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3 novembre 2010 3 03 /11 /novembre /2010 15:41

Bonjour,

 

     Ce matin en me rasant, j'ai failli me couper en écoutant les commentaires d'auditeurs sur la petite phrase lourde de sens de Jean-François Coppé sur le désir de remettre en place un examen d'entrée en sixième.

 

   Quelle est ma position ? Pour ceux qui me connaissent, je suis totalement contre, mais je souhaite donner des arguments à cette prise de position très ferme.

 

     Depuis 2007, les textes qui régissent l'école se sont orientés pour une plus grande sélection, un plus grand conformisme. Les savoirs d'abord, les enfants ensuite... bref, je ne veux pas développer ici, mais un vent de nostalgie souffle pour revenir aux bonnes vieilles méthodes qui ont fait leurs preuves (et oui, exclusion des mauvais élèves ou plutôt de ceux qui n'étaient pas dans le moule, création d'une élite...).

 

      Mais il faut une élite, le problème n'est pas là, mais que fait-on des élèves qui ne rentrent pas dans le moule ? j'en ai un certain nombre dans ma classe qui seraient bien embêtés de trouver une place dans un système qui ne laisse que peu de place à l'humain, à la créativité, la réflexion, l'intelligence.

 

29102010683.JPG   

 

  Aussi, que fait-on des enfants qui échoueraient à cet examen ? Fin du collège unique créé en 1975 ? Collège à deux vitesses, filières ? Avant d'apporter des petites solutions du café du commerce, prenons le temps de penser l'école, le collège. Proposons une plus grande autonomie des établissements où le projet serait au coeur des débats et des actions mises en place, où l'es innovations pédagogiques ne seraient pas considérées comme étrangères et risquées !

 

      L'idée de cet examen est bien de sélectionner. Or évaluer, c'est prélever des informations pour décider. Alors, que décide-t-on ?

 

    Quelques idées en vrac pour le collège :

                - Quatre professeurs maximum en sixième cinquième, ce qui engage la polyvalence des professeurs.

                - Des séances plus longues afin de favoriser les projets de classe.

                - Mise en place de responsables de niveau, de tuteurs afin que le jeune puisse avoir des lieux de parole.

                - Mise en place de formations à la gestions des émotions, à une plus grande connaissance de soi, à la gestion des conflits,

                 - Suppression des notes et de ce système compétitif pour aller vers plus de coopération.

                 - Mise en place de conseils d'élèves (vie citoyenne)

                 - Mise en place d'ateliers de soutien, décloisonnés en petits groupes...

                 - Stages de langues étrangères

                 - Vrai projet en quatrième, troisième d'éducation aux choix (d'un avenir professionnel...)

 

                - Plus grande liaison parents professeurs en partenariat.


        Je vous communique ci-dessous un passage d'un article de Philippe Meirieu lu sur le site "le café pédagogique" que je vous recommande vivement :

 

 

    ... "Certains, comme J.-F. Copé, président du groupe UMP à l'Assemblée, peut-être bientôt premier ministre ou ministre de l’Éducation nationale, rêvent de rétablir l'examen d'entrée en sixième pour garantir aux élèves la maîtrise des fondamentaux. Qu'en pensez-vous ?

 

 

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/PublishingImages/2010/0411/meirieu01.jpg

         Un examen ne garantit jamais un niveau, il distingue ceux qui l’ont atteint et écarte les autres. Ce qui garantit le niveau, c’est la rigueur des pratiques pédagogiques au long cours. La proposition de Jean-François Copé est un nouvel avatar – et ce ne sera pas le dernier – de ce qui constitue le noyau dur de la pensée réactionnaire en éducation : la confusion entre la sélection et la formation. C’est cette confusion qui constitue l’implicite de bien des propositions de « réformes » aujourd’hui et de la frénésie évaluative qui s’est emparé de notre système : on multiplie les évaluations comme des obstacles dans un parcours du combattant pour activer le « darwinisme éducatif ». On imagine que ces évaluations formelles vont « faire travailler les élèves », quand l’expérience montre que la mobilisation sur des épreuves scolaires et la capacité à en comprendre les règles du jeu est loin d’être équitablement répartie dans le champ social. On prétend que la multiplication des évaluations permet la mise en place de remédiations quand, dans l’immense majorité des cas, elle autorise à répéter à l’infini ce qui a précisément produit l’échec. On proclame qu’on veut de la rigueur quand on choisit simplement la facilité.

