Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
12 janvier 2011 3 12 /01 /janvier /2011 12:12

 

Bonjour,

Je profite de cette nouvelle année pour vous adresser mes meilleurs vœux et réussite dans vos nombreux projets.

J'ai trouvé vos derniers livres sous le sapin de Noël chez mes parents, merci beaucoup pour la dédicace. Je dévore "Médiations sous le préau", il m'apporte de nombreuses pistes de réflexion sur le respect des enfants à l'école. Depuis la rentrée, les méthodes employées par la maîtresse de ma fille me gênaient mais sans que je ne sache quoi lui proposer à la place (ex : elle met un bâton lorsque l'élève ne se tient pas correctement sur sa chaise, au bout de 3 bâtons la même journée, il doit passer la récréation assis sur les marches, à regarder les autres s'amuser). Je poursuis ma lecture attentivement.

Je m'étais complètement faite surprendre en lisant "Be APIE", puisque mon objectif était de le lire pour mieux comprendre ma fille, et en réalité, ce livre a totalement fait écho à ma propre histoire, mon propre fonctionnement... Après plusieurs mois de réflexions, j'ai choisi de sauter le pas pour en savoir plus, et j'ai passé des tests de QI avec une psychologue (conseillée par l'ANPEIP).22082010334

      Il s'avère que j'ai un fonctionnement atypique (c'est pour cela que je me suis reconnue dans tous les côtés "émotionnels"), mais à la limite inférieure de la sur-efficience (comme elle l'appelle). Pour elle, je suis à mon seuil minimum, j'ai un profil atypique "gâché" ou atrophié. A ma demande, elle m'a justifié pourquoi elle disait cela : très peu de créativité / imagination, pas intuitive, moyen au niveau verbal (banal) alors que j'ai les connaissances. Elle pense que je me construite comme cela, en n'allant jamais au maximum de mes possibilités, en me gardant toujours une marge, et finalement, même si j'avais le potentiel, je me suis construite d'une telle façon que je ne suis pas en mesure de l'utiliser...

Donc logiquement, je lui ai demandé ce que je pouvais faire pour améliorer cela. Pour elle il n'y a pas lieu de vouloir changer quelque chose, que je suis bien comme je suis, épanouie, avec un profil homogène, qu'est-ce que ça m'apporterait d'augmenter ce chiffre ? Elle n'a probablement pas tort, mais sur le moment, ça a été un peu dur de m'entendre dire que j'avais un profil gâché... De votre côté, avez-vous des témoignages d'adultes ayant découvert trop tard leur côté APIE, et qui ont du coup gâché le côté "intelligence" ?

Cela me conforte à être attentive au fonctionnement de mes enfants (l'aînée APIE - bientôt 6 ans - a passé sa GS et est donc en CP... la seconde a 3 ans et ressemble beaucoup à sa sœur..). J'espère surtout ne pas les "gâcher".

Mon ami vous avait contacté pour voir comment organiser une conférence avec vous. En attendant que nous ayons des sous pour cela et si vous souhaitez en savoir plus sur l'activité de notre association…


A bientôt j'espère.


       Cordialement,

                    Ghislaine

 

 

 

09102010587-copie-1.JPG

 

 

Meilleurs voeux à vous, à tous ceux que vous aimez !
Une nouvelle qui vous surprendra peut-être : grâce à vous (eh oui!) et à votre livre Be Apie, ma vie s'est modifée, d'abord insensiblement, puis plus en profondeur. Deux année de "décantation", d'abord sur mon petit bonhomme Alan, qui est maintenant très heureux en primaire St D…, puis sur le sens de la vie en général et de la mienne en particulier, et me voici en formation depuis septembre dernier (2 ans de "cours du soir" les week-ends, en plus du boulot) ...de Sophrologie! Je sais, cela parait sans rapport, et pourtant....! Je découvre enfin ce que je peux faire de tout un tas de "trucs" jusque là inutiles, voire encombrants, dans ma personnalité. L'empathie me sert enfin à autre chose qu'à souffrir avec les autres. L'intuition est écoutée, voire stimulée. La bienveillance et la spiritualité sont des valeurs et non plus des faiblesses. Le monde à l'envers, quoi ! Enfin un monde qui me parle.
Auriez-vous imaginé le chemin que pouvaient faire vos simples et justes mots, dans la vie d'une personne ?

Merci.

 

 

 

 

09102010590.JPG

 

 

·         Bonjour et merci d'avoir ajouté le E de l'émotion pour décrire nos enfants.

Mon fils de 11 ans vient de faire le grand saut du CM2 en 5°, suite à un dépistage. Les résultats sont moyens, son comportement est alarmant (perturbe les cours, insolent, bruyant, ...). Les enseignants n'ont aucune "EMPRISE" sur lui et sont très frustrés. Ils ont du mal à revenir à un contact plus "humain", pour apaiser la situation.

J'ai apprécié vos précisions sur l'idée d'une sanction réparatrice, arme peu utilisée au collège. Pour notre part nous avons été noyés de mots sur le cahier et autres courriers, qui nous déstabilisaient, mais passaient bien haut au dessus de la tête de notre enfant. Nous avons rapidement pris le parti de LE soutenir, afin qu'il garde encore un peu de confiance en l'adulte.

La route risque d'être longue jusqu'à la fin de 3°.

Bonne continuation, vos recherches m'intéressent en tant que parent et enseignant de primaire qui cherche encore comment faire.

 

  Merci à vous pour ces beaux témoignages

                                         Jean-François LAURENT

Partager cet article
Repost0
17 décembre 2010 5 17 /12 /décembre /2010 18:04

          - Jean-François LAURENT, vous avez créé une classe pilote qui réunit des enfants précoces et non précoces, mais que des enfants à profil particulier. Quel bilan faites-vous au terme du premier trimestre de la deuxième année d'exercice ?

 

 24112009526.jpg

 

    - Je me demande toujours quand les instances officielles de l'éducation Nationale vont me tomber dessus pour me demander de rentrer dans le rang...

    - Je me demande chaque jour si ce que je propose est bien. par moment, je me fais peur, l'impression de travailler sans filets. Puis, il me suffit de proposer une dictée, de les faire lire à voix haute, d'étudier un DVD de l'émission de " C'est pas sorcier" et de les observer, de rencontrer une maman qui me dit que sa vie a changé...tout rentre dans l'ordre et je continue mon chemin de "Débroussailleur".

 

     Je ne suis pas à l'heure du bilan. Je fais plutôt des constats qui reviennent chaque jour de façon très récurrente.

