faut que je t'avoue quelque chose : je suis handicapé. Enfin, plus exactement, j'ai des handicaps. Je suis "multi dys" et en plus hyperactif. Je ne te raconte pas l'orthographe. Je ne peux pas écrire deux mots sans que ce ne soit bourré de fautes. Là, heureusement que j'ai les correcteurs. Même que des fois, c'est tellement loin de l'orthographe juste que le correcteur ne trouve pas. Il manque d'imagination remarque ! Donc dyslexique, dysorthographique, dys tendu (là, c'est un jeu de mots, je n'arrête pas).

         Pour cette maîtresse du CE1, un handicapé, il devait être dans un fauteuil roulant. Moi, j'ai mes deux jambes. Elle n'a jamais rien compris.

         Tu sais ce que c'est l'hyperactivité ? C'est quand tu bouges tout le temps, que tu n'es plus maître de toi. J'ai appris à vivre avec, je suis né avec, je mourrai avec. C’est pas un virus. Ce sont mes parents qui me l’ont donné et pour toute ma vie. C’est un « truc » dont on ne guérit pas… C’est comme pour un handicapé physique qui ne marchera jamais. Je ne l’ai pas attrapé comme la grippe. Donc, je m'en fous, je suis sous Ritaline et c’est comme ça. Je me sens dépassé par mon handicap, je suis malheureux. Mes parents sont gentils, je t'assure, ils sont vraiment "sympa" et compréhensifs, mais ça me blesse quand ils m'envoient dans ma chambre. Je ne le fais pas exprès de bouger tout le temps, d'être surexcité. Je les comprends quand même. Je saute tellement de partout. Ca doit être super fatiguant de m'avoir comme fils.

         Le problème avec  la Ritaline, c'est que ça me coupe l'appétit. Même mon plat préféré, je ne le mange pas. Déjà que je ne suis pas bien gros. Quand les autres annoncent leur poids, je suis halluciné. Je pèse la moitié d'eux. Je suis sous ce médicament du matin pour aller à l'école au soir 18 heurs environ. En trente secondes, les effets disparaissent. Sous Ritaline, je ne suis pas moi. Elle me change complètement. C'est "énormissime", je suis tout calme.

         La Ritaline me permet d'avoir des copains. Avant, je n'avais qu'un pote et il n'était jamais venu à la maison. J'avais essayé une fois, c'était mal. Maintenant, j'en ai plein. Je peux les inviter sans problème. Tu vois, quand je ne suis pas sous ce médicament, je vais voir ma sœur et je l'embête tout le temps, je suis horrible. Et après je me culpabilise.

         Curieusement, cet été, c'était les meilleurs moments de ma vie et pourtant je ne prenais plus de Ritaline. Je ne me sentais pas possédé comme si un malade mental m'habitait. J'étais super calme, je ne savais pas pourquoi. Une fois, mes parents ont même oublié mes handicaps. Ils le disaient. On se sentait super bien.

         Voilà tous mes secrets sur mes handicaps. Tu as quoi toi comme handicaps qui te pourrissent la vie ? J'espère que tu n'en as pas trop. C'est vraiment trop dur à vivre.

         N'oublie pas ta promesse de ne rien dire même à ta mère.

         "Tchao bella"

                                Tom

P.S. Je suis pressé d'avoir de tes nouvelles. Réponds-moi vite.

 

≈ ≈ ≈ ≈ ≈

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Qui Suis- Je ?

  • : Le blog de Jean-François LAURENT
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