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14 avril 2012 6 14 /04 /avril /2012 14:57
    Jean-François Laurent, avant de se rendre à Meaux début mai, se rendra en Italie au congrès de la MLF (Mission Laïque Française) où il interviendra sur la précocité intellectuelle. Il relatera en duo avec Brigitte Faoder, directrice de l'EAB (Ecole Actuelle Bilingue de Dakar) où se vit un projet de classe APIE de cyce trois. En début d'année, J-F L s'est rendu une semaine à Dakar pour travailler sur ce projet de classe APIE.

 

 

 

affiche finale colloque meaux

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27 février 2012 1 27 /02 /février /2012 18:40

Je suis régulièrement interpellé par des parents d'enfants APIE (précoces, hauts potentiels...) qui souffrent à l'école. En deux jours, je reçois deux mails poignants d'enfants en souffrance.


   Quel est leur profil ?


  Souvent ce sont des garçons. Comme le dit très bien Olivier Revol, les garçons ont une précocité extravertie tournée vers les autres et l'extérieur alors que les filles ont une précocité introvertie, tournée sur elle-même.


   Ils sont hypersensibles explosifsIls se confrontent au cadre, désobéissent, bougent sans arrêt, ressentent souvent de l'injustice et ne contrôlent pas leurs réactions. Ils peuvent ainsi faire beaucoup de bruit, se saboter en classe et se faire reprendre en "flot continu"

 

  Ils se sentent mal aimés que ce soient par leurs camarades ou par les professeurs. Souvent, ils ont une figure d'attachement dans l'école, un adulte qu'ils adorent et sur lequel ils ne tarrissent pas d'éloges. Ils sont souvent maladroits dans leur approche des camarades, ne savent pas faire, sont en décalage, rentrent en contact en force et suscitent moqueries, mise à l'écart, au risque du bouc émissaire.

 

   Des aimants à punitions : Ils suscitent souvent la colère des encadrants, des professeurs, surveillants qui n'hésitent pas à les punir souvent puisque souvent ils transgressent les règles de façon assez grossière (opposé à caché ou sournois). Ils ne se cachent pas pour rire trop fort, renverser un camarade, un verre, casser un objet... et de ce fait, quand ce n'est pas eux, cela tombe sur eux.

 

   Souvent accusés : parfois coupables, parfois pas, mais leur réputation les suit ou les précède. "C'est encore XXX" Ils excèdent leurs professeurs qui ensuite ne peuvent plus poser un regard serain sur le jeune APIE.

 

   Des réunions en cascade : Les parents sont régulièrement convoqués à l'école pour entendre une litanie de plaintes sur le comportement de leur rejeton. Des réunions où personne n'a la solution. Normal, ces réunions devraient être faites pour poser la problématique de l'enfant et non rechercher des solutions. Formulé autrement, il faut aller chercher le pourquoi de ces symptômes plutôt que comment les contenir. Aller à la cause plutôt qu'aux effets.

 

   Et pourtant de bons résultats : C'est ce qui est le pire pour les professeurs et on peut les comprendre. Alors que l'enfant donne toutes les apparences de ne pas suivre, de passer son temps à déranger la classe, il arrive à avoir de bons résultats scolaires, surtout dans les petites classes.  Il renvoie à l'incpompréhension du professeur, voire son inutilité.

 

  Au delà des discours, je vous laisse découvrir deux témoignages qui décrivent de l'intérieur ce que vivent ces enfants à profil bien atypique et "insupportables" pour l'institution.