 

       Le cadre

         Je l'ai déjà dit, mais cela se confirme au quotidien. Il est indispensable que des enfants hors norme puissent s’appuyer sur un cadre d’autorité. Je vous donne l'exemple de mon petit Ursule. Il n'est pas venu de trois jours et la première chose qu'il fait en arrivant est de me provoquer pour se rassurer.

 

    - Qu'est-ce qui vous fait dire cela ?

 

         - Il me provoque de manière tellement outrancière qu'il n'est pas possible que ce soit gratuit. Il s'agit d'un message que veut faire passer l'enfant (en tout cas, c'est comme cela que je le traduis). Je le gronde en bienveillance, le contient en lui nommant ma colère ou mon mécontentement, mon désaccord fort:, toujours avec des phrases "je", puis je le vois repartir et revenir l'après-midi avec un "salut J-F". Je le reprends encore : "On ne dit pas "salut" mais : « Bon après-midi Jean-François »... Et lui comme moi passons un très bon après-midi. L'enfant se sait aimé et contenu. Il ne peut pas déborder et est donc rassuré. Il se retrouve dans de meilleures conditions pour apprendre.

 

 

       Il me semble que globalement un APIE (précoce, zèbre, surdoué, HPI...) a besoin d'être contenu quel que soit son âge. Il (ou elle) part dans des chemins, des délires, des montages affectivo-psycho-délirio- moraux qui nécessitent d'être recentré, remis sur terre. Envahi par ses émotions, l'APIE a besoin d'être secoué, réveillé pour revenir sur Terre, dans le concret, les choses à leur juste place, les émotions apaisées et non dans ce moulin à idées noires qu'il sait si bien mettre en place, voire rechercher parce que chemin connu.DSC00688

 

    - Avez-vous d'autres exemples à nous citer ?


    - Oui, j'ai un enfant en classe qui a du mal à se contrôler, qui prenait régulièrement des crises. Il m'a fallu du temps pour "tricoter" avec lui, c'est-à-dire ce créer une histoire, une tranche de vie pour qu'il me connaisse et vice versa, qu'il sache ce que j'avais dans le ventre, mes ressources, mes limites... Maintenant qu'il les a, qu'il peut, au delà des apparences, me faire confiance totalement, je me permets de le contenir de manière forte et bienveillante en ne lui laissant pas trop le choix : "je ne te permets pas de te mettre en crise, tu te contrôles et tu choisis. Hier, nous allions rentrer dans une salle commune qui regroupait tous les enfants. Bien entendu; c'est à ce moment là qu'il lui prend l'idée de se mettre à hurler, crier et commencer à m'insulter en partant de la salle. Mais j'ai d'autres élèves, je ne pouvais pas les laisser pour ce petit. Je l'ai attrapé, lui ai dit de choisir, mais que, en janvier, j'aurais une réunion pour lui et que je ne pourrai pas défendre son dossier devant la directrice et les autres membres, étant donné qu'il touchait les limites de l'école. Il a réfléchi une dizaine de secondes et est reparti dans la salle, pas content et bougonnant, mais il avait lâché et était revenu dans un cadre acceptable. je le félicitai ensuite de son attitude.

    Une nouvelle fois, il était contenu et acceptait cette contenance parce qu'il en avait éprouvé les rebords, la solidité, la douceur et le confort de rester "in" le cadre, comme l’eau dans une bouteille.

 

   - Jean-François LAURENT,  et pour ceux qui n'ont pas ce cadre ?

 

     - A l'inverse, je les vois dépérir et j'en suis navré. J'ai pour exemple sous les yeux un petit APIE dont les parents, je précise, plutôt la mère, dénigre au quotidien le papa en proposant tout et son contraire. Je précise que les parents sont en instance de divorce depuis trois ans. Si le papa fait du quad avec son fils, cela ne va pas. S'il n'en fait pas, cela ne va pas non plus. En réunion devant nous, la maman souhaite une bonne entente, mais dès que le père a le dos tourné elle le démolit. Le papa a baissé les bras. Il ne se bat plus contre la mère...; Et l'enfant dans tout cela ? Quel cadre lui propose-t-on ? Pas le même et le cadre de l'autre est systématiquement dénigré.

 

    - Quelles sont les réactions de l'enfant ?

           - A l'école, quand c'est moi, il se tient à peu près à sa table assis sur sa chaise. Avec ma collègue femme, il est sous la table ou derrière le tableau, met des objets dans sa bouche et suce son pouce sans obéir à la maîtresse. Avec moi, il a le pouce dans la bouche 90 % du temps, ne travaille pas. J'ai rarement vu un enfant autant en souffrance. Nous sommes très inquiets pour lui. Les cadres qui lui sont proposés s'opposent ou se combattent. la seule réponse pour l'enfant serait la folie.


-Je vous repose la même question que tout à l'heure Jean-François LAURENT : Avez-vous un autre exemple pour nous aider à mettre en perspective cette notion de cadre ?080420101205

 

     Oh oui, j'en ai un tout chaud qui date d'hier. Les symptômes de l’enfant sont totalement différents que précédemment. Cet enfant a le don de poser la question ou la remarque qui tue au mauvais moment, à la mauvaise personne, de mauvaise manière. Bref, par moments, on a envie de le « pendre au plafond ». Il travaille plutôt bien, est suiveur et « fait son intéressant »… Et pour cause. Son père arrive comme une furie alors que nous étions en train de chanter dans la salle voisine, les enfants de l'école tous réunis, de nombreux parents spectateurs autour. Son fils était tout devant. Le père arrive, met une gifle devant tout le monde à son enfant, le tire par la manche et le fait quitter la pièce manu militari. Je me lève le plus vite possible t cours après l’individu dans la rue jusqu’à le rattraper et lui demander qui il est. Ce papa que je n’avais jamais vu était surexcité parce que son fils venait de se casser le doigt et avait une piqure par l’infirmier au moment du chant. Le père continua à insulter l’enfant puis partit chez lui. Quel cadre posé dans une »pédagogie noire et une malveillance extrême, même si ce papa ne le fait pas exprès. En tout cas, c’est le quotidien de l’enfant. Je revois le père deux heures après…. Toujours pas calme. Comment se construire quand on vit ce type d’événements au quotidien ? Comment être disponible pour l’apprentissage. Nous sommes bien en présence de cadres de références qui s’affrontent et cherchent à prendre le pas sur l’autre. L’enfant a beaucoup de mal à s’en sortir correctement. Ils ont aussi besoin d’un cadre cohérent ou de cadres au pluriel qui peuvent être différents, mais qui ne s’opposent pas. Dans des différences de mise en place, l’enfant peut naviguer, évoluer et s’épanouir. Dans des affrontements de cadre, que ce soit entre parents ou entre l’école et la famille, l’enfant aura beaucoup de mal à grandir en harmonie.


