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5 avril 2010 1 05 /04 /avril /2010 10:26

 

 

      Un passage filmé d'une conférence sur la confiance en soi avec au final un lien avec les enfants intellectuellement précoces.

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18 janvier 2010 1 18 /01 /janvier /2010 15:26
Changement de stratégie en cette rentrée 2010

         Cela faisait longtemps que cela me trotait en tête, mais des proches me le déconseillaient : "tu ne dois pas te brader... Tu vaux plus que cela... Il faut gagner de l'argent avec tes conférences...." Je les écoutais, cela devait m'arranger. Mais ! ! Je veux laisser parler mes intuitions. Et j'ai proposé des conférences pour 100 euros. Et j'ai eu tort ! J'écoute maintenant mon contrôleur des impôts qui m'informe que le plancher est à 300 €. Alors, je me place au plancher et propose maintenant mes conférences suivies d'un débat et vente dédicaacée d'ouvrages

Une conférence pour 300 € HT !


       Afin de jouer gagnant / gagnant, je propose des conférences sur les deux sujets qui me tiennent à coeur que sont :
                 - Les APIES, enfants intellectuellement précoces, HPI, IP, EIP... et leurs émotions
                 - Tout ce qui gravite autour de la médiation scolaire (violence, conflits, autorité, règles...) à 300 €  HT + les frais de déplacement. S'il y a plus de 100 personnes, je demande 50 € par tranche de 100 personnes supplémentaires. Je propose également de vendre mes livres en fin de conférence.

Avantages de la logique gagnant / gagnant :

         - Peu de risques financiers pour l'organisateur
         - Possibilité de trésorerie pour l'association qui organise la
           formation.
         - Permettre à de petites structures qui ne peuvent prendre de risques financiers d'organiser des conférences et ainsi se faire connaître.
         - Animation de l'association, service rendu aux adhérents
         - Diffusion de mes ouvrages en fin de conférences
         - Possibilité de liens pour des formations
         - Communiquer sur mes valeurs et savoir-faire.

      Pour me contacter :
           jean-francois.laurent@hotmail.fr 

           contact@hommesinidees.fr
           00 33 6 11 70 32 24
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16 décembre 2009 3 16 /12 /décembre /2009 07:19
       Je suis très en colère, voire une nouvelle fois déçu et heureux de voir que des éducateurs enseignants ne baissent pas les bras.

Je m'explique et vous décris la situation :
      "Prikesh", nom d'emprunt est élève de 6ème dans un centre scolaire privé catholique sous contrat avec l'état de Lyon après avoir été en CM2 dans le même centre.C'est un enfant arrivé d'Albanie à l'age de 4 ans après avoir subi des blessures aux jambes et être resté dans le coma une à deux semaines. Cet enfant parle bien français, sans accent, mais les matières traditionnelles liées au langage restent faibles : grammaire, conjugaison, orthographe. Son vocabulaire en français reste pauvre, mais ne demande qu'à s'enrichir. Prikesh est un enfant sensible, doué en mathématiques, écorché vif qui a une image de lui très dévalorisée. Son CM2 s'est bien passé. L'équipe éducative l'a pris en charge avec ses différences, l'a accompagné avec ses différences, ses révoltes, ses difficultés. Elle lui a proposé un cadre bienveillant, souple et ferme à la fois. Prikesh a retrouvé goût à l'école et confiance dans les professeurs.
    "Rien ne peut compenser une seule larme d'un seul enfant."
                                                        Fiodor Dostoïevski (1821-1881), Les Frères Karamazov.

     Ce travail a été saboté en moins de 15 jours. Dès son arrivée au collège, il a posé problème à l'équipe des professeurs qui l'a vu arriver avec appréhension. L'enfant dit lui-même qu'il s'est senti rejeté dès les premiers jours. "De toute façon, ils ne m'aimaient pas dès le départ". 
      Les professeurs ont joué avec les cartes qu'ils avaient en main pour le contenir :  mots dans le carnet de correspondance, colles le mercredi,  exclusion temporaire du cours, visite chez le CPE, chez le directeur, convocation des parents, exclusion temporaire de l'établissement jusqu'à l'exclusion définitive prononcée à 4 semaines des vacances de Noël. 
Plus ils durcissaient leur position, plus l'enfant devenait agressif et insupportable. Mais c'était de sa faute. il allait bien se plier !