  Ci-dessous, voici quelques extraits de ces mails : 


Pierre a de gros soucis relationnels, il a très peu confiance en
lui (bien qu'il ne le montre pas du tout au contraire!) et a besoin de
sentir que ses copains (...?!) et ses enseignants l'aiment. Pour cela il va
être dans le contact et l'occupation (voire l'envahissement) de leur espace
: résultat = rejets répétés, insultes, bagarres. Sauf que Pierre
ne veut pas se laisser faire et ne veut pas en parler aux adultes (car il a
peur que çà empire). Résultat: les enseignants le considèrent comme
responsables de ce que lui font les autres et empirent le phénomène par des
punitions, des cris ... dont les conséquences sont : plus grande
dévalorisation, révolte (en parole et en acte : les 2 dernières : "puisque
je n'ai pas de droit, je n'ai pas à obéir" …

…« Il est tout temps en train de bouger sur sa chaise, de jouer avec
sa trousse.... Réponse de ma part: il ne sait pas se concentrer autrement
qu'en faisant plusieurs choses en même temps. Réponse de la maitresse : oui
mais les autres font pareil et eux ils ne peuvent pas faire plusieurs
choses. La messe était dite! Evocation de l'injustice ressentie par Pierre
sur certaines de ses décisions, sanctions, punitions, sur le fait que les
autres enfants ont bien compris qu'il suffisait souvent "d'accuser" Pierre
pour qu'il soit puni. Réponse c'est Pierre qui provoque. »…

 

Autre enfant :

     « … Il a rencontré très tôt (trop tôt) des soucis de comportements. Nous avons été mon conjoint et moi très vite alertés, convoqués. Cela n’a pas été simple de se retrouver face à la direction, la maitresse de maternelle de l’époque et vous-même. Nous étions abasourdis car tout le monde semblait s’inquiéter pour notre enfant, qui débordait sans cesse du cadre institutionnel. La colère, la trop forte colère était son seul moyen d’expression. Il semblait ne pas être en adéquation avec lui-même, mais je ne comprenais pas ce qui se passait en lui. Je notais simplement qu’il était sensible au toucher, que cela lui permettait de se calmer  La projection d’un enfant différent n’est pas simple à accepter, ni même à envisager. Je notais chez Noah une extrême sensibilité, un besoin d’être canalisé à la fois en douceur, mais aussi fermement. A la maison nous avons été en difficulté face à Noah qui avait du mal avec les règles. Nous tentions la fessée, la punition et nous en avions fait part lors de cette réunion à laquelle vous assistiez. Je me souviens de votre réaction face à cela, de votre mise en garde quant à la blessure, à l’impact que cela pouvait avoir… »

     « …A l’école les choses se sont un peu calmer en surface mais pas au creu de mon enfant. Il sortait souvent en larmes, très énervé, mal dans sa peau il s’est mis à se ronger les ongles et je voyais dans son regard un appel à l’aide assez clair. Les convocations auprès de la maitresse étaient régulières, elle était assez désemparée et traduisait le comportement de Noah qui bougeait beaucoup comme étant une atteinte à son autorité et attendait de nous qq chose implicitement de l’ordre d’une action empreinte d’autorité. J’avais à la fois conscience des difficultés que pouvait générer le comportement de mon enfant au sein d’une classe et je le voyais, je le sentais se perdre lui …Le désarroi total.

       Je n’étais pas en phase avec mes propres représailles, mes propres punitions que j’avais mis en place en lien avec les différentes rencontres parents –profs ou parents direction. Suite à la demande de la directrice j’ai pris rendez vous auprès d’une pédopsychiatre qui je crois à été salutaire pour mon enfant. Elle nous a parlé d’une éventuelle précocité (que l’école avait anticipé en mettant Noah dans une classe de cycle  grande et moyenne section de maternelle)…

Elle a suivi Noah et n’a noté en lui aucun trouble d’hyperactivité, ni psychique grave. Mais elle a pointé cette trop grande sensibilité, sous cette apparente exubérance  provocatrice ( faire du bruit en classe, chute de sa chaise, chute des crayons, se lever  refus des règles etc) jouant contre lui et n’étant qu’une forme de protection face au peu d’estime qu’il avait de lui-même ….Les apparences pures et dures ne reflétant pas sa souffrance, mais l’amenaient à subir le rejet( Noah était très souvent parachuté dans une autre classe  notamment durant les classes de maternelle )et subissait les remontrances fortes de la maitresse ce que je ne juge pas, car je sais que c’est très compliqué de gérer qq chose que l’on ne comprends pas. Néanmoins la souffrance de Noah n’a pas été entendue par le corps enseignant et cette forme d’injustice contribuait aussi à son mal être… »