         - Je reviens une nouvelle fois sur l'essentiel : la confiance en soi en lien étroit avec l'autorité. Les enfants ont besoin de tester le cadre, les limites proposées. Si la réponse apportée à ces transgression n'est pas ferme, mais également très bienveillante, le jeune ne pourra pas s’harmoniser. Le plus difficile pour nous éducateurs et parents, c’est l’opposition entre cadre et bienveillance. Or il n’y en a pas. Posez un cadre « je » qui a du sens avec des règles qui protègent, des temps d’expression des émotions, des temps de réflexion par rapport aux règles transgressées, des temps de réparation, des temps de chaudoudoux.


Une dernière histoire Jean-François ?

090420101223

     Toujours hier, je rends les « carnets de notes ». En réalité, il n’y a aucune note et pas de carnet, mais un recueil synthèse d’informations sur le travail des enfants. Là, c’est une de mes grandes qui n’est pas APIE, mais en échec scolaire fort, mais qui remonte très vite et progresse de manière remarquable. Je la vois lire ses évaluations et mes commentaires : « Il n’est jamais écrit excellent, cela ne vaut rien ce que je fais… » Je me dirige vers elle et lui dit de me montrer une seule remarque négative. Elle n’en n’a pas trouvé et dans la fiche suivante, il était écrit : « excellent ». – « Oui, mais j’ai quand même des difficultés. Quand je vois les autres comme ils retiennent et moi, il n’y a rien qui veut rentrer… » Je lui ai rappelé tous les progrès, l’immense évolution en un an et demie, les points forts de cette enfant…. Mais cela ne suffisait toujours pas. J’en ai voulu aux enseignants qui l’ont mis en échec scolaire et l’ont marquée au fer rouge.

 

-         Avant de le faire gagner confiance en eux, que l’école n’entame pas ce capital confiance.


    - Je vous remercie Jean-François LAURENT et vous souhaite de belles fêtes de fin d'année

                                             

 

P.S. Si je résume, l'enseignant doit donner deux choses indispensables à l'équilibre de l'enfant précoce : - De la confiance en soi et un cadre bienveillant : C'est cela ?

    - Oui, vous avez gagné

Partager cet article
Repost0
27 novembre 2010 6 27 /11 /novembre /2010 19:53

   29102010683 Vous n'êtes pas  sans connaître mes deux champs d'expertise que sont d ’un côté ce qui touche à l'autorité, le conflit, la trans gression de règles et de l’autre les enfants "précoces" que j'appelle APIE. Une nouvelle fois, je me retrouve au carrefour de ces deux problématiques avec la rencontre d’un adolescent en dérive.


L’histoire

    Je rencontre il y a peu un jeune de 14 ans accompagné de sa maman, scolarisé  en classe de quatrième dans un collège huppé, renvoyé de son établissement  pour usage de cannabis à l'intérieur de l'enceinte. Il s’est fait dénoncer et a avoué la vérité au cadre éducatif qui l’interrogeait. Il n'a pas dénoncé ses camarades de fumerie, ni le fournisseur de drogue. Ses parents sont convoqués par le chef d’établissement qui notifie un renvoi immédiat de 8 jours avant de passer officiellement en conseil de discipline.

 

Prendre sa part de responsabilité dans la transgression d’une règle.

         Le jeune APIE a souvent, encore plus que les autres un problème sur la part de responsabilité. Etant généralement dichotomique, soit c’est de sa responsabilité qu’il n’y ait pas d’eau dans le désert, soit il n’y est pour rien, mais vraiment pour rien. Ce n’est pas lui… Il ne fume jamais de cigarettes et un joint, c’est exceptionnel…

        Le jeune précoce a rarement le juste milieu, la juste place, ce qui provoque des problèmes de relations aux autres et au monde. Ici, en l’occurrence, on lui avait donné le cannabis… Il s’était laissé influencer par d’autres… Ce qui implique que si c’est la faute des autres, lui n’y est pour rien et que cela peut se reproduire en fonction du milieu environnant. Or, c’est un mouvement de l’intérieur vers l’extérieur et seul le jeune peut, ou non, décider de stopper ce type de transgression.

       Le premier travail est de lui faire prendre conscience que l’entourage n’est pas dupe. Quand vous êtes maman ou papa, c’est difficile. Soit vous le croyez, soit vous le rejetez. Nous étions dans ce cas de figure. Il peut amorcer un travail de responsabilité sur ses actes à la juste mesure. « Je suis responsable de mes actes ! » Après quelques échanges où il essaya de faire de moi son allié contre sa famille, son établissement, nous reprîmes un échange plus serein et juste sur les vraies questions :

     - Que veut dire ce geste ?

     - Comment réparer ?

     - Comment sortir de cette épreuve tout en l’assumant et sans écorcher encore une image de soi abimée ?

    - Où trouver un autre collège sans revivre le même scénario ?

    - Comment regagner la confiance des adultes autour du jeune ?

 

En colère !123-072-copie-1.JPG

      Pour moi, il est évident que le collège devait réagir et sanctionner fortement cette transgression de règle. Quand je vois ce jeune, propre sur lui, que veut-il nous dire de lui avec ce message de transgression ? Qui va l'entendre, l'aider à décoder son mal être qui s'exprime si maladroitement ou plutôt si "codé"? Ce ne sera pas l'institution scolaire qui l'accueillait alors qu'elle est spécialiste de l'enfance. Comme elle ne comprend pas, elle rejette et coupe, tranche.

          - Une nouvelle fois, je suis en colère qu'on ne puisse pas travailler sur une sanction réparatrice.

           - Je suis en colère qu’il n’y ait pas de formation à la gestion réparatrice d’une transgression de règles.

           - Je suis choqué qu’il n’y ait aucun professeur qui ait le courage de poser cette simple question : Comment réagir sans exclure définitivement ? Cette famille doit se débrouiller seule pour retrouver un établissement. Pourquoi est-elle doublement pénalisée alors que la cellule familiale est mise à mal par l’acte transgressif de leur enfant ?