 

       La question est, pour moi, de renforcer les apprentissages, en particulier dans le domaine de la maîtrise de la langue. Elle est de définir clairement des priorités, tant dans les objectifs que dans les méthodes. Elle est d’organiser les apprentissages de manière personnalisée comme aurait pu le permettre la formule des cycles à l’école primaire, torpillée et abandonnée par la droite depuis belle lurette. Elle est dans une formation renforcée des enseignants et un meilleur travail d’équipe. Elle est, enfin, dans notre capacité collective de faire des savoirs scolaires des « objets de désir » et non des « objets de dérision » dans un monde dominé par les seules valeurs marchandes."...

 


      Pour que le niveau monte, nos jeunes doivent gagner en confiance en eux, croire qu'ils peuvent réussir. Tout doit être fait pour les engager dans cette voie exigente de l'effort, de la réflexion, de la remise en cause de leurs propres fonctionnements d'élève, de professeur.

 

    Tiens, je me suis éloigné de mon sujet de départ sur un examen d'entrée qui serait une régression sociale et éducative. C'est peut-être que le sujet est si pauvre qu'il ne méritait pas d'être relevé.

 

             Bien à vous,

                                        Jean-François LAURENT

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3 juin 2010 4 03 /06 /juin /2010 19:19

J'ai longtemps hésité sur le titre de cet article. j'aurais pu écrire :

        - Un grand corps malade !

        - Constante macabre chez les enseignants aussi

        - L'évaluation des enseignants en question

        - Innovation : pas dans l'Education Nationale !

         - Mascarade à inspection Coral !

         - Inspection, vous avez dit inspection ?

 

      Et je m'arrête là. Une nouvelle fois, je vais écrire ma grande colère qui touche cette fois une collègue, mais qui est symptomatique du malaise profond qui touche notre système scolaire.

 

     Comme vous le savez peut-être notre école comprend deux classes de cycle 2 et 3 et ce matin, ma collègue Aurélie se faisait inspecter. Tension, peur, appréhension, multiples questions, remise en cause (une de plus)... Et notre inspectrice qui arrive après avoir remis 4 fois sa visite (sans jamais s'excuser). Bref, elle arrive ce matin à 9 h 15 au lieu de 8 h 30 annoncé, reste une demi-heure dans la classe à observer la maîtresse, les enfants, quelques cahiers et à 9 h 45 part sans même dire au revoir aux enfants ou à la maîtresse. Elle se rend chez la directrice pour lui expliquer que rien ne va chez cette enseignante, qu'elle ne pourra même pas faire un rapport ou la noter.... C'est apparemment la catastrophe. Mal lui en a pris. Notre directrice voit  au quotidien cette enseignante travailler, suivre les enfants, s'inquiéter, se questionner, progresser... Elle est très satisfaite de cette jeune collègue qui se donne corps et âme pour son métier et la défend farouchement.


    Deuxième temps de l'inspection : rencontre entre l'enseignante et l'inspectrice. Et là, rien ne va non plus : aucune remontée positive. A l'entendre, les cahiers sont mal tenus, les élèves de grande section n'ont pas à apprendre à lire il n'y a pas de projets d'apprentissage (alors que la classe en fourmille : projet sur les contes, l'écriture d'un livre ...).

   Au cours de l'entretien, Aurélie a les larmes qui lui montent aux yeux. A ce moment là, elle s'entend dire : "Et bien voilà, moi aussi, je vais me mettre à pleurer !"... belle preuve de correction pour quelqu'un qui se veut au-dessus de tout ... et de tous !