 

     « …Aujourd’hui, Noah est en CE1 les notes sont pour l’instant très bonnes, mais son comportement est toujours délicat. Il est taquin cherche tj à se faire remarquer en classe pour être certain qu’on ne l’oubli pas…C’est vrai que c’est souvent exagéré, il réagit trop fort, trop vite, et très mal. Ce qui lui vaut des remontrances de la maitresse et ensuite les moqueries de ses camarades. Il prend ses dernières très à cœur et réagit vivement en classe ou dans la cour d’école. Ce qui là encore, le conduit à subir des remontrances devant ses camarades. Il vit cela très mal et ne comprend pas que l’on puisse se régaler des malheurs des autres. Cela vient encore entamer son estime de soi déjà bien mise à mal. Toute fois je sais que lui aussi peut être moqueur, il me dit que c’est pour se venger de leurs rires …. Il y a un phénomène de groupe qui s’est installé. Le «  chef » dit haut et fort que Noah est un bébé ou débile, qu’il ne faut pas aller à son anniversaire (ce qui s’est passé pour la moitié d’entre eux) qu’il ne faut pas jouer avec lui à la récré… Il réagit à cela vivement à ce type de propos et cela fini toujours par mal finir. Nous avons des parents dont la fille est en cours avec Noah, elle nous raconte exactement ce que Noah nous a dit tous ces mois. Un autre de ses camarades m’a dit la même chose «  Noah supporte pas qu’on se moque alors il réagit et les autres se moquent encore plus Noah se défend en envoyant tout balader sur son bureau, la maitresse le punit et les autres se moquent beaucoup encore. » Une 3ème petite m’a dit que lorsque les enfants faisaient exprès d’embêter  Noah, ils allaient ensuite se plaindre à la directrice en accusant Noah, qui là encore se faisait rabrouer. C’est un phénomène sans fin. Récemment Noah a subi les moqueries d’une camarade il a réagit en la poussant, elle s’est faite mal au nez et a saigné. Evidemment c’est inacceptable il a donc été fortement disputé par la directrice. Mais qui prend on compte un cœur qui saigne de l’intérieur ? Qui va agir pour protéger ces cœurs ? Comment exprimer cela aux professionnels qui semblent ne rien voir ? Je suis à la fois tellement attristée et désemparée car je me sens bien impuissante face à ce qui se passe à l’école. Nos tentons de le réconforter au mieux, de lui donner confiance tout en veillant à ne pas le victimiser ce qui serait à mon sens très préjudiciable pour lui. Mais seuls nous ne pouvons rien, l’école, les autres contribuent eux aussi à son développement… »


     Favorisons la recherche des causes pour atteindre les effets

       Nous oublions trop souvent que ces enfants sont en grande souffrance intérieure. Ce qui ne veut pas dire que leur comportement est acceptable. Mais ce ne sera qu'en allant chercher leur grande souffrance en eux qu'on arrivera à améliorer leur comportement et non en cherchant à modifier, contenir ce comportement. Allons chercher au delà des apparences, comme si ces enfants jetaient à la vue des adultes des leurres pour cacher leurs souffrances, leurs faiblesses. Des enfants avec une image d'eux-même très abimées, à la fois par leur propre comportement qu'ils jugent mauvais, donc ils sont mauvais; mais également par le renvoi qui leur est fait : punition, colère, rejet...

 

    Des pistes à explorer : 

    - Accélérer le parcours scolaire de l'enfant

    - Passer un contrat écrit avec lui

    - Suivi psychologique ou du moins travail sur soi.

    - Supprimer toute punition et aller dans le registre des sanctions réparatrices

     - Recherche d'un tuteur qui n'est pas obligatoirement l'enseignant titulaire de la classe de l'enfant

      - Tenter de ne pas rester dans le conflit entre l'équipe enseignante et les familles. chacun se juge incompétent. Amener des tiers dans les réunions (psy, médecin, psychomotricien...)