          Comment ce jeune va-t-il se construire alors que le système le rejette ? Il doit passeren conseil de discipline la semaine prochaine, mais le principal l'a prévenu qu'il ne sera pas repris en cours. Aucune proposition ne lui est faite si ce n'est le rejet et le "débrouille-toi !" avec sa famille.

 

Plus j'avance dans mes recherches et dans mon expérience avec ces jeunes et plus je me rends compte que, encore plus que d'autres, ces jeunes ont besoin de cadre. Sans ce cadre qui les contient, qui les sécurise, ils peuvent développer des déviances, des angoisses, des "dyscomportements", des pathologies qui nuiront à leur épanouissement, à leur équilibre.


Que faire ?06082010144

      Je dénonce, je critique, mais qu'est-ce que je propose ? Comment aurait pu faire l'institution pour à la fois garantir le respect des règles et l'intégrité du jeune ?

     - D'abord relever l'interdit par une sanction réparatrice du type préparation d'un dossier sur les addictions à consulter au BDI durant  les intercours, voire les mercredis après-midi, exposé à d'autres classes... à l’école primaire, dans un autre collège…-

      - Ensuite la mise en place d'un contrat avec le jeune sur l'attitude et le travail.

      - Mise en place d'un tuteur, professeur volontaire et coopté par le jeune. Ils se rencontreront périodiquement pour faire le point et se projeter, débattre, échanger. Rencontre régulière avec la famille du jeune.

      - Exigence d'un suivi psychologique.

 

     Il ne me semble pas qu'on puisse dans ce cas là faire l'économie d'un  travail sur soi. Je conseille à tous les APIE ce beau voyage intérieur pour comprendre ce que dit l'inconscient, pour mieux se comprendre et « faire avec ».

13112010735.JPG

     Une nouvelle fois, l’APIE fait loupe, c’est-à-dire que ce qui n’est pas acceptable pour lui ne l’est pas plus pour les autres jeunes standards, sauf que pour un « précoce », cela peut être vécu encore plus durement. Que la sanction réparatrice fonctionne pour tous et est indispensable pour un enfant précoce. Tout établissement qui veut travailler sur un projet d’accueil d’enfant précoce doit explorer le versant de l’autorité, le rapport aux règles et les conséquences d’une transgression en même temps que d’autres volets : la relation bienveillante, la gestion de l’hétérogénéité, la place de la parole du jeune (citoyenneté), les projets spécifiques, le tutorat…

 

    Si vous avez d'autres idées, des remarques, une expérience, écrivez un commentaire que je publierais éventuellement si vous me le permettez.

        Bien amicalement

                              22022010936.jpg Jean-François LAURENT

Partager cet article
Repost0
14 novembre 2010 7 14 /11 /novembre /2010 12:27

       Hier, nous discutons avec une cousine. Elle nous parle de son fils de 17 ans, APIE, précoce. Je suis une nouvelle fois scandalisé de ce que s'est permis l'institution vis à vis de ce jeune. Je vais tenter de vous décrire les  faits :

 

       Jérome est un jeune, QI bien sûr de 140 et plus... sensible comme jamais, rebelle à l'injustice comme un APIE peut l'être, ado très ado (cheveux, attitude, excès...), gentil et généreux, suit une thérapie, travaille peu, des difficultés avec l'autorité ou plutôt avec l'autoritarisme. Jérôme vit chez sa mère, a des copains, bref, le lycéen en seconde comme beaucoup.

123-072.JPG

 

    Le Hic !

 

           Etudiant un poème en classe de français, Jérome apostrophe le professeur parce qu'il ne comprend pas le message du poète. Le professeur commence à remettre en cause les compétences du jeune :

          - "Pour qui te prends-tu ? Tu te crois plus doué que le poète, mais tu n'es rien !"

             Et la réponse fuse : "Et vous, qui êtes-vous pour me parler ainsi ? Vous n'avez même pas les bons diplômes de prof, vous n'êtes qu'un théâtreux, pas un prof de français, mais de théâtre !".

       Jérome doit certainement s'exprimer avec la maladresse d'un jeune de 16 ans... Et le professeur le colle 6 heures et le renvoie du cours.

 

 

2 ème acte

  

 123-074.JPG            Conseil de classe en décembre 2009. Jérome, comme tous ses camarades de classe, passe devant le conseil des professeurs, seul, eux en arc de cercle assis, lui debout attendant la sentence. Et quelle sentence :

             - "Arrête d'avoir des espoirs à l'école, tu n'arriveras à rien"

                    - "Tu es nul et tu n'as pas le niveau du lycée, tu n'as rien à faire ici, tu devrais t'orienter en lycée pro, tu ne peux faire que cela. Arrête d'imaginer que tu puisses faire des études, tu n'as pas les moyens de tes ambitions !"  Dixit le prof de français

 

         C'est trop violent pour Jérome, trop injuste, il tourne le dos au tribunal des profs et claque la porte.

Dès le lendemain, sa mère est convoquée au lycée par le proviseur qui lui indique que son fils est renvoyé immédiatement du lycée. Ils ne lui trouvent aucun autre lycée, aucune autre solution malgré les demandes insistantes de la maman.

       L'association des parents d'élèves prend le dossier en main et propose à Jérome de faire une lettre d'excuse et de la porter au proviseur pour montrer sa bonne volonté. Jérome ravale sa fierté et réalise une belle lettre d'excuse qu'il porte au lycée. Le proviseur refuse de le recevoir et c'est le CPE qui le rencontre pour lui expliquer que ça ne sert à rien et qu'il doit trouver une autre solution.

 

        Depuis ce jour, Jérome est inscrit au CNED par défaut et non par choix. Il est inscrit en première, mange avec ses copains de classe de l'année dernière tous les midis... Quel gâchis !

 

 22022010937.jpg


 

    Si nous nous métions à la place de Jérome


            - Qu'a-t-il pu ressentir quand il est agressé par son professeur de français ?

             - Qu''a-t-il pu ressentir quand iul passe en conseil de classe et se retrouve seul devant tous ses professeurs ?

              - Qu'a-t-il pu ressentir quand il ne reçoit aucun signe suite à sa lettre d'excuse ?

 

              - .......

      Et revoici ma théorie du coeur tailladé ! Humiliation, culpabilité, injustice, perte de confiance en soi, perte de confiance en l'institution Ecole, perte de confiance en l'adulte... Et comment va se construire Jérome ? Apprendre alors que les professionnels t'ont affirmé que tu étais nul ! Comment ne pas se rebeller ? Quelle violence doit ressentir Jérome ? Quel avenir pense-t-il ?