     Depuis, Prikesh n'a pas trouvé d'établissement privé catholique sous contrat avec l'état d'accueil. Aucun ne le veut : Bouge trop, perturbateur... Que fait-on de cet enfant dont la famille souhaite qu'il reste dans l'enseignement privé catholique ?

" La violence n'est pas innée chez l'homme. Elle s'acquiert par l'éducation et la pratique sociale. "
                                         Joseph Ernest Renan est un écrivain, philosophe et historien français (1823  1892)


    Depuis son renvoi du collège, L'équipe de l'école a pris en charge l'enfant. Il est accueilli en maternelle et aide les maîtresses. Une surveillante qui ne supporte pas cette situation lui donne quand elle le peut des cours particuliers gratuits. Et là, miracle ! Il se révèle un enfant attentionné, délicat, travailleur, aidant les petits, poli, tenace.... Et non cet enfant décrit comme violent, agressif, perturbateur. Bien sûr, il s'agit d'une situation temporaire en attendant un accueil en collège. La directrice de l'école primaire a un très bon contact avec le collège privé de Rillieux et espère qu'il sera accueilli dans cet établissement.

    Ce qui me choque au plus profond, c'est cet enfant qui, tous les jours, voit les professeurs de son collège, son CPE, son directeur... et personne, je dis bien personne ne se préoccupe de son avenir. Qu'ils n'aient pas su faire, c'est une chose et ce n'est pas le plus important si nous nous remettons en cause. Nous devons être humble devant les blessures d'enfants qui peuvent nous destabiliser. Par contre, que cet enfant laisse indifférent, qu'aucune question ne soit posée, que ces hommes et ces femmes dits éducateurs  ne portent pas le soucis de l'avenir de cet enfant, qu'ils ne soient pas honteux de ce qu'ils ont fait.... Là, je ne comprends pas !  Aucune question n'est posée à l'équipe du primaire sur ce que devient Prikesh.
        Cette indifférence affichée me rend fou ! D'abord pour l'enfant, mais aussi pour moi éducateur ! l'éducation, ce n'est pas cela. C'est prendre des risques, tenter, rater, recommencer, trouver... ou pas, mais recommencer.
    Il y a peu, la surveillante demandait des livres de 6ème au CPE pour que l'enfant puisse travailler. Il lui a été répondu qu'il fallait qu'elle demande au professeur principal s'il voulait bien !

     J'ose croire que c'est de honte qu'ils ne posent pas de questions sur cet enfant.
        Comment peut-on se dire enseignement catholique et proclamer les valeurs de l'évangile en vivant ce grand écart ?
   C'est hors de mon entendement. Quand on dit qu'un collège privé catholique est ouvert à tous, faut-il penser qu'il est ouvert qu'à ceux qui peuvent payer ? Qu'à ceux qui ne dérangent pas ? Loin de moi de mettre tous les collèges dans le même panier. Certains sont remarquables d'accueil de la différence, de suivi de chacun... mais comment accepter de telles procédés ?
  Je citerai de mémoire un extrait de l'évangile. ce ne sera pas au mot près, mais j'espère que j'en conserve l'esprit :
 
                         "Si tu accueilles le plus petit, c'est moi que tu accueilles"


et un autre extrait cette fois-ci non de mémoire :

        «Entrez par la porte étroite, car la porte large et le chemin spacieux mènent à la perdition et il y en a beaucoup qui y entrent. Mais la porte étroite et le chemin étroit mènent à la vie et il y en a bien peu qui le trouvent.»
                             [ Saint Matthieu ] - Extrait de L’Evangile


     Hier, cet enfant a demandé à revenir en CM2 pour avoir de meilleures notes et pouvoir faire une vraie sixième dans un autre établissement. Il veut revenir dans un établissement où il se sait aimé, contenu, respecté, où les éducateurs tentent de lui renvoyer une belle image de lui, là où il pourra reprendre confiance en lui, en la vie.

    Pour moi, éduquer, c'est d'abord une histoire d'amour. Non de cet amour enfermant, projeté par l'adulte, mais un amour libérateur, confiant, respectueux de l'être humain, un amour qui offre des espaces pour apprendre l'école ... et la vie.