       - Proposer un cadre ferme et bienveillant à l'enfant. Parler de ces problèmes, mais également de ce qui fonctionne bien, de ses richesses, ses qualités.

       - Parler à l'enfant de sa précocité, lui expliquer son fonctionnement.

 

     Bien à vous,

         Jean-François Laurent

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28 janvier 2012 6 28 /01 /janvier /2012 08:52

 

Meaux, belle organisation en perspective !

 

 

affiche finale colloque meaux

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19 janvier 2012 4 19 /01 /janvier /2012 19:54

"J'ai jamais compris les gens qui usent de leur regard noir pour faire souffrir les autres. Pourquoi quand ils le font, un sourire vicieux s'installe sur leurs lèvres ? Et comment peuvent-ils "jouir" en les voyant s'effondrer ?


   Ce qu'ils ne savent pas, c'est qu'au fond, le peu de confiance qu'ils ont obtenu au cours de leur parcours s'envole en un clin d'oeil. Je sais ce que je dis car ça, je l'ai vécu pendant presque deux ans. J'ai subi les moqueries des autres pendant tout ce temps. Le peu de bonheur que j'avais se détruisait rien qu'avec leurs paroles.

    Heureusement, j'ai su m'endurcir et aujourd'hui, ces mots me touchent beaucoup moins que quand j'étais "jeune".

    Je n'ai qu'une chose à dire aux personnes qui subissent la cruauté des autres, à ceux qui se fracassent la gueule à chaque rire moqueur. Oui, je n'ai qu'une chose à leur dire : Don't worry, be APIE". Les gens que vous aimez, vos frotteurs de lampe seront toujours là pour vous.

     Quelqu'un me l'a rappelé hier...

2011-09-14-19.30.35.jpg

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7 janvier 2012 6 07 /01 /janvier /2012 22:08

   Jean-François Laurent quitte son île pour une semaine à Dakar au Sénégal et l'école bilingue qui développe un magnifique projet sur l'accueil d'enfants précoces. Après des contacts avec l'enseignant de la classe de cycle 3, J-F Laurent a été en lien avec la directrice qui lui a demandé de venir sur place.

   Tous les matins seront consacrés à un travail de co animation de classe avec l'enseignant titulaire de la classe spécialisée dans l'accueil des enfants précoces ou comme J-F L les nomme : des APIES.

    Les après-midi seront consacrés à des modules de formation et des conférences avec tous les acteurs du système : enseignants, parents, personnel d'éducation.

   Les thèmes abordés tourneront autour de la précocité intellectuelle et la gestion de leurs émotions ainsi que leur gestion au quotidien dans la classe.

    Une part importante des formations aura également pour objet la médiation scolaire et l'évaluation. Les problématiques d'autorité, de gestion des conflits, de gestion des transgressions  de règles seront au programme.

   Une semaine riche de rencontres, d'échanges...

017-copie-1.JPG

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12 décembre 2011 1 12 /12 /décembre /2011 17:26

      Cette question du cadre est essentielle lorsque vous avez des enfants, mais encore plus quand ceux-ci ont un profil d'APIE ou de précoce, utilisez le terme que vous voulez. Et ce cadre est de plus en plus difficile à tenir alors qu'il est essentiel.

   En conférence, je parle de la règle du "Non! non ! non ! oui !"


- "Papa, je peux allez jouer dehors ?

- Non !

- Papa, allez, je peux y aller ?

- Je t'ai dit non mon fils !

- Allez, c'est pas juste, tu m'interdis tout, tout le temps, je ne peux jamais rien faire ! Allez papa ?

- Bon d'accord, vas-y !"

  Dans cet exemple quelque peu caricatural et raccourci puisque la négociation peut durer longtemps, le cadre est posé au départ, mais il n'est pas tenu ni respecté par l'enfant. Que va-t-il ressentir à ce moment là ? D'abord de la satisfaction d'avoir obtenu ce qu'il voulait, puis de la gêne, voire de l'angoisse. "Je peux obtenir tout ce que je veux, mais en cas de coup dure, que va-t-il se passer ? Qui va me protéger ? Et si je déborde, qui va me contenir ? Sur qui vais-je pouvoir m'appuyer si je vais mal ?