   Plus tard, l'inspectrice lui affirme que puisque cet enfant est précoce, il devrait avoir une meilleure écriture que d'autres  (question : a-t-elle jamais travaillé avec ce type d'enfant ? Sait-elle qu'ils ont de sérieuses difficultés dans le domaine du passage à l'écrit ? Il semble que non ... mais elle est intouchable !

 

      Bref, notre collègue est "cassée" et l'équipe éducative est très en colère.

   

     Pour vous parler d'Aurélie : 25 ans deuxième année d'enseignement avec trois niveaux de classe (grande section, CP, CE1), demande conseil, sans arrêt en recherches et questionnements, travaille beaucoup, sensible, proche de ses élèves et à leur écoute, belle posture cadrante, des idées à revendre. Elle ose "innover" en ouvrant la cloison mobile entre nos classes et ainsi, on travaille à deux professeurs et 38 enfants.O drame !

 

    En y repensant, je me demande s'il n'y a pas eu une pointe de jalousie inconsciente chez cette inspectrice qui a vu quelqu'un mettre en place une classe qu'elle n'a peut-être jamais tenue ou qu'elle n'aurait jamais su gérer alors qu'une jeune collègue y arrive.

 

 

      Je trouve que cet incident, qui n'est pas isolé, illustre ce malaise profond qui touche l'Education Nationale et me viennent un certain nombre de questions :

           - Comment demander aux professeurs de respecter leurs élèves si l'institution ne respecte pas ses professeurs ?

             - Comment juguler la violence des jeunes quand l'institution est violente avec ses propres jeunes ?

            - Pourquoi, dès qu'un enseignant innove ou sort quelque peu des sentiers battus, se heurte-t-il au traditionnalisme éducatif dont on connaît les limites ?

              - N' y a - t - il pas un phénomène de cascade négative : ministère (moins de postes, directives qui reculent...) Inspection Académique, Inspection départementale, enseignants ? Attention, nous allons bientôt maltraiter les enfants si ce n'est pas déjà fait ! (Cela me rappelle l'histoire du papa qui s'est fait disputer par son parton qui rentre à la maison et qui dispute sa femme. Sa femme voit son enfant et le gronde. Celui-ci en bout de chaîne donne un coup de pied au chien)

 

    Plus un enseignant est conforme aux attentes prioritaires du système : cahiers bien tenus sans réflexion de fond (ce qui ne signifie pas qu'il faille les négliger mais de grâce, cessons de privilégier la forme au détriment du fond !), respect strict des emplois du temps (sans respect des rythmes des élèves), élèves en silence qui (n') écoutent (peut-être pas) leur enseignant, évaluations certificatives strictes, cahier du jour où l'erreur est stigmatisée grâce aux corrections de l'enseignant au stylo rouge, punitions... et je m'arrête.

 

     Quand je dis que le cas n'est pas isolé, j'en veux pour preuve ma collègue directrice, la cinquantaine dynamique, toujours en quête d'innovation, d'adaptation, de nouvelles lectures, toujours à nous soutenir dans des projets... Je l'ai vu travailler longtemps avec des enfants cette directrice et je l'ai trouvée vraiment performante, à l'écoute et avec des propositions originales. Elle se fait inspecter et s'entend dire : "Je comprends que vous en soyez là, vous n'avez pas été inspecté depuis 20 ans !". " Là ? Où exactement ? A l'endroit où elle met son expérience au service de ses enseignants ? Et bien tant mieux  si elle en est là ! Cette remarque revient à dire que sans les inspecteurs ou sans cette inspectrice, point de salut. Ils ne sont malheureusement pas toute la journée avec nous et ... nous survivons !

 

        Autre école, autre inspecteur et même problème avec une enseignante ayant le même profil qui, une nouvelle fois, a été défendue par la directrice qui était ravie de voir à long terme son travail auprès des jeunes dont elle a la charge. Ce n'est donc pas un cas isolé.