 

   Comment un établissement scolaire dont la vocation est d'accueillir des jeunes, de les connaître, de reconnaître leur mode fonctionnement, de communication peuvent-ils agir ainsi ? Curieusement, cette violence là n'a pas été médiatisée et pourtant...

        Une nouvelle fois, nous sommes confrontés à la violence de l'institution vis à vis de ses utilisateurs. Une institution violente génère de la violence en retour. Notre système scolaire véhicule une nouvelle fois : soumission, obéissance aveugle, répétition, moulage et conformisme, compétition, alors que ça pourrait être :

        - apprentissage, réflexion, coopération, sens des apprentissages, connaissance de soi, émotions...

 

    Plus j'avance dans ma réflexion, dans la vie et ses vagues, plus je me dépouille en matière d'enseignement et d'apprentissage. On n'apprend rien aux élèves, on tente de les placer dans les meilleures conditions pour qu'ils s'apprennent. L'éducateur, le professeur doit se concentrer sur sa mission prioritaire pour moi :  


     Il est vecteur de confiance en soi, d'image positive, de cadre, d'exemple pour grandir, d'amour...

 


27102010656.JPG

 

        De plus en plus, je me concentre sur cette mission et je mesure chaque jour les progrès des jeunes dont j'ai la charge. Je suis toujours surpris qu'ils progressent alors que je doute de la manière dont je leur présente le programme, les apprentissages, les contenus. je ne fais pas comme les autres : nous visionnons des vidéos, chantons, complétons un fichier, réalisons des opérations, de l'escrime, des débats... Il n'y a pas de cahiers de leçons, pas de leçons à apprendre par coeur le soir, pas de notes, de punitions...

       Et je tente tous les jours de les cadrer, les aimer, leur donner confiance, leur renvoyer une belle image, leur donner le goût de l'effort. Je les vois progresser, montrer leurs apprentissages y compris sociaux. les parents viennent me voir pour me dire que la vie a changé à la maison, que leur enfant a repris goût de vivre, d'apprendre, de jouer et rêver. Oui, les techniques pédagogiques sont importantes, mais le plus important, l'indispensable, c'est la confiance en soi... et ça ne se décrête pas.

 

       Ce n'est pas compliqué pourtant, alors pourquoi l'Ecole ne le véhicule pas ? Pourquoi le professeur n'a -t-il pas demandé à Jérome de rester à la fin du cours en lui nommant ce qu'il avait ressenti, comment il aurait pu s'exprimer, comment in peut réparer... Bref, ils se seraient expliqués.

       Puis, comment le conseil de classe ne cherche-t-il pas avec le jeune  des hypothèses de recherche, des solutions, des engagements de chacun pour progresser. Ce n'est pas compliqué, gratifiant pour les acteurs, bénéfique pour le jeune. Jouer une logique gagnant / gagnant.

 

      Je suis désolé, révolté, choqué par ce que mon institution a fait vivre à Jérome, comme certainement à des milliers de jeunes. Or, ce sont les plus fragiles, ces jeunes qui auraient le plus besoin de soins, d'attention, d'intelligence des éducateurs et c'est le contraire qui se passe.

 

06082010144.JPG

 

    Et moi, et toi, que fais-tu pour changer cela, pour aider Jérome ? Pour faire évoluer le système ? J'écris, je dénonce, je cherche ... et je travaille avec de nombreux "Jérome".

 

 

          Bonne semaine à tous !

                                   Jean-François Laurent

Partager cet article
Repost0
23 octobre 2010 6 23 /10 /octobre /2010 17:40

       C'est dans une salle magnifique du centre scolaire Notre dame de Bellegarde que Jean-François LAURENT était invité par l'association des parents d'élèves et des deux chefs d'établissement du centre scolaire à traiter de la précocité intellectuelle. Environ une centaine de personnes s'étaient déplacée malgré les contraintes inhérentes aux grêves et risques de pénuries d'essence.

 

    Après une conférence auprès de tous les professeurs il y a quelques semaines, puis une formation qui a débuté avec une trentaine de professeurs volontaires, M Maitre et Mme Redon, directeur et directrice ont souhaité que les parents soient invités eux aussi à une réflexion autour de cette complexe question de la précocité et notamment leurs émotions si particulières à gérer pour une personne non avertie.

 

19102010632.JPG

 

 

   Voici le plan que notre conférencier a suivi repris d'un power point, support de sa conférence :

PPourquoi ce terme APIE ? (Atypique Personne dans l’Intelligence et l’Emotion)
Comment les reconnaître ?
La théorie du « cœur tailladé »
Attention fragiles
Un moteur de Ferrari
Attention danger !
Les couples qui fonctionnent
L’aimantation
Lamentation
Conclusions
    Jean-François a beaucoup insisté sur le lien étroit qui doit se lier entre l'Ecole et la famille afin de réussir avec le jeune et cette intelligence collective qui aidera le jeune dans sa vie future. Il a également souligné l'importance du cadre à tenir pour ces enfants qui, sans cela peuvent développer un mal être important, voire des pathologies.
   Il y aurait beaucoup de choses à relever. Son exposé, émaillé d'exemples, a permis à de nombreux parents confrontés à la précocité de leur enfant, mais également souvent de la leur de prendre un peu de recul pour mieux comprendre ces jeunes.
    A 22 heures, l'exposé était terminé et un échange dense s'instaura entre la salle et notre conférencier avec de nombreuses questions. En final, quelques personnes qui avaient acheté ses ouvrages : Be APIE et Be APIE junior eurent droit à une dédicace.
    Voici la liste des ouvrages qu'il a conseillés pour approfondir le sujet :
Isabelle Filliozat : L’intelligence du cœur, au coeur des émotions de l'enfant
Boris Cyrulnic : Autobiographie d’un épouvantail
Olivier Revol : Même pas grave
Jean Charles Terrassier : Les enfants surdoués

Jeanne Siaud Faccin : Trop intelligent pour être heureux
      •Jean-François Laurent : Be APIE et Be APIE junior
        Jean-François Laurent nous rappelle qu'il se déplace volontiers dans les associations, écoles, collèges pour animer des soirées, débats, matinées...
Partager cet article
Repost0
23 octobre 2010 6 23 /10 /octobre /2010 17:37
  •      Ce commentaire est arrivé sur le blog. Il m'a semblé qu'il méritait une place plus grande...