   Toutes ces questions vont sournoisement et petit à petit renter dans les schémas de votre enfant qui risque de développer des angoisses, de l'agressivité ou un quelconque autre symptôme handicapant. Pour ma part, un enfant APIE qui n'a pas de cadre ou un cadre beaucoup trop fluctuant, flou et non contenant risque de développer des pathologies sévères.

   Il est donc indispensable de tenir ce cadre. Mais je ne peux résister au besoin de préciser : un cadre "BIENVEILLANT". Nous pouvons utiliser pour cela des techniques issues de la médiation ou de la communication non violente.

   Vous expliquez la règle, en quoi elle protège, vous parlez de vous avec des phrases "je", ce que vous ressentez, comment vous vivez la scène , le conflit, la résistance... Mais vous ne cédez pas. Si votre enfant ne comprend pas ou ne veut toujours pas comprendre malgré vos explications, vous pouvez avoir un dialogue de ce registre : 

    "Ecoute, je t'ai déjà refusé trois fois de sortir, je te l'ai expliqué, je comprends que pour toi ce soit dure ou pas ce que tu voulais, mais je ne changerai pas de position pour ce soir. Alors, je ne souhaite plus avoir cette demande pour ce soir. Pourquoi insistes-tu tant ? Qu'y a-t-il d'autre ? Il n'y a rien, alors je comprends que tu sois triste, mais je ne cèderai pas !"

   - Si le jeune revient encore à la charge, vous stoppez pour ne pas tomber dans du jeu et la recherche d'obtenir gain de cause en culpabilisant le parents. Quand vous entendez des mots comme "toujours", "tout le temps", "jamais", attention, signal d'alerte. Ces mots définitifs peuvent cacher d'autres dessins. relevez-les avec humour, (si vous en avez l'énergie)

 

   Ils sont beaux mes discours, mais quand vous rentrez d'une journée de travail fatigué (e), et que deux bambins viennent faire le siège de leurs envies et de votre lassitude, je comprends bien qu'on puisse céder...

michael-mariage-017.JPG

    Tenir le cadre des règles, des règles qui ont du sens et qui protègent, qui ne sont pas là parce que c'est comme ça! et les tenir pour rassurer l'enfant, lui permettre de grandir en sécurité affective. J'ai trop d'exemples d'enfants à l'école qui manquaient de cadre et à qui on laissait faire trop de choses. Certains peuvent finir par terroriser leur entourage. J'ai souvenir d'une petite voisine qui ne s'endormait qu'après avoir fait un tour de voiture, et cela jusqu'à trois ans, jusqu'à ce que son papa pose un cadre ferme et bienveillant, mais très ferme... et l'enfant s'est habituée à s'endormir dans son lit en deux jours. Elle était APIE et avait bien compris les failles de ses parents et en jouait, et en souffrait.

     Belle journée à tous

        Jean-François Laurent

 

     

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4 décembre 2011 7 04 /12 /décembre /2011 22:31

 

 

 

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INTERVIEW PAR LIONEL JANIN - CONFÉRENCEEnfants précoces : des loupes à émotion
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le 02/12/2011 à 05:00 par Par Lionel janin Vu 154 fois
Jean-François Laurent est un enseignant devenu formateur et conférencier spécialiste des enfants précoces. Photo DR

Jean-François Laurent est un enseignant devenu formateur et conférencier spécialiste des enfants précoces. Photo DR

Jean-François Laurent est devenu un expert national des enfants précoces, notamment de leurs surémotivités et de leur relation délicate avec l’école.

Jean-François Laurent, vous allez intervenir sur la gestion des émotions des enfants précoces. Pourquoi ce thème ?

Ces enfants sont des hypers sensibles. Ils ressentent toutes les émotions avec un effet loupe. Tout est exacerbé, que ce soit du bon ou du mauvais côté.

Et il est important de mettre l’accent là-dessus ?