 

      Nous ressentons, par ces difficultés, le changement politique fort en matière d'éducation en France. On ne souhaite pas que les élèves réfléchissent mais surtout obéissent aveuglément, qu'ils appliquent des procédures, qu'on morcelle l'enseignement avec retour aux niveaux de classe, au saucissonage grammaire, conjugaison, orthographe, vocabulaire...dont on connaît bien les méfaits (le premier étant qu'il n'y a pas de transfert possible : on peut avoir juste à l'exercice de conjugaison et être incapable d'orthographier les verbes dans une lettre à son grand-père)


      On confond rigueur et rigorisme, apprentissage et dressage, respect et obéissance, excellence et traditionnalisme.

 

       Cette inspectrice a oublié un certain nombre de points fondamentaux en matière d'apprentissage et qu'elle est pourtant censée véhiculer :


                        - On apprend uniquement sur ce qu'on sait déjà faire.


                       - On part des réussites, on ne dévalorise pas de manière systématique, ni le travail, ni la personne.

                        - Si on veut que l'apprenant progresse, on lui donne confiance en lui.

                        - Une évaluation ponctuelle d'une demi-heure pour statuer sur les qualités professionnelles d'une personne paraît vraiment succinte.


                        - Pour apprendre, on ne peut pas faire l'économie de la prise en compte des émotions de l'apprenant et de l'évaluateur.

 

   Pour conclure avec un note optimiste sur les inspecteurs, la personne qui exerçait cette fonction quand j'étais directeur à saint Bruno dans le premier arrondissement de Lyon me tenait à juste titre les propos suivants : "Vous savez, monsieur Laurent, j'ai quelques centaines d'enseignants à suivre, seulement 6 ou 7 me posent réellement problèmes et me semblent ne pas répondre aux minimas du métier. Les autres, je dois venir et leur donner toute l'énergie possible pour qu'ils avancent, continuent. Bien sûr, je leur donne quelques petits conseils, quelques changements, mais surtout je les reconnais dans leur profession. Le lendemain de mon inspection, ils doivent revenir à l'école avec encore plus l'envie de bien faire." Cet inspecteur avait tout compris et certainement, les professeurs qu'il a inspectés communiquaient à leurs élèves cette envie d'apprendre.

 

    Dernière anecdote, mes grands ayant vu Aurélie triste et malheureuse ont voulu à tout prix lui envoyer des chaudoudoux. Et pendant une heure de 13 h 30 à 14 h 30, les voilà en train de lui faire des textes, des dessins, des coloriages. Souvent revenaient dans leurs commentaires : "Tu es la plus gentille, tu es une super maîtresse"...


     Et eux, ces élèves, en difficulté ou pas, APIE ou pas, ils l'ont cotoyée plus qu'une demi-heure, Aurélie, et ils savent ce qu'elle leur apporte au delà de l'enseignement : une grande humanité... Et l'essentiel est là, invisible pour les yeux, présent dans le coeur des enfants.

                                                    Jean-François LAURENT

                                                 

 


 


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23 mai 2010 7 23 /05 /mai /2010 19:16

 Le lien Apprentissage et confiance en soi 

      On ne parle jamais aussi bien d’un sujet que lorsqu’on l’a expérimenté soi-même. Sans aller jusqu’à affirmer que le chirurgien soignera mieux un opéré s’il a été opéré lui-même… mais peut-être qu’il aura une attitude quelque peu différente en pouvant mieux se placer en empathie avec son patient.

      Je viens moi-même de vivre une situation très significative sur ce lien si étroit entre la confiance en soi et l’apprentissage :