  •                          Jean-François
  •  

  •       Situation que je connais bien... Les petits apies qui sortent de l'école semblent de plus en plus nombreux et c'est souvent un choix par défaut... Parfois une seule année suffit, parfois un peu plus. La rencontre avec une équipe ouverte, à l'écoute fait souvent la différence.

          Cependant,vous parlez beaucoup du petit apie qui réagit en laissant son corps, ses mots exploser. Il y a aussi les autres, ceux qui implosent... Bien sûr, vous les évoquez. Mais ces enfants qui souffrent et s'autodétruisent sont dans une telle souffrance qu'il est important de développer pour eux aussi. Etre l'enseignant d'un petit apie n'est pas toujours facile, vivre avec un petit apie est parfois source de fatigue, d'inquiétudes. Mais être apie et ne pas se sentir à sa place peut être terrible... Les mots sont tellement importants pour eux et la confiance à retrouver si longue parfois...La demi mesure est si peu évidente.

  •        Ainsi je connais une petite jeune fille déscolarisée qui adorait une activité et pense l'arrêter car elle développe des crises d'angoisse, simplement parce que l'animateur pensait qu'elle devait s'améliorer et venir avec un groupe de plus jeunes pour qu'il ait plus de temps. Pour elle, elle est donc nulle et ne parvient plus à se concentrer sur cette activité. Pire, d'autres apprentissages s'en ressentent. Oui, ce n'est pas toujours simple et plus encore pour le petit apie...

             Une équipe autour de cet enfant, un soutien du corps enseignant pour les parents qui se sentent parfois perdus est une formidable idée. Merci de continuer ainsi à chercher des solutions, à informer pour eux.

  •                            Lysalis
Partager cet article
Repost0
20 octobre 2010 3 20 /10 /octobre /2010 15:38

       En fonction des lieux, des modes, mais aussi des avancées de la recherche ou de l'angle pour aborder ces personnes, nous utiliserons putôt tel mot de vocabulaire ou tel autre. Mais cette terminologie n'est pas neutre.

 

      Il me semble que le terme "surdoué" a été plus ou prou abandonné par une partie des spécialistes du sujet. Le reprennent encore facilement les médias qui exploitent le filon du "spectaculaire et du sensationnel".  le surdoué laisse à penser qu'il a quelque chose de plus contrairement à la personne handicapée qui a quelque chose de moins. Derrière ce terme se cache l'enfant premier de classe qui maîtrise des concepts théoriques qui font rêver le commun des mortels. On imagine ce petit savant à lunettes qui a réponse à tout et toujours plongé dans les livres, un Géo  Trouvetou ou professeur Tournesol. C'est un aspect plus ou moins développé de ce type de personnes.

 

 

23082010364.JPG

 

      Le terme HPI : Haut Potentiel Intellectuel a un avantage non négligeable, c'est qu'il relève le côté "potentiel" de la personne qui ne demande qu'à être développé... ou pas en fonction de l'environnement proposé. Dans de mauvaises conditions, la personne HPI ne restera qu'un possible, qu'un espoir qui ne se démarquera pas par son intelligence cognitive au dessus de la moyenne.

      Par contre, HPI ne parle que d'intellectualité et ne relève pas l'émotionnel si important et qui conditionne l'avenir et le bonheur de la personne de ce profil. Les suisses notamment utilisent ce terme.


 

     Dans le terme "Enfant Intellectuellement précoce ou directement  Précoce" est mis en avant l'avance de la personne. Il fait des choses, il sait des choses avant les autres. On imagine plutôt une personne jeune ou en devenir. Or, quand vous avez 40 ans, peut-on encore parler de précocité ?  il ne sera pas précoce toute sa vie.

       Il me semble que c'est le terme le plus communément utilisé en France. "Mon enfant est précoce". tout le monde comprend et sous entend qu'il va plus vite que les autres, qu'il est en avance. est-ce toujours vrai sur tous les aspects de la personne ? ce terme est-i satisfaisant ? Pour moi, non !

28082010439.JPG

     Zèbre, petit zèbre, concept de zébritude. Ce terme met en avant, me semble-t-il, le côté original, pas comme les autres, je reprendrai pour cela un passage de l'excellent blog :

               http://www.poule-pondeuse.fr/2010/05/10/un-zebre-a-la-maison-1/

 

"... Ce n’est pas un petit mot doux, c’est juste le nom donné par Jeanne Siaud-Facchin, psychologue, aux enfants surdoués. Ça y est le grand mot est lâché... Un zèbre est un animal difficile à domestiquer. Un zèbre ressemble beaucoup à son cousin le cheval, mais au milieu d’un troupeau équin, il se remarque pas mal avec son pyjama à rayures. Les clichés et les tabous sont légion en ce qui concerne les petits surdoués et l’ignorance et les remarques font souffrir parents et enfants. Chaque enfant est différent de son voisin et c’est pareil pour les zèbres dont aucun n’a exactement les mêmes rayures que son congénère. Pourtant, ils ont beaucoup de points communs ..."

 

    Ce terme me plait plus. mais cela ne me suffisait pas, il a fallu que j'invente mon propre terme pour parler de ces personnes. "A.P.I.E." Je m'invite modestement dans la communauté des "spécialistes" de la précocité, devrais-je dire de l'apitude ? Non, il ne faut pas abuser !

      APIE comme Atypique Personne dans l'Intelligence et l'Emotion. terme qui recouvre ces deux aspects de la personne, qu'elle soit jeune ou plus agée, les émotions et l'intelligence. En corrolaire, le premier terme est "atypique". Oui, ces personnes sont atypiques, différentes. Je les oppose en reprenant les termes d'Olivier Revol : Les enfants "standards". Ils ne sont pas plus, pas moins, mais différents sur certains points et conformes sur d'autres. Pour moi, ce terme d'APIE cache également la recherche du bonheur (Happy), seule quête valable et si complexe pour ce type de personnes.

 

 

 

 

 

13082010213.JPG


      Il manquerait toutefois dans le terme créé l'aspect "loupe". J'entends par là que tout se qui est nommé pour ces jeunes, tout ce qui est bon pour eux l'est aussi pour les jeunes "standards", mais encore plus. Quand ces jeunes ont besoin de cadre, tous en ont besoin, mais les APIE encore plus. Ils n'aiment pas des règles qui n'ont pas de sens, mais cela leur est encore plus insupportable qu'aux autres jeunes de leur age. Ils sont sensibles comme tout le monde, mais eux sont hypersensibles. Voici pour moi l'effet loupe.