Oui. D’abord parce que c’est ma spécialité ! Moi je suis enseignant-parent-formateur, et ma spécialité est le travail sur les émotions. Ces enfants ont des idées noires… ils ne savent pas quoi faire de leurs émotions et c’est compliqué à l’école et pour les parents.

Vous avez choisi de parler d’Apie plutôt que de précoces. Pourquoi ?

C’est Atypique personne dans l’intelligence et l’émotion. J’ai inventé ce terme car il faut savoir que la personne n’est pas surdouée. La précocité, c’est à la fois dans l’intelligence et dans l’émotion.

Qu’allez-vous dire à cette conférence ?

Je vais donner des clés, décrire comment ils peuvent fonctionner et donner des conseils pour travailler la confiance en soi et surtout, comment on vit avec ces enfants à l’école et à la maison.

Quels seraient les conseils de base ?

Leur donner confiance en eux. C’est un peu comme Aladdin : il faut bien frotter la lampe pour que le génie sorte ! Il faut aussi beaucoup cadrer ces enfants. Sinon, il éclate. Appliquer une fermeté bienveillante. Mais le premier conseil est d’encourager les parents à se rapprocher d’associations d’enfants précoces.

Êtes-vous une Apie ?

Oui, bien sûr. Il n’y a pas de personnes qui s’intéressent aux Apies qui ne le sont pas !

Conférence et débat samedi 3 décembre, à 14 heures, maison des syndicats, à Chalon. Entrée 5 €.

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2 décembre 2011 5 02 /12 /décembre /2011 17:46
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EN BREFChalon
Chalon

Instituteurs de formation, Jean-François Laurent est devenu un expert national de la question des enfants précoces. En s’appuyant sur son expérience, il a mis en place des méthodes pédagogiques qui font aujourd’hui école. Formateur, chercheur, conférencier et écrivain, il donnera une conférence le 3 décembre, à partir de 14 heures, à la maison des syndicats de Chalon, avec pour thème « enfants précoces : gérer leurs émotions au quotidien à l’école et à la maison. » Une conférence de deux heures suivie d’un débat, le tout organisé par l’Anpeip-Bourgogne. Entrée 5 euros.

 

INTERVIEW PAR LIONEL JANIN - CONFÉRENCEEnfants précoces : des loupes à émotion

Jean-François Laurent est un enseignant devenu formateur et conférencier spécialiste des enfants précoces. Photo DR

Jean-François Laurent est un enseignant devenu formateur et conférencier spécialiste des enfants précoces. Photo DR

Jean-François Laurent est devenu un expert national des enfants précoces, notamment de leurs surémotivités et de leur relation délicate avec l’école.

Jean-François Laurent, vous allez intervenir sur la gestion des émotions des enfants précoces. Pourquoi ce thème ?

Ces enfants sont des hypers sensibles. Ils ressentent toutes les émotions avec un effet loupe. Tout est exacerbé, que ce soit du bon ou du mauvais côté.

Et il est important de mettre l’accent là-dessus ?

Oui. D’abord parce que c’est ma spécialité ! Moi je suis enseignant-parent-formateur, et ma spécialité est le travail sur les émotions. Ces enfants ont des idées noires… ils ne savent pas quoi faire de leurs émotions et c’est compliqué à l’école et pour les parents.

Vous avez choisi de parler d’Apie plutôt que de précoces. Pourquoi ?

C’est Atypique personne dans l’intelligence et l’émotion. J’ai inventé ce terme car il faut savoir que la personne n’est pas surdouée. La précocité, c’est à la fois dans l’intelligence et dans l’émotion.

Qu’allez-vous dire à cette conférence ?

Je vais donner des clés, décrire comment ils peuvent fonctionner et donner des conseils pour travailler la confiance en soi et surtout, comment on vit avec ces enfants à l’école et à la maison.

Quels seraient les conseils de base ?

Leur donner confiance en eux. C’est un peu comme Aladdin : il faut bien frotter la lampe pour que le génie sorte ! Il faut aussi beaucoup cadrer ces enfants. Sinon, il éclate. Appliquer une fermeté bienveillante. Mais le premier conseil est d’encourager les parents à se rapprocher d’associations d’enfants précoces.