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19 octobre 2009 1 19 /10 /octobre /2009 11:32

" Cher monsieur,

Un grand merci pour votre conférence de ce matin, à Sion, qui m'a
donné de nombreux éclairages sur cette fabuleuse expérience humaine
qu'est la médiation.
Merci aussi de votre simplicité. Quelle belle leçon d'humilité. Cela
donne du courage à tous les apprentis de la vie que nous sommes.
En racontant ma matinée à ma fille de 15 ans, et après lui avoir
traduit le mot "auctoritas", je lui ai dit que je regrettais
d'apprendre certaines choses si tard, ... après m'être "plantée" si
souvent.
Elle m'a répondu: "Heureusement que tu n'es pas parfaite. Toi aussi,
tu dois encore grandir comme un enfant. Si tu avais fini de grandir,
cela voudrait dire que tu es morte !".
J'ai ri.

Vous pouvez raconter sans autre mon anecdote avec Issam, apprenti
graphiste, 22 ans au moment de cette crise.
"Donnez-moi une seule bonne raison de vivre !" s'était-il écrié. Il
pleurait et était complètement désespéré.
Je vous ai raconté ce qui m'a traversé l'esprit, l'espace de deux
secondes: "merde, là, il ne faut pas que tu te trompes".
Je lui ai alors dit: "Chaque matin, je me lève avec la même question:
qu'est-ce que ça veut dire, AIMER ? et je ne sais toujours pas. Tu
verras, si t'essaie d'y répondre, ça te prendra toute ta vie".

Issam va bien aujourd'hui. Il travaille comme graphiste
professionnel, organise des manifestations pour des jeunes. Il est
toujours plein de projets.
L'un de ceux-ci concerne la mise en place de murs autorisés pour les
graffitis, avec l'appui de la commune.
Certains murs sont réservés aux amateurs, d'autres aux graffeurs
expérimentés. Chacun comporte une charte à respecter par les
utilisateurs.
Avec la commune, il a mis sur pied des conférences sur le respect,
données par des graffeurs sauvages repentis, qui passent dans les
classes de l'enseignement obligatoire pour faire de la prévention.
Je le revois régulièrement lors des manifestations qu'il organise et
il a l'air heureux.

Voilà,
je me réjouis de vous retrouver à travers la lecture de l'un ou
l'autre de vos ouvrages.
Meilleures salutations,

manuela
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12 octobre 2009 1 12 /10 /octobre /2009 15:46
           Conférence sur la médiation scolaire
              Jean-François LAURENT sera en conférence samedi 17 octobre 2009 dans le Valais Suisse avec les médiateurs scolaires de la région. Dans ce canton, contrairement à la France, il existe des médiateurs scolaires directement dans les établissements scolaires, que ce soit en collège ou en lycée. Sur un des stages que j'ai effectué dans ce canton, les médiateurs sont souvent des professeurs qui ont quelques heures pour cette mission.
Le thème de la conférence sera :
  La médiation scolaire comme levier de changements des relations à l'école; le rapport aux règles. Autorité-autoritarisme; sanction-punition. Comment passer d'une logique compétitive à une logique coopérative ?
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16 juin 2009 2 16 /06 /juin /2009 14:16
Formations, Conférences
 Violence, Autorité, Règles,
Sanctions / Punitions, Conflits…

 

 

- Des formations ou des conférences qui s’adressent à différents publics : chefs d’établissement, professeurs des écoles, collèges, lycées, formateurs, C.P.E., surveillants, écoliers, collégiens, lycéens, étudiants, éducateurs, personnel éducatif…

 

- Des formations de 1 à 5 jours, consécutifs ou non, sur site ou dans nos locaux, alternant apports théoriques, confrontation des expériences, écoute, mise en situations, élaboration d'outils.

- Des conférences le soir, le samedi, en semaine avec des publics variés : parents, équipes de professionnels, jeunes… avec Power point, témoignages, exemples, questions / réponses. En fonction des besoins, sur mesure ou sur des thèmes comme :

 

Des sujets possibles de formation

- Violence en éducation. Comment éduquer à la confiance ?