 

   Bataille de mots, précisions de concepts, vision du monde pour ces enfants si atypiques et en quête perpétuelle d'un bonheur inaccessible

 

                                         Jean-François LAURENT

photo-couverture-be-apie-mail-joli.jpg


En bonus un reportage sur le sujet de la précocité intellectuelle et émotionnelle :

     Un reportage visionné sur TF1 dans l'émission reportages :

linkhttp://videos.tf1.fr/reportages/les-enfants-du-bac-5857490.html


Partager cet article
Repost0
14 octobre 2010 4 14 /10 /octobre /2010 18:02

Nouvelle confrontation à la difficulté, nouvel intérêt, nouveau challenge : l'enfant en crise avec l'institution école.

 

         Pourquoi je développe ce cas ? parce que je suis souvent interpellé en conférence ou par mail sur le sujet de l'enfant qui ne veut plus remettre les pieds dans un établissement scolaire; trop blessé, angoissé, envahi par des émotions qu'il ne peut gérer et qui l'oblige à se replier sur la sphère familiale le plus souvent afin de poursuivre sa scolarité à domicile.

 

     - En premier lieu, prendre des décisions en équipe pluridisciplinaire, que ce soit pour un enseignant ou pour les parents. Ne nous isolons pas. Ne traitons pas de la problématique d'un enfant en binome. Avec un binome, nous courrons le risque du binaire, de l'opposition de deux camps... Je suis partisan d'une intelligence collective. Un des membres peut être en crise, ne plus en pouvoir, ne plus voir de solutions, de gestion au quotidien, que ce soient les parents, l'enseignant de l'enfant, le psy ou autre "professionnel". Le choix du suivi de la scolarité de l'enfant ne peut pas être pris sur un élan émotionnel...

        Quand, en classe, vous avez un enfant qui bouscule les limites de l'Ecole (coups, insultes, cris, crises d'angoisse, pleurs, isolement...), qui bouscule vos propres limites, votre compréhension de la situation, le premier acte à poser est la création d'une équipe pluridisciplinaire autour de l'enfant et sa famille. Nous devons croiser nos idées, nos hypothèses, notre aide à l'enfant. Bien sûr, il y aura toujours les personnes en première ligne et devant la première ligne, n'oublions pas que se trouvent des parents ou parfois seulement l'un des deux parents. Et c'est difficile, usant, écrasant. L'enseignant (et je parle pour moi) ne doit jamais oublier qu'il n'a l'enfant que 6 heures, même si c'est difficile, il ne l'a que 6 heures... reste 18 h pour aller jusqu'à 24 7 jours sur 7, et là, ce sont les parents qui en ont la charge. Une maman me témoignait qu'à chaque fois qu'elle arrivait à l'école pour rechercher son enfant, elle avait la boule au ventre. Qu'allait-on lui dire ? Que s'était-il passé ? L'enseignant doit être d'une grande vigilence dans ce qu'il témoigne, d'où l'importance de personnes ressources qui ne sont pas en première ligne : collègue, psychomotricien, rééducateur...Pour se ressourcer, les personnes en première ligne doivent se replier sur des deuxième, voire  des troisième ligne et non entre lutteurs du quotidien.

 

     Si l'enfant doit être descolarisé, cela doit être une option parmi d'autres et non un choix par défaut. La décision n'est en plus jamais définitive. Une maman lors d'une conférence m'expliquait qu'elle avait trois de ses enfants en scolarisation à domicile et qu'elle avit pu tisser de magnifiques liens avec eux. Son ainé souhaitait retourner au collège. il se sentait plus fort, plus sûr de lui. Il venait de passer trois ans sans structure collective d'enseignement et i, émettait le souhait de retourner au collège.

 

     Quand, en classe, un enseignant est confronté à ces situations de crises quotidiennes, il doit réguler son groupe classe. Non, il n'est pas tout seul à vivre la situation. Ses autres élèves voient les chaises qui volent, entendent, les cris, ce déchirement qui vient du ventre, perçoivent la tension interne et externe. Ils ne comprennent pas toujours : "Pourquoi dit-il cela ? mais il ne voit pas ? Si vous avez des enfants APIE dans la classe, ils perçoivent encore mieux les enjeux, les émotions. Quand l'enfant en difficulté n'est pas présent, il est bon de leur parler, de leur expliquer, leur faire exprimer leurs ressentis, leur perception de la situation, leurs idées. (Je sais, je pousse le bouchon loin). Ils pourront être aidants pour l'enfant en crise, compatissant, et surtout ils comprendront mieux les enjeux.

 

    Pour illustrer ce propos, j'ai vécu une situation très surprenante. Je vous la décris :

 

       Mon "p'tiot" rentre en crise et m'envoie : "Dégage, je ne veux plus te voir avec ton école de chiot..., t'es co.."

     Je regarde l'enfant devant moi et il me voit hésiter, le regard interrogatif. il me dit alors : - Tu ne trouves pas qu'il a progressé, tu vois, il dit moins d'insultes et elles ne sont pas terribles. on sait en plus que ce n'est pas vrai et que même lui il ne les pense pas."

 Je lui réponds :   -  "Tu crois que je dois laisser tomber ?"

                              - Je crois bien que oui !

                              - Je suis d'accord avec toi, je lache l'affaire, mais c'est bien parce que tu m'as dit qu'il progresse et qu'il va vite se calmer... autrement non."

 

    Bref, discussion géniale qui a permis à l'enfant de redescendre et à l'enseignant de travailler sur une mise à distance de la situation. L'autre enfant a joué le rôle du tiers et a permis de sortir de la situation sans dommages. Et effectivement, cet enfant, quand on porte un regard pointu sur lui, il a progressé :

            - Il peut jouer sur la cour de récréation avec ses camarades alors qu'il ne pouvait pas au début,

            - Il commence à rester l'après-midi à l'école.

            - Il revient plus vite quand il est en crise.

            - Il revient à l'école chaque jour avec le sourire.

            - Il accepte certaines contraintes de la classe.

 

Alors, soyons patients, inscrivons nous dans la durée sans fléchir au moindre obstacle, à l'échec d'une situation, une régression passagère. Comme disait à juste titre ma collègue directrice, cela ne fait que 16 jours de classe depuis le début de l'année !

 

   Le chemin est encore long. Actuellement, cet enfant qui était descolarisé l'année dernière visite l'école. il a passé du temps avec la secrétaire à travailler avec elle et l'aider. il a suivi un groupe de jeunes enfants avec la rééducatrice. Je pense qu'il va suivre la directrice quand elle sera en décharge pendant une petite heure et qu'il ira en cuisine avec les collègues qui font le service...