Êtes-vous une Apie ?

Oui, bien sûr. Il n’y a pas de personnes qui s’intéressent aux Apies qui ne le sont pas !

Conférence et débat samedi 3 décembre, à 14 heures, maison des syndicats, à Chalon. Entrée 5 €
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30 novembre 2011 3 30 /11 /novembre /2011 22:56

 

    En fin de conférence, nous avons souvent une étape de questions / réponses avec le conférencier qui est appelé à préciser ses pensées.

   Une des premières questions que nous retrouvons souvent est la suivante : 

 


    - Faut-il proposer des classes ou écoles spéciales pour enfants précoces ?

    - Je ne suis pas pour des classes "ghettos" pour les enfants précoces, ni pour les autres d'ailleurs. Il me semble pertinent de rechercher une grande hétérogénéité des classes. Un APIE, encore plus que les autres, va gagner en étant dans une classe où l'hétérogénéité est la règle. Moi-même, j'ai créé une classe où nous avons mélangé les tranches d'age (de 7 à 11 ans), mais également les profils (des enfants APIE qui vont bien, d'autres moins ainsi que des enfants standards en difficultés scolaires). Puis, comme cela ne suffisait pas, nous avons mélangé régulièrement les deux classes de cycle deux et cycle trois, c'est à dire des enfants de 4 à 12 ans.


    Je suis favorable à ce que les enfants soient éparpillés dans des classes ordinaires avec des temps qui leur sont réservés et où ils se retrouvent entre eux sur des projets spécifiques pendant quelques heures hebdomadaires.

    Pour le collège, nous pouvons concevoir des classes notamment en 6ème et 5ème où des enfants APIEs se retrouvent plus longtemps avant qu'ils retrouvent le cursus ordinaire.

     Je ne suis pas, sauf immense souffrance du jeune, pour des écoles ou collèges spécialisés.

 


     - Faut-il leur dire qu'ils sont APIEs ?

  - Cela dépend si l'enfant en a besoin ou s'il le demande. S'il est en souffrance, il a besoin de savoir ce qu'il a, qui il est, comment il fonctionne. Cela va pouvoir peut-être l'éclairer et le soulager. Il va mettre des mots sur ce cerveau qui ne s'arrête jamais, sur ces émotions qui le débordent, sur ce sentiment d'injustice, sur ce décalage avec les autres qu'il ne comprend pas. Il peut moins se sentir seul dans sa famille également.

    Un APIE qui n'a pas connaissance de son atypie pense qu'il est fou et que la vie est trop dure. Cela va certainement l'apaiser...

 


   - Et la question du saut de classe ou du redoublement ?

  Quand l'enfant va bien, qu'il est heureux de vivre, que ses résultats sont bons et qu'il apprend, que ce soit à l'école ou à la maison, il faut continuer dans cette voie et laisser l'enfant poursuivre son chemin scolaire.

   La question du passage anticipé se pose lorsque l'enfant ne va pas bien, qu'il perturbe la classe, qu'il fait des cauchemars, qu'il s'ennuie, rêve, est irritable, pleure souvent… J’ai de nombreux exemples d’enfants à qui on a accéléré le parcours et qui a vu les symptômes qui le gênaient s’estomper. Les enseignants doivent se poser la question du risque : Dans quelle classe y aura –t-il le plus de chances que l’enfant soit bien ? S’il reste dans son cursus, que va-t-il se passer si on ne change rien ? L’enfant risque souvent de reproduire le même comportement qu’il avait. Mais si l’on change des paramètres, va-t-on aggraver ou améliorer la situation de l’enfant ?

     Quant au redoublement, je suis globalement très réservé. Dans de nombreux pays, le redoublement n’existe pas. C’est une réponse purement culturelle qui se pose pour les enfants standards, mais de façon encore plus cruciale pour des enfants APIEs. Le risque de la blessure narcissique est très forte, trop forte et n’apporte pas les bonnes réponses au jeune. Elle renforce une image négative. La réponse du redoublement me semble que très peu efficace, même si j’ai des exemples contraires.