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     J’ai vécu 25 ans avec une compagne qui me dévalorisait sur de nombreux points. Notamment sur un point précis : le bricolage. De manière très factuelle, je ne savais pas planter un clou sans le tordre, traverser la planche à clouer, planter le clou 2 cm à côté de l’emplacement prévu ou mieux me broyer le doigt de la main gauche qui tenait ledit objet. Mieux ! Puisque mon père me disait toujours : « Pour ne pas se taper un doigt, tiens ton marteau à deux mains » Même comme cela, j’arrivais à me faire mal. Je ne vous parle pas de tapisserie, peinture ou autre, rien n’allait… Bref, le bide total. Mon épouse de cette époque se moquait volontiers de moi, me traitait de bon à rien ou faisait à ma place. Je l’admirais pour cela et me désengageait totalement de cette compétence. Très rapidement, je ne touchai plus un outil et riai de moi lorsqu’on abordait le sujet du bricolage en famille ou en société plus large. Ma réputation était faite, j’y répondais à la perfection et jouais ce rôle d’handicapé de l’adresse manuelle. Il ne fallait surtout pas me parler de bricolage à la maison et je riais de moi-même (certainement pour devancer les moqueries d’autrui qui faisaient moins mal). Je pense que cela venait activer une ancienne blessure avec mon père très doué en bricolage qui ne m’a jamais encouragé, et m’a même dénigré quand j’étais jeune. Tout était en place pour ne pas acquérir cette compétence de bricoleur.

    Changement de vie, changement de compagne et donc d’environnement. Je venais avec mes idées sur moi-même avec cette réplique : « Tu sais ma chérie, pourvu que le lave-vaisselle ne tombe pas en panne, si tel était le cas je te prendrai dans mes bras et je te dirai : viens dans mes bras qu’on se console ensemble ». Ma compagne y croyait puisque je lui avais affirmé être un handicapé du bricolage. Peu de temps après, elle décide de refaire la chambre de sa fille (tapisserie et peinture). Elle démarre le travail et comme d’habitude dans ma vie, je fais autre chose et vient l’encourager régulièrement , mais je ne touche à aucun outil et agis comme j’ai agi depuis longtemps. J’apporte du thé, des petits gateaux… mais je ne trouve pas leur travail correct même si je ne dis rien. J’avais déjà vu des « experts » tapisser une pièce. Je savais comment faire, mais je n’osais pas faire, de manière à répondre au plus juste à mon identité propre.

    Cela n’allait pas, la tapisserie plissait, les lés se chevauchaient ou pas. Bref, malgré toute la bonne volonté du monde, cela ne convenait pas.

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    Je décide (je ne sais pas pourquoi) à me mettre à la tache, et très rapidement la pièce prend forme sous les yeux admiratifs de ma compagne qui se met à m’aider. Je deviens chef de chantier. Ma compagne me félicite, sa fille également. Je suis fier de moi.

    Trois mois passent et de petit bricolage en petit bricolage, même en mettant beaucoup plus de temps qu’une personne habituée, je prends progressivement confiance. J’ose  réparer une chasse d’eau, changer un robinet, une prise électrique, une vitre cassée… et je me révèle, que ce soit à moi-même ou vis à vis de mes proches doué pour le bricolage. J’utilise une perceuse pour la première fois. Je demande à d’autres de m’xpliquer, j’apprends et m’entraîne, m’améliore et aime de plus en plus bricoler, moi qui m’étais identifié comme un handicapé et en riais… pour ne pas en pleurer.

    Six mois passent et je sais maintenant installer des appliques, des radiateurs, repeindre un studio complet pour un résultat  très correct. Même si cela paraît facile pour d’autres, pour moi, ce sont des victoires à chaque fois. Je grimpe mon escalier de bricoleur marche après marche, toujours dans la réussite. Ma compagne toujours m’encourage, me renvoie une belle image de moi, le dit à d’autres. Je suis fier de ce que je fais, j’ai envie de recommencer, de continuer, d’apprendre. Dès que j’ai réalisé un bricolage, je vais chercher ma compagne dans les yeux de laquelle je vois briller cette fierté d’être avec moi, cette fierté de ce que j’ai fait. Elle me félicite, le dit, le vit et je me sens bien. Les chaudoudoux sont présents. J’existe dans ses yeux, dans son cœur, donc dans le mien. 150520101358.jpg

    Dans un mois, je dois refaire une salle de bains et suis pressé d’apprendre. J'ai envie de savoir si je sais faire et je crois en mes possibilités.Je vais regarder sur internet et j’ai demandé à un ami qui refait sa salle de bains de m’inviter à l’aider pour acquérir de nouveaux savoir-faire. je suis pressé de me confronté à cette nouvelle tache complexe.