    Que nous réserve l'avenir ? Moi, j'y crois ! Et je vous écris pour m'aider à la prise de distance.

     Merci

                   Jean-François LAURENT

 

   

    

 

 

 

Partager cet article
Repost0
18 septembre 2010 6 18 /09 /septembre /2010 11:55

Bonjour à tous,

 

      Jeudi en en fin d'après midi, c'est dans une salle magnifique du centre scolaire Bellegarde que Jean-François LAURENT a réalisé une conférence sur la précocité intellectuelle : ses" APIE" comme il les qualifie.

 

                       P1010435.jpg

    Tous les professeurs de l'école, du collège et du lycée étaient invités par leur direction respective à suivre la conférence. Se sont joints au groupe Bellegarde les enseignants d'une école de collonges ainsi que de Lyon.

 

       En une heure et demi,  ce qui semblait un peu bref pour développer certains aspects de la précocité, Jean-François LAURENT a d'abord présenté ce qu'était un APIE (Atypique Personne dans l'Intelligence et l'Emotion) et sa théorie du "coeur tailladé", ses émotions qui destabilisent tant ses jeunes et qui rendent plus difficile que pour d'autres enfants "standards" leur gestion. En découle un manque de confiance en soi, une image dévalorisée et une cascade de comportements souffrants... 

 

      Après avoir défini comment pouvaient être ses jeunes, comment nous pouvions (ou pas) les reconnaître,  il a parlé d'Ecole : Quel est l'intérêt d'un établissement scolaire de travailler sur la précocité ? Quelle démarche, quels enjeux... et surtout comment peut-on faire concrètement. Il a développé également le lien si particulier école - famille.01082010065.JPG

 

       Une conférence alerte, dynamique, accompagnée d'exemples où certains se sont reconnus, ont reconnu  de leurs élèves. Une suite est prévue avec deux demi journées de formation où les objectifs seront de bâtir un projet cohérent pour ces enfants à profil particulier, mais si attachant qui ont tant de difficultés à trouver des établissements scolaires qui les accueillent dans de bonnes conditions afin de répondre à leurs besoins éducatifs particuliers.

 

     Jean-François LAURENT a réaffirmé que ces enfants n'apprennent pas differemment des autres enfants "standards", Ils développent l'effet "loupe" ou puissance dix : "Comme les autres, mais puissance dix" avec tout ce que cela entraîne : injustice, h yper sensibilité, nécessité d'apprentissages qui ont du sens, coopération plutôt que compétition, médiation plutôt qu'autoritarisme, sanctions plutôt que punitions...22082010334.JPG

 

      Il a également longuement parlé du cadre éducatif : " Sans cadre ou avec un cadre flou ou fluctuant, ces enfants peuvent développer des pathologies : "un enfant APIE non cadré, laissé à lui-même est un jeune qui va très vite devenir malade et ne développera pas son potentiel intellectuel, ni son immense générosité.

 

       Dans quinze jours, l'établissement Bellegarde autour des parents se retrou080420101205vera de nouveau avec une conférence débat de J-F Laurent, cette fois avec une orientation plus personnelle.

 

                                      Belle journée à tous

 

    

Partager cet article
Repost0
12 septembre 2010 7 12 /09 /septembre /2010 16:38

Bonjour à tous,                          04082010108.JPG

 

      Une nouvelle année scolaire reprend. Qu'est-ce qui a changé depuis l'année dernière sur mon lieu d'expérimentation, cette classe qui réunit des enfants de 7 à 11 ans ?

 

 

   - Son profil : la classe réunit au moins 19 enfants précoces que j'appelle APIE. Plus que l'année dernière et le nombre total d'enfants accueillis monte à 22 enfants au lieu de 20.

 

    - Mon expérience d'une année en classe : Ce que j'ai appris, c'est la patience. Laissons aux enfants le temps d'apprendre, de progresser, de s'épanouir. Fixons des objectifs pour chacun d'entre eux différents.

 

   - L'autre constat (qui devient une hypothèse forte) et il faut que j'approfondisse ce sujet, c'est que le climat de l'apprentissage est plus important que les techniques, démarches ou stratégies d'apprentissage. J'ai durant 15 ans comme formateur travaillé avec les professeurs sur les démarches d'apprentissage de l'enfant et du professeur : défi cognitif, conflit socio cognitif, métacognition, confrontation à la tache complexe... Il manquait plusieurs points qui me semblent maintenant incontournables : Placer les enfants en coopération et non en compétition, leur laisser fondamentalement le droit à l'erreur en ne relevant que les réussites, développer a u maximum la confiance en soi et permettre à chaque enfant de développer une belle image de lui.

 

    - Un incontournable : j'ai remarqué que deux enfants sur 20 l'année dernière n'ont pas atteint les objectifs qu'on s'était fixé. A chaque fois, nous n'étions pas en confiance avec les parents. Pour que l'enfant progresse au maximum de ses possibilités, le "team" autour de l'enfant doit travailler main dans la main. J'ai été encore plus exigent avec les familles sur "le contrat de confiance".

 

      - On n'apprend rien aux enfants, on les met dans les conditions pour qu'ils s'apprennnent. Quelle ne fut pas ma surprise quand cette semaine de reprise, je leur donne une dictée (à ma manière) et que je mesure les progrès très significatifs des 13 enfants qui étaient dans cette cla sse l'année dernière. Il s'était passé quelque chose pendant les vacances. Certains avaient travaillé et d'autres pas... Et tous avaient augmenté leur niveau de performance de façon spectaculaire, comme si la confiance était un engrais, un terreau, de l'eau et que l'apprentissage était une plante qui continuait de pousser, même quand le jardinier n'est pas là. Il suffisait du soleil.

 28082010440.JPG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

     Quelques bribes de pensée... pour une belle année 2010/2011 à tous

                                     Jean-François LAURENT

Partager cet article
Repost0

Qui Suis- Je ?

  • : Le blog de Jean-François LAURENT
  • : Présentation de mes activités de formateur, conférencier et écrivain dans les domaines de l'éducation : enfants intellectuellement précoces, HPI, EIP, APIE, ainsi que tout ce qui touche l'autorité, la violence, le conflit, les règles dans les établissements scolaires. Me retrouver sur le site : www.jeanfrancoislaurent.com
  • Contact

Classe De Cycle 3