- La hiérarchie et l'autorité. Quelle autorité pour quelle efficacité ?

- Un enseignant face à une classe difficile : des outils pour réussir

- Comment gagner en autorité auprès d’un groupe ?

- Gagner en confiance pour mieux être et mieux apprendre.

- Punir, sanctionner : au-delà des mots, que faire ?

- Autorité et répression, l’un va-t-il sans l’autre ?

- Mais alors, si je ne peux plus punir, que faire ?

- Conflit dans une équipe, un levier pour avancer

- Sanctionner sans punir, Un choix éducatif pertinent

- Ecole en crise, comment juguler la violence ?

- Mettre en place un règlement intérieur efficace

- Mettre en place des médiateurs scolaires

- Mieux intervenir devant un conflit, une transgression de règles

- Se former aux techniques de médiation

- Sortir d’un conflit dans une logique gagnant/gagnant

- La médiation scolaire, une clé pour pacifier un établissement scolaire

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8 juin 2009 1 08 /06 /juin /2009 20:54

Des pratiques éducatives ancestrales


            Je passe dans le couloir ce matin et comme dans toutes les écoles de France, les vitres sont à hauteur d'adulte. Alors, comme je suis curieux je regarde et passe, repasse...

            Une fille de la classe de CM1, une bonne élève bien sage se trouve au tableau alors que la maîtresse s'est absentée. Elle a déjà noté au tableau le prénom de trois turbulents qui vont se faire gronder par la maîtresse à son retour. Et oui, une enfant est chargée de dénoncer ses copains et copines de classe. Moi, j'appelle cela de la délation, pratique d'un autre temps qui a eu son heure de gloire au cours de la 2ème guerre mondiale.

    Que faire ? Réfléchir ensemble aux besoins de chacun
 

         Comme je m'entends bien avec la collègue, je lui demande l'autorisation de prendre sa classe une quinzaine de minutes et rebondir sur la situation. Je ne lui en veux pas. Ce sont des situations qu'on n'étudie pas à l'IUFM. Amlors, ma collègue faisait comme quand elle était peztite et que la directrice allait répondre au téléphone. Elle n'avait pas d'autres outils pour répondre.

               - Nous avons réfléchi à ce que ressentait la petite fille qui était au tableau : mal à l'aise, pas envie de faire punir ses pairs, peur des représailles des enfants dénoncés, ne sachant pas où placer la barre... Bref, elle aurait bien voulu laisser sa place.

               - Nous avons demandé aux trois enfants fichés ce qu'ils ressentaient : un de l'injustice, l'autre s'en moquait, il était habitué, le troisième l'envie de se venger à la récréation.


           - Je leur ai demandé les besoins de la maîtresse quand elle s'absentait quelques instants et en quoi il était important qu'ils soient sages et en quoi cela les protégeait : Disponible pour apprendre (ça, c'est moi qui leur a soufflé), ne pas déranger la classe voisine, ne pas se lever au risque de courir et de se faire mal, rester tranquille pour respecter ses voisins s'ils voulaient faire autrement...

             - Nous avons réfléchi également à ce qu'on pouvait faire de ce temps "libre" : lire un livre, dessiner, revoir ses leçons, chuchoter, finir ses devoirs, faire le travail proposé par la maîtresse...


Confiance et Intelligence


          Je leur proposais de mettre en avant le processus de confiance et d'intelligence plutôt que la peur, la vengeance, la dellation. bien sûr, ce ne sera pas parfait dès la première fois, mais a-t-on maîtrisé l'orthographe à la première séance d'écriture ?  Non ! Alors pas de panique, il s'agit d'un apprentissage qui se place dans la durée et non dans l'immédiateté. Au départ, ce ne sera pas parfait, mais rapidement, les enfants vont comprendre tout l'intérêt de respecter ce nouveau cadre. La maîtresse n'oubliera pas de leur renvoyer une image positive régulièrement. Tout le monde grandira en harmonie, confiance et intelligence. On s'est promis qu'on se reverrait, je les ai chargé de parler de ce savoir faire à la maîtresse.

Gagner en autorité


          Comment ma collègue aurait-elle pu le savoir si jamais personne ne lui avait dit, montré, permis de réfléchir ? Et pourtant, d'un côté, on les monte les uns contre les autres et d'un autre on joue la coopération, l'humanité et je vous garantis que ça marche bien mieux.