 

    Qu’est-ce qui a changé pour devenir un autre homme sur ce sujet ? Je me surprends moi-même. Je ne me reconnais plus. Je fais des liens avec ma classe, avec mes petits dont certains sont en difficultés d’apprentissage. Je les encourageais déjà beaucoup, mais j’ai touché du doigt l’importance des encouragements sur l’apprentissage. Comment aider un enfant à apprendre, à oser s’engager dans les apprentissages si ce n’est l’encourager à la moindre réussite. La responsabilité de l’enseignant est engagée sur au moins trois domaines :  

    - D’abord proposer de situations dans la zone proximale de développement des apprenants. Juste ce qu’il ne sait pas encore faire, mais qu’il est capable de réussir. Cet espace entre les deux situations, c’est l’apprentissage des connaissances. Imaginons un enfant en cours d’apprentissage en orthographe à qui on propose une dictée trop difficile dans laquelle il se noie, où il n’arrive pas. Il se retrouve avec « du rouge » de partout, un constat de non réussite, un 0/10, des parents ou enseignants qui le dénigrent… D’où l’importance pour l’enseignant de proposer une difficulté accessible avec des réussites.

    - Donner des idées pour trouver, travailler sur des conseils pour apprendre. La responsabilité de l’enseignant est de mettre en place les conditions de l’apprentissage, la méthodologie. Comme je vais chercher de l’information chez des tiers, sur des notices, chez des amis qui me conseillent, me font voir, m’expliquent, me monterent les gestes à faire, l’enseignant guide l’élève, l’aide à trouver comment apprendre et réussir. La réussite se voit, elle est palpable. L’enfant la mesure. Il en a conscience.

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    - Le troisième point, et c’est celui sur lequel j’insiste, ce sont les signes de reconnaissance positifs, les encouragements inconditionnels, la reconnaissance de la réussite sans lesquels aucun apprentissage ne pourra s’installer, se construire. Or, l’école ne favorise pas cette attitude indispensable à l’apprentissage. Souvent, on place les enfants en compétition au lieu de favoriser la coopération. On les note, les classe. Seuls les meilleurs sont favorisés et se sentent bien. En réalité, tout est fait pour accentuer l’écart entre ceux qui ne savent pas faire et ceux qui réussissent.

     Sans encouragements, pas de réussites, pas de progrès. Ce qui se joue ici, c’est la confiance en soi et l’Ecole doit tout faire pour développer cette confiance. Sans une belle image de lui-même, l’enfant ne progressera pas ou difficilement. Et cette belle image : « croire soi-même en son propre potentiel et exister dans les yeux de ceux qui comptent pour soi ! » Dans le regard de l’enseignant, chaque enfant doit voir briller de la fierté, la croyance en la réussite… et lui dire, que ses parents lui disent, que tout le monde autour de l’enfant, même en grande difficulté, surtout s’il est en grande difficulté, l’encourage sans cesse. On n’apprend que dans le positif, dans la reconnaissance, dans le regard de ceux qui comptent.

      L’apprentissage du bricolage a mis en lumière de manière encore plus forte pour moi, enseignant, l’importance majeure de l’encouragement pour « l’appreneur ou l’apprenti ». J’avais déjà décidé de ne jamais plu mettre une note à un enfant, de travailler énormément sur la confiance en soi. Je savais que c’était important, mais à ce point, je ne pensais pas.

… Sans confiance, pas d’apprentissage…21022010909

        Bien amicalement à tous

                    Jean-François LAURENT

 

 

 

 

 


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15 avril 2010 4 15 /04 /avril /2010 17:45

Bonjour à tous,

 

     Quinze jours loin du tumulte de la vie continentale. Retour aux sources en Corse avec lectures, bricolage, et écriture.

        Dès la semaine prochaine un article sur la viuolence scolaire...