     Si le jeune est volontaire, accompagné, que le redoublement est vécu comme un nouveau départ, s’il reprend confiance parce qu’il obtient de bons résultats, mieux intégré avec ses camarades, qu’il se sent plus fort, il peut repartir sur d’autres bases et à ce moment là, le prolongement du cycle sera une réussite.

   Peut-être à Chalon sur Saône samedi ou à Montauban quinze jours plus tard.

       Bien amicalement

                 Jean-François

 

   

 

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22 novembre 2011 2 22 /11 /novembre /2011 20:18

 

"Bonjour,

J'étais à la conférence que vous avez donné avec Olivier Revol, samedi dernier à Annecy.
J'ai échangé quelques mots avec vous à la fin, à l'extérieur, vous étiez en train d'allumer votre cigarette ; je n'ai pas voulu vous prendre trop de temps, beaucoup de personnes avaient, je crois, envie de vous remercier.
J'en profite pour vous dire à nouveau à quel point vos interventions m'ont touchée ; vous entendre parler avec autant de tendresse de ces enfants qui ne rentrent pas dans le moule parce qu'ils sont trop… trop tout !
Et je vous ai entendu parler de moi, quelle émotion ! j'ai appris il y a 1 an que j'étais une APIE ; sénior, mais les particularités sont toujours là !
Mes 2 enfants, 13 et 7 ans le sont et en apprenant que je l'étais moi-même, je me suis dit que c'était une belle richesse à partager avec eux et que je pourrais me faire confiance pour les élever.
Voilà, votre intervention a fait remonter beaucoup d'émotion à la surface et c'est tant mieux.
Bonne continuation à vous et merci de ce regard profondément humain.
Très cordialement

Bonjour
 
Merci beaucoup pour l'extrordianire qualité de votre intervention, nous avons des retours extrèmement positifs. Il s'est dégagé dans cette matinée une réelle émotion de votre humour et complicité intellectuelle avec Olivier Revol.
 
Nos efforts ont largement été gratifiés par la réussite de cette matinée grâce à vous.

Bonjour Jean-François,

 

Merci pour ce message chaleureux, qui nous fait du bien à l’heure des rangements et des bilans.

Vos livres sont partis comme des petits pains, gageons qu’ils vont circuler et que des enfants vont en profiter plus ou moins directement. L’APIEculture va ainsi devenir une cause reconnue, et je m’en réjouis, car pour certains il y a urgence.

Mon seul regret est que nous ne sommes pas parvenus à faire connaissance samedi, c’est donc partie remise. Je continuerai de vous lire en espérant vous croiser à l’occasion.

Bon retour en Corse,

 

 

j'avais pris le temps de vous découvrir sur votre blog....avant de vois rencontrer, enfin, samedi à Annecy. et là, grand grand moment de bonheur ! J'ai commencé votre livre qui est tour à tour poignant, drôle, émouvant...
J'espère que nous pourrons échanger à nouveau très bientôt. Vous le direz quelles sont vos disponibilités. Bravo pour votre conference ! votre complétude avec Olivier REVOL est extraordinaire. C'était un moment fabuleux.
tout de bon !
Bien à vous

 

 

 

Bonjour,
Merci pour votre travail...
J'étais à la conférence ce matin (un peu par hasard, c'est compliqué) et j'ai été littéralement émerveillée par vos paroles... J'ai pleuré du début à la fin... je crois de soulagement, de reconnaissance-reconnexion. Je vous envoie un bon de commande pour vos livres (ils se sont tellement bien vendus que je les ai laissés).
Merci encore,
 
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Qui Suis- Je ?

  • : Le blog de Jean-François LAURENT
  • : Présentation de mes activités de formateur, conférencier et écrivain dans les domaines de l'éducation : enfants intellectuellement précoces, HPI, EIP, APIE, ainsi que tout ce qui touche l'autorité, la violence, le conflit, les règles dans les établissements scolaires. Me retrouver sur le site : www.jeanfrancoislaurent.com
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