     Les équipes qui veulent réfléchir et trouver d'autres solutions sur ce type de pratiques : punitions, lignes, colles, cris... écrivez-moi !
                          
                                       Jean-François
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23 mai 2009 6 23 /05 /mai /2009 11:09

                  Je n'ai pas attendu longtemps pour avoir un exemple suite à mon article d'hier sur les violences de l'école et l'ignorance éducative dans laquelle les professeurs dont je faisais partie il y a peu se situent devant une transgression de règles.

 

             Comme d'habitude, ce matin, je prends mon petit déjeuner en écoutant les informations radiophoniques. Et comme d'habitude, les médias nous informent d'un nouveau cas de violence envers un professeur.
               Je relate ce que j'ai compris de la situation : Une CPE (Conseillère Principale d'Education) croise dans un couloir d'un établissement scolaire alors qu'il ne devrait pas y être un élève de 15 ans. Celle-ci le menace d'exclusion temporaire. L'élève se sentant menacé se rue sur la CPE et la roue de coups. Conclusions : CPE traumatisée à l'hopital, élève traumatisé exclus définitivement, mis en examen.
_
             Bien sûr loin de mon propos de tolérer un quelconque acte de violence et de l'accepter. par contre, tenter de retrouver les rouages du paroxysme de la scène m'intéresse. L'élève a certainement tenté le "pas vu pas pris", réaction légitime suite à une éducation où si tu n'es pas pris, tu n'es pas puni. Puis, il s'est senti pris en "flagrant délit". Il est démasqué. La CPE l'attrape et réactive l'émotion de peur en le menaçant d'exclusion. Peur panique, il se débat, bat... et tombe dans le piège de la violence.

Qu'aurai pu faire la CPE ?

           - Interpeller le jeune en douceur et fermeté,
           - Lui demander quelle règle il a transgressé
         - Lui demander le sens de cette règle : En quoi elle le protège ? Pourquoi cette règle existe ?
          - Lui demander ce que peut ressentir la CPE quand elle voit un jeune ne pas respecter cet interdit
           - Lui demander comment il aurait pu faire autrement pour respecter cette règle.
            Lui demander s'il a d'autres choses à exprimer ou des questions à poser. La CPE peut profiter de la situation pour faire un petit point avec le jeune, surtout s'il s'agit d'un récidiviste.
            - Lui proposer une réparation en fonction des besoins de l'institution représentée par la CPE.
 
    Oui, cela prend du temps, mais cela vaut le temps passé. J'ai décrit là un processus de posture de médiation et de gestion non violente des conflits. Il s'agit principalement de faire appel à l'intelligence des personnes plutôt que la peur et la crainte, voire la soummission.

              Nous sortons des couples infernaux :
                   - Domination - soummission
                   -
Menace - Peur
                   - Autoritarisme - Défi,
                   - Transgression - Punition
                   - Hopital - Prison

Pour aller vers les duo :
                  -  Intelligence - Intelligence
                  - Rigueur - Bienveillance
                  - Règle - Protection, sens
                  - Parole - Compréhension
                  - Responsabilisation - Réparation

                                  


Victime, persécuteur, sauveur

         Une tendance actuelle de la société, certainement afin de redonner une place au corps professoral ou à l'école au sens large,  les acteurs adultes de l'Ecole devaient toujours se situer en victimes et les élèves en boureaux et ainsi de placer le législateur en sauveur. Nous connaissons très bien le risque de ces jeux psychologiques, c'est de changer les personnages de rôles : Les profs deviendront boureau du gouvernement ou des élèves. nous retrouverons les jeunes dans la rue contre le gouvernement....


       Il est temps de sortir de ces schémas trop dichotomiques
du type transgression / répression ou transgression / laxisme pour aller vers la prévention et l'apprentissage des interventions des cadres de l'Ecole lorsqu'il y a une transgression de règles.

    Si on avait appris à la CPE d'intervenir autrement devant la situation rencointrée, on n'aurait certainement pas eu les mêmes réactions de la part du jeune transgresseur. J'espère qu'il s'en sortira...    J'espère qu'elle s'en sortira....
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22 mai 2009 5 22 /05 /mai /2009 10:07
      

              Ce n'est pas innéluctable, mais la violence scolaire ne se soignera pas avec comme réponse la violence institutionnelle ! On répond à la violence par l'intelligence, pas par la peur, sinon on risque l'escalade : geste de violence, répression, geste plus fort, répression plus forte, geste impardonnable, exclusion, emprisonnement... L'escalade de l'intelligence est beaucoup plus riche. Je réponds à ce geste de violence par un travail de réflexion, d'intelligence à la fois cognitive et émotionnelle. Je répare à la fois l'agressé, mais également moi-même. J'apprends quelque chose de cette transgression de règles.   

            Je suis en colère ce matin, mais triste également. Un professeur s'est encore fait poignardé... et la seule réponse entendue par les médias, peut-être attendue par la population est le renforcement de la sécurité, volonté de mettre en place de portiques électroniques (ce qui ne fonctionne pas. Aux USA, seulement 1% des établissements ont mis en place ce système qui sonne très régulièrement à tort en raison de la sensibilité aux métaux, donc inopérants). Environ 1 personne sur quelques millions porte une arme dans un établissement scolaire en France. Nous attendons les effets d'annonce de M Estrosi (maire de Nice) qui va annoncer des mesures sécuritaires ++. Xavier Darcos propose la mise en place de brigades d'interventions dans les établissements avec possibilité de fouiller les jeunes à l'entrée...
             
Nous sommes arrivés à la surenchère sécuritaire. Mais elle ne fonctionne pas ou sur du très court terme, d'où le toujours plus, plus fort, plus dure. Le hic, c'est que cela fonctionne dans les deux sens :
                    - Chez les jeunes qui vont toujours provoquer plus de manière à être entendu. Et l'institution qui frappera toujours plus de manière à faire taire...  A quand un massacre comme en Allemagne ou aux USA ?
                    

      Nous sommes rentrés dans une course poursuite où beaucoup de jeunes, mais également de professeurs sont victimes.

            

         Avancer sur le chemin de la prévention :

                   - Apprendre aux jeunes dès la maternelle à gérer leurs conflits, à se réguler le plus possible sans avoir recours systématiquement à l'adulte qui tranche. Développer la médiation scolaire par les pairs.

                   - Donner aux jeunes enfants une belle image d'eux-mêmes, leur donner confiance en eux en modifiant toutes les pratiques compétitives à l'école (les notes, classements...), donner un autre statut à l'erreur, mieux différencier les apprentissages pour placer le plus possible d'enfants en réussite scolaire.

                   - Apprendre aux jeunes, donner des lieux, apprendre aux professeurs à donner une place aux émotions et leur expression. Souvent un jeune a raison d'être en colère pour X ou Y raison, sauf qu'il ne sait pas exprimer cette colère de manière recevable par l'entourage. Cela s'apprend. (cf Médiations sous le préau)

                   - Apprendre aux professeurs à gérer des conflits par des postures de médiation. les former à l'apprentissage des relations entre les personnes.

                   - Supprimer totalement de l'école les punitions pour les remplacer par des sanctions réparatrices.

                    - Réformer profondément le système d'évaluation trop compétitif (cf la constante macabre de Antibi chez Mat Ador)

                      - Donner la parole aux jeunes (pas la prêter en faisant semblant de les écouter comme lors des mascarades des conseils de classe) par des conseils d'élèves où il se fait un réel travail en commun.

                      - Des lieux d'écoute des souffrances, des questions des jeunes avec des  assistantes sociales, infirmières, CPE, médiateurs...


       Bref ! Travaillons d'abord en amont sur la prévention de la violence, sur un changement de culture à l'Ecole. Souvent, je m'aperçois que les violences perpétuées de manière isolée par un jeune sur un enseignant provient souvent d'une réponse inadaptée à la situation de transgression de la part du jeune. L'action de l'enseignant a mis de l'huile sur le feu alors qu'elle souhaitait un effet totalement différent. Nous ne pouvons pas en vouloir au professeur en question. On ne lui a jamais appris. On ne lui a jamais expliqué, raconté. pour ma part, alors que j'étais déjà formateur depuis une dizaine d'années, je ne m'étais jamais dit qu'on pouvait gérer des conflits sur la cour différemment, qu'on pouvait faire autre chose que donner des lignes ou punir quand un enfant transgressait une règle...

      Je ne m'étais jamais imaginé....

              Imaginons ensemble se former à la gestion non violente des conflits, à la médiation, à l'apprentissage de l'intelligence des règles...

     Espoir, quand tu nous tiens !
                                 Jean-François LAURENT
 
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3 mai 2009 7 03 /05 /mai /2009 16:49
N°451 - Dossier "La sanction"  Les cahiers pédagogiques

La logique gagnant-gagnant
Par Jean-François Laurent
mercredi 7 mars 2007

Dans son article intitulé « Faire payer ou faire apprendre ? » (Dossier Sanction, 451, mars 2007) l’auteur propose de faire de la sanction une occasion d’apprendre, comme on peut se servir d’une erreur en français pour mieux faire comprendre la règle. La place nous a manqué dans la revue pour donner un exemple de cette logique « gagnant-gagnant », le lecteur le trouvera ci-dessous.


Si l’enseignant ressent, au sortir d’un conflit, qu’il a permis à tous, y compris lui-même, d’apprendre et de grandir, alors il s’est situé dans une logique gagnant-gagnant, qui est loin d’être dominante dans le système scolaire.
Comment faire face à un conflit entre élèves ? Comment intervenir sans humilier l’enfant récidiviste qui ne respecte pas les règles en récréation, sans crier sur celui qui a détérioré un bureau, qui a dérobé le stylo de son voisin ?
Nous proposons d’illustrer la logique du « gagnant - gagnant » par un exemple pris dans le quotidien d’une école. L’histoire implique trois enfants, l’enseignant, une dame de service et le directeur.
Trois enfants de CE2 ont tardé pour remonter en classe après la récréation. Aux toilettes, ils ont joué avec l’eau et la bataille engagée a inondé les toilettes. Surcroît de travail pour la femme de ménage et colère de l’enseignante. Nous avons d’abord nommé les faits, redit le sens de la règle transgressée, en quoi elle protège et est intéressante à respecter pour chacun : risque de chutes par glissades sur le carrelage mouillé, gaspillage d’eau, surcroît de travail pour le personnel, dégoût d’un lieu sale... mais également dérangement de la classe par une arrivée tardive.
Puis nous avons cherché ensemble une réparation positive pour tout le monde, sans humiliation pour les transgresseurs. Elle devait conjuguer à la fois le retour à une image positive d’eux-mêmes, le respect du travail de la dame de ménage, le respect de l’autorité de l’enseignante (règles de rentrée en classe), de l’institution et de ses lieux collectifs. Les enfants ont proposé de s’excuser auprès de la dame de service et de l’aider en réalisant un travail qui lui faciliterait la tâche. Ils veilleraient également à ce qu’aucun enfant ne traîne aux toilettes à la fin de la récréation.
Le visage de la dame de service s’est éclairé quand elle a été informée de la situation et des actions proposées. Elle leur a demandé de nettoyer l’une des cours, ce qui lui rendrait service car elle y avait souvent très chaud. Le directeur a remercié les enfants pour leur attitude constructive et leur a demandé de reformuler ce qu’ils avaient appris de cette transgression de règle.
Sans cris, la tensio
n née de la transgression de règle s’est transformée en énergie positive, chacun se sentant respecté dans son travail. La situation vers laquelle nous devons tendre, si facile à décrire sur le papier, est bien délicate à vivre au quotidien de la classe, de l’école : comment faire en sorte qu’en fin de règlement de transgression nous soyons tous potentiellement satisfaits, réparés, apaisés, heureux du dénouement ! Tous...

Jean-François Laurent, enseignant et formateur.

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Qui Suis- Je ?

  • : Le blog de Jean-François LAURENT
  • : Présentation de mes activités de formateur, conférencier et écrivain dans les domaines de l'éducation : enfants intellectuellement précoces, HPI, EIP, APIE, ainsi que tout ce qui touche l'autorité, la violence, le conflit, les règles dans les établissements scolaires. Me retrouver sur le site : www.jeanfrancoislaurent.com
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Classe De Cycle 3