 

      Bien amicalement à tous

              Jean-François LAURENT

              0611703224

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15 mars 2010 1 15 /03 /mars /2010 19:08
  Pour ces régionales, je ne peux m'empêcher d'envoyer un soutien très appuyé à Philippe Meirieu, tête de liste d'Europe écologie.
    Mon point de vue est intellectuel mais également affectif. Philippe Meirieu m'a toujours guidé par ses écrits, ses prises de position, ses vues sur l'enfant et l'éducation. On lui a beaucoup prêté de fausses idées sur la pédagogie qu'il n'avait pas comme opposer pédagogie et savoir, ce qui et un non-sens total. Cet homme nous oblige à réfléchir et nous pousse vers le haut
Philippe-Meirieu.jpg.
     Quand j'ai débuté mon entreprise, il m'a soutenu, m'a envoyé quelques mails de soutien et d'encouragements fort chaleureux. Je lui avais envoyé un de mes manuscrits : Pas de réponse pendant trois mois, puis je reçois un mot écrit de sa main où il s'excusait de son retard alors qu'il avait eu des empêchements importants. je lui avais écrit, il m'a répondu alors que je n'étais connu ni d'Eve, ni d'Adam. Nous avons depuis des échanges, nous avons mangé ensemble. Il m'a écouté. Il est et a été pour moi un homme proche des autres, qui écoute et soutient. C'est également un homme modeste et humble. Je lui avais envoyé un texte que j'avais écrit en son honneur. Il m'
a nommé combien il avait été touché... et moi de même. Au delà de toute couleur politique, j'admire ce penseur du XX et XXI ème siècle.

      Je serai comblé si au cours de la prochaine mandature régionale il occupait un poste à responsabilité dans l'exécutif. Ce serait une grande chance pour nous et les jeunes.

       Toute mon amitié et mon soutien à Philippe Meirieu

   
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8 février 2010 1 08 /02 /février /2010 12:25
         Qu'ils sont sympas et accueillants les Bretons !Je n'avais aucune idée préconçue, mais l'accueil qui m'a été réservé par les membres du conseil d'administration de l'ANPEIP Bretagne finistère retera gravé en moi comme un très beau et chaud souvenir.

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      Merci à Anne, vice présidente fraichement élue, Joëlle, la présidente de l'ANPEIP et tout son bureau.
       Mais parlons aussi travail où j'ai animé une conférence à chateaulin où une grosse centaine de personnes s'était rendue alors qu'il y avait un magnifique soleil.
   Conférence qui a porté sur les émotions des enfants, mais également des adultes dits préoces, mais que j'appelle APIE (Atypique Personne dans l'Intelligence et l'Emotion. Un beau partage avec les pârticipants, y compris les jeunes de 7 à 14 ans qui étaient une vingtaine et qui ont été super !
   Parler d'émotions quand on le vit, les comprendre et faire avec. Accepter cette différence qui est aussi richesse.

 

















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26 décembre 2009 6 26 /12 /décembre /2009 13:03


A tous, je souhaite de joyeuses fêtes !

                 Jean-François LAURENT

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22 novembre 2009 7 22 /11 /novembre /2009 12:45
             Cette semaine, qu'ai-je appris sur mon travail ? Quelquefois, j'ai des révélations de l'évidence et là, je souhaite vous en communiquer une.


     Dans la classe de cycle où je travaille  avec des enfants qui est mon terrain d'expérimentation, j'ai pris conscience de la notion de temps dans l'apprentissage.

    Je souhaite développer entre autres chez ces enfants de 6 ans à 11 ans tous atypiques la rigueur dans la présentation des cahiers. rien de plus classique pour l'instant. C'est la manière qui m'a interpellé. Comme ils sont plus que très fragiles, j'ai dans l'obligation de prendre de multiples "pincettes "pour leur parler. Alors j'ai pris le temps de poser des exigences très progressivres tout en encourageant systématiquement les enfants et en leur renvoyant une belle image. : "Oui, c'est bien, je vois que tu t'es appliqué, mais demain, tu utiliseras un crayon à papier !"    je leur ai demandé très progressivement de souligner au stylo vert, à la règle, à tel endroit, en s'appliquant sur la calligraphie, l'espace, l'orthographe...

    Je m'en voulais de ne pas exiger un travail beau tout de suite... Encore une fois, je vais être traité de démago ou pédago laxiste ...  Et je les ai vus très rapidement améliorer leurs réalisations de page en page. D'habitude, l'enseignant rigoureux (celui qu'on a en tête, que les parents ont en tête, le sérieux quoi !) fait refaire jusqu'à ce que le produit soit parfait , bien présenté, propre... et déchire la feuille ou fait recommencer tant que le résultat n'est pas atteint.. Oui, cela laisse des traces dans le coeur des enfants. ils peuvent être déçus, humiliés, tristes, en colère, crient à l'injustice. Bref, pas cool pour ceux qui n'y arrivent pas.

   Et là, en ne travaillant que sur un critère à la fois et en respectant énormément leur travail tout en étant très exigent et doux, je les ai vus s'améliorer très vite. J'en ai été surpris et cela m'a interpellé. Pourquoi vouloir tout tout de suite et ne pas leur laisser le temps de ces apprentissages ? Quel est l'enjeu que l'enfant réussisse tout de suite ? La fierté du prof, la crainte des parents, le désir de pouvoir tout obtenir des enfants tout de suite ? ? ? Tout à la fois ? maintenant, ils ont tendance à trop charger leur décoration. Pas grave, cela va venir dans le mois qui vient. Il me semble qu'en procédant avec patience et en positivant au maximum tout en nommant ce qu'on attend la prochaine fois, on développe chez les enfants le goût , le plaisir du travail bien fait, la confiance en soi et un renvoi d'une belle image. J'ai regretté d'avoir été souvent impatient dans l'apprentissage et de tout vouloir tout de suite.




Sur la photo, nous voyons trois enfants de niveau et d'age très difféfférent travailler .


    Bien amicalement à tous
                      Jean-François LAURENT





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21 septembre 2009 1 21 /09 /septembre /2009 09:46

                                                                                                                           Vous trouverez sur le blog dans la rubrique :

    "Nouvelle classe de cycle trois"
un texte de synthèse intitullé :

           "Enfants intellectuellement précoces et en rupture scolaire ensemble"

à 15 jours de la rentrée des classes qui pose un certain nombre d'éléments d'analyses, réactions...

     Bien amicalement
                                      Jean-François

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26 avril 2009 7 26 /04 /avril /2009 10:59

"CLASSES TOURBILLONS, 1 Possible" vient de paraître aux éditions Hommes In Idéees que vous retrouvez sur le site : www.hommes-in-idees.fr

     

 

         Ce livre a été écrit au fil de l'année scolaire, suite à une demande de travail sur une classe à effets "tourbillon" de CM2 : des enfants qualifiés d'agités, bouillants, effrontés, violents, malpolis… sur qui aucune punition n'avait d'effets, une classe posant de nombreuses difficultés de comportement, une classe qu'on laisse sans regret. Or, il est possible de travailler avec ces enfants, faut-il faire autrement, utiliser d'autres méthodes.

        Cet ouvrage s'adresse à des enseignants ou formateurs et décrit cette expérimentation originale avec des éléments concrets : exemples de conflits, situations de classe, outils utilisés, méthodes… tout en s'appuyant sur les théories de la gestion non violente des conflits et de la médiation.

         Rien n'est jamais perdu. Ils avaient répondu à l'image et la réputation  qu'on leur collait depuis trop longtemps. Ils avaient perdu confiance en eux. Ensemble, nous avons réussi un nouveau démarrage.


 Pour le contacter : www.hommes-in-idees.fr   ou contact@hommesinidees.fr 

 

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Qui Suis- Je ?

  • : Le blog de Jean-François LAURENT
  • : Présentation de mes activités de formateur, conférencier et écrivain dans les domaines de l'éducation : enfants intellectuellement précoces, HPI, EIP, APIE, ainsi que tout ce qui touche l'autorité, la violence, le conflit, les règles dans les établissements scolaires. Me retrouver sur le site : www.jeanfrancoislaurent.